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Publié par Aanil

ARTE diffuse, mercredi 13 août 2014 à 22 heures 10, le documentaire réalisé par Alessandra Celesia "Le libraire de Belfast".

Un très beau portrait en creux de Belfast, à travers la figure attachante d’un vieux libraire, d’un punk fou d’opéra et d’une candidate à la Star Ac’ locale.

Libraire et bouquiniste dans l’âme, John Clancy, mise impeccable, grosses lunettes et verbe empreint d’un puissant accent irish, expédiait les œuvres de Yeats jusqu’en Californie, avant de devoir fermer boutique pour cause de flambée des loyers à Belfast. Depuis, ses quatre mille volumes invendus – dont son préféré, Bambi de Felix Salten – ont trouvé refuge dans sa petite maison de briques. Une sorte d’arche de Noé littéraire dans une cité submergée par la crise, et hantée par la mémoire de soixante ans de violence, de drames et de poésie en Irlande du Nord. À ses côtés, entre thés et cigarettes, deux frères – l’un punk dyslexique, fou de Puccini et de l’Empire romain ; l’autre rappeur – ainsi qu’une jeune serveuse qui concourt comme chanteuse à la télé locale, discourent sur leurs rêves.

Bonne compagnie

Habilement mis en scène par l’auteure (aussi comédienne de théâtre) et au fil de gros plans sensibles, le film dessine en filigrane le portrait de cette ville meurtrie à travers celui de ses très attachants protagonistes. Un voyage presque immobile qui offre des séquences d’une belle fulgurance, comme cette balade nocturne en rollers du jeune amateur d’opéra à la lumière des réverbères, les drôles et récurrents shampooings du maître de cérémonie, ou encore le regard de toute cette compagnie sur le tsunami au Japon, qui s’invite avec fracas dans leur vie via le petit écran. Tout à la fois vivant et baigné d’une mélancolie prégnante, le film accompagne les quêtes d’identité de chacun, pour chroniquer les fragilités d’un monde en transition.

Le libraire de Belfast

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