TV Replay

Publié par Aanil

Dans le cadre de son magazine "Reportages", TF1 diffuse, samedi 23 août 2014 à 13 heures 20, les documents "Tics, tocs et petites manies", "Explorateurs de saveurs" et "François, roi du fromage à Katmandou".

 

TICS, TOCS ET PETITES MANIES
Un reportage d'Eric Wastiaux. Image. Stéphane Rossi, Montage. Eric Suard. Productions du Moment

Qui n'a pas de petite manie ? Comme celle de ramasser des objets abandonnés dans la rue, ou encore, de vérifier plusieurs fois que la porte est bien fermée en sortant de chez soi. On a tous un jour exposé sur une étagère un bibelot et commencé une collection inutile. En partant à la rencontre de Michel Bardon le récupérateur, d'Anne Hugo l'acheteuse de chaussures à talons, de Michel Boudon le collectionneur d'horloges et du temps qui passe et d'Olivier Glénard qui se débat face à ses troubles obsessionnels compulsifs, nous avons voulu comprendre comment de simples manies peuvent prendre le dessus sur tout le reste et devenir une obsession.

Michel Bardon, est un maçon célibataire de 64 ans, qui vit à Paris dans le 19ème arrondissement. Sa bonhommie et son humour ne l'empêchent pas d'être un homme pratique. Lorsqu'il a besoin de quelque chose, il descend simplement dans la rue et il prend ce qu'il trouve. Par exemple, une porte d'armoire posée près d'une poubelle " Un coup d'éponge et c'est bon à être utilisé, c'est exactement ce que je cherchais, 30 cm par 60 ". Ce n'est pas par nécessité financière qu'il récupère ces objets, c'est tout simplement parce qu'il aime ça. En fait, c'est un petit peu plus que ça : " Je ne peux pas m'empêcher, quand je vois quelque chose, il faut que je le prenne, sinon ça me trotte dans la tête... "

Anne Hugo, parisienne, n'est pas à un paradoxe près, surtout quand il s'agit de sa marotte : les chaussures à talons. Comme beaucoup d'entre nous, elle est capable de passer une journée entière à courir les magasins pour une paire de plus... " Je peux faire beaucoup de magasins dans la journée. J'arrive, je scanne les chaussures et je vois s'il y en a qui me plaisent. S'il n'y en a pas, je pars tout de suite ". Anne Hugo est scénariste et la voir ainsi faire les boutiques nous a fait penser à une héroïne de série télé américaine, désespérée et sexy. Mais c'est arrivant chez Anne, nous avons pris la mesure de son obsession en découvrant les 150 paires de chaussures qu'elle conserve de la cave à son dressing, bien rangées dans leurs boîtes d'origines. Avant de partir vivre à l'étranger, Anne Hugo a décidé de se séparer d'une cinquantaine de paires de chaussures. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à en acheter de nouvelles... " Je sais qu'il peut y avoir un côté illogique, mais je m'arrange avec moi même. "

En Auvergne, Michel Boudon est capable de faire des centaines de kilomètres pour satisfaire sa passion des horloges. En fait, Michel Boudon est un homme qui vénère le passé. Dans sa ferme, du salon au grenier, une centaine d'horloges est entreposée et chacune raconte à sa façon un pan de l'histoire de France. " Quand je vois comment ça se passe, j'ai un peu la nostalgie du temps passé, les gens s'entraidaient plus... " Inconsciemment, au fil des années, cette lubie du temps passé a presque débordé sur le temps présent. " Ca prend de la place, physiquement et psychologiquement. On peut appeler ça une maladie, oui pourquoi pas.... "

EXPLORATEURS DE SAVEURS
Un reportage d'Alexandra Jousset, Célia Londos. Montage : Marie Deschamps (Story Box)

Topinambours, chervis, capucines tubéreuses... Autant de drôles de noms qui évoquent le passé, les légumes de nos grands-parents, abandonnés après la guerre. Aujourd'hui, ils refleurissent dans nos assiettes. On redécouvre le léger petit goût d'artichauts du rutabaga, on aperçoit des crosnes, ces petites tubercules aux formes étranges qui après avoir été taillées en dés s'accordent avec n'importe quel poisson ou viande blanche... Des milliers de Français cherchent à retrouver leurs racines, à faire renaître des nouveaux goûts, à sortir des sentiers battus et des saveurs imposées.

" Ca ressemble à quoi ton truc ? ". Le dimanche pour Laurent Bourrichon, c'est le jour consacré à ses copains et à son potager. Conducteur de tram la semaine, il s est découvert un nouveau passe-temps : le jardinage. Mais il n'aime pas cultiver des classiques : choux, poireaux ou pommes de terre, ce qu'il aime lui c'est les légumes oubliés. Ses copains sont venus lui donner un coup de main, ils n'y connaissent rien et sont impatients de découvrir ces nouvelles variétés. Ensemble, ils font le grand saut et déterrent une poire de terre. " Pourquoi ça s'appelle une poire de terre ? Parce que ça a la même texture que la poire et que ça pousse sous la terre ". L'apéro est l'occasion de les goûter, on fait venir les enfants, tout le monde est rassemblé autour de la table. Mélange entre poire de terre et chocolat, c'est bon, les parents et les enfants aiment, Laurent a réussi à faire partager sa passion. Tout le monde trinque " Aux nouveaux anciens légumes ".

Xavier Mathias est l'un des experts en France de tous ces légumes oubliés. Maraîcher bio dans l'Inde et Loire, il tente de ressusciter la plupart d'entre eux : sur ses 14 hectares, il a plus de 600 variétés de plantes ! Petit à petit, il arrive à les imposer surtout grâce à des petits supermarchés bios comme celui de Pauline Niatel qui vient lui rendre visite toutes les semaines. A chaque fois, il lui réserve une surprise " Aujourd'hui ça sera les chervis ". Une plante que Xavier tente de cultiver depuis trois ans : " Ca, c'est un légume vraiment oublié, il était cultivé jusqu'au XVIIème siècle et c'est un des seuls légumes racines qui était servi sur des tables royales ". Pauline est fascinée, mais pour elle, ça n'est pas si facile de réintroduire ces légumes dans nos paniers " Si je ne mets pas de notices explicatives ou de recettes, personne ne va oser les acheter ".

Pour découvrir toujours plus de variétés, Xavier se rend aussi chez des personnes comme Gérard : un collectionneur de pommes de terre. Depuis 20 ans, il recense toutes les variétés existantes, en tout il en a plus de 450. " Bien sûr que ça fait partie de notre patrimoine, au même titre que nos églises. Depuis 1900, la France a perdu 95% de son capital semencier, c'est énorme ! ".

Sylvie Jobbin est partie en croisade contre les goûts fades. Pour elle, " En France, on ne connaît jamais l'année de récolte de nos épices, alors quand on me dit celle-là ou celle-là je ne les aime pas, je réponds que c'est parce qu'ils ne les connaissent pas ". D'Ancenis, en Loire Atlantique, Sylvie voudrait révolutionner le commerce des épices. Pour cela, elle ne passe plus par des négociants, mais va elle-même les acheter à la source. En Inde, elle se rend à Cochin la capitale des épices pour y chercher du poivre. Les débuts, sur les petits marchés locaux, sont plutôt prometteurs, mais c'est loin de la ville, dans les montagnes du Kerala qu'elle trouvera son bonheur. Chez Joseph, un fermier local, elle voit pour la première fois des grappes de poivres puis les techniques locales d'égrainage " Hein ? Vous faites ça ? Avec vos pieds ? Oh la vache ". Ce poivre là foulé aux pieds arrivera dans quelques semaines dans le Val de Loire.

 

FRANCOIS, ROI DU FROMAGE A KATMANDOU

Un reportage d'Elsa Margout et Hélène Eckmann. Montage : Ludovic Gaillard (Babel India)

Faire de la tomme dans les Alpes, traditionnel... Produire ce fromage typiquement savoyard aux pieds de l'Himalaya, quelle drôle d'idée ! C'est pourtant le défi de François Driard installé au Népal depuis 6 ans. La recette vient de France, le lait des fermiers népalais. Une recette à succès... La tomme de François a les honneurs des meilleures tables népalaises et il n'a pas l'intention de s'arrêter là.

Sur les contreforts de l'Himalaya, vit un jeune maître fromager qui fabrique comme au siècle dernier un fromage bien français : la tomme de Savoie. Rien ne prédestinait François Driard à la vie qu'il s'est choisie. Ce jeune Français de 34 ans, diplômé d'une école de commerce, était plutôt promis à une brillante carrière dans le marketing. Mais cet amoureux de la nature rêve d'espace et de vie au grand air....

Il y a 6 ans, il part s'installer au Népal et construit sa ferme dans un village perdu à 2000 mètres d'altitude. Il apprend à fabriquer du fromage avec des artisans savoyards, et se met à produire de la tomme, avec le lait des paysans népalais. Et quand on s'étonne de son choix de vie : "Ici, au Népal, c'est la voie facile. L'autre voie, là-bas, en France, travailler dans un bureau, avec des hivers qui n'en finissent pas... c'est ça, la voie difficile".

Aujourd'hui, sa tomme de Savoie (de l'Himalaya!) est connue dans tout le Népal. Les grands hôtels et les bonnes tables de la ville s'arrachent le fromage de François. Encouragé par ce succès, François s'est lancé dans la charcuterie : jambons à l'os, rillettes au cognac et saucisses de Morteaux sont venues révolutionner les papilles népalaises. "J'aime être le pionnier, explique François avec fierté. Je suis le pionnier de la merguez au Népal, et ça, ce n'est pas rien!". Parlant couramment népalais pour, dit-il, "avoir une relation vraie avec les gens", le jeune Français a même créé un marché de produits artisanaux devenu une référence à Katmandou, et contribue désormais à faire rayonner la gastronomie française à l'autre bout du monde.

Reportages - Tics, tocs et petites manies / Explorateurs de saveurs / François, roi du fromage à Katmandou

Commenter cet article