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Publié par Aanil

ARTE diffuse, jeudi 18 et 25 septembre 2014, la mini série française "P'tit Quinquin".

La stupéfaction est totale dans un petit village du Boulonnais où d’habitude il ne se passe rien : un corps de femme sans tête est retrouvé découpé en morceaux dans une vache... Le cinéaste Bruno Dumont ("La vie de Jésus", "Camille Claudel 1915") signe une série policière burlesque et macabre autour d'un irrésistible couple de garnements amoureux. Une bombe !

Avec : Alane Delhaye (P'tit Quinquin), Lucy Caron (Eve Terrier), Bernard Pruvost (Van der Weyden), Philippe Jore (Carpentier), Corentin Carpentier (Jordan), Julien Bodard (Kevin)

 

Jeudi 18 septembre 2014 à 20 heures 55 - L'Bet'Humaine

Avec sa gueule cabossée, son vélo tout-terrain et ses fidèles lieutenants Jordan (le grand maigre) et Kévin (le petit gros), Quinquin fait les quatre cents coups dans son village du littoral boulonnais. Toujours prêt à la bagarre ou au lancer de pétard bien ajusté, il ne baisse la garde que face à Ève, son grand amour, fille des fermiers d'à côté et trompettiste dans la fanfare du village. Par un venteux matin d'été, l'arrivée d'un hélicoptère met la petite bande en émoi : une vache morte a été retrouvée à l'intérieur de l'un des bunkers qui jalonnent la côte et le commandant de gendarmerie Van der Weyden, flanqué de son adjoint Carpentier, a demandé l'évacuation de la victime. Mais le pire est à venir : on trouve dans le ventre de l'animal le corps démembré et sans tête d'une femme. Quelle est la "bête humaine" – selon le lieutenant Carpentier, qui a des lettres – à l'origine de ce carnage ?

 

Jeudi 18 septembre 2014 à 21 heures 45 - Au coeur du mal

Enfant de chœur lors des funérailles de madame Lebleu, P'tit Quinquin observe l'assistance avec autant d'intensité que les deux enquêteurs. L'assassin est-il là ? Le corps des majorettes, dont la défunte était présidente, assiste à l'office en (petite) tenue, tandis qu'Aurélie, la grande sœur d'Ève, interprète pour l'occasion le tube anglo-saxon qu'elle répète depuis des jours pour un télé-crochet. Un peu plus tard, aux auto-tamponneuses, P'tit Quinquin repère, à son grand déplaisir, deux garçons inconnus, l'un noir et l'autre arabe, en conversation avec des filles du village. Alors qu'il les pourchasse, suivi de Jordan et de Kevin, il tombe à nouveau sur le commandant et son adjoint, venus recueillir le témoignage d'une femme éplorée : son mari, monsieur Bhiri, a disparu. Or, comme les deux gendarmes ne tardent pas à le découvrir, monsieur Bhiri était l'amant de madame Lebleu.

 

Jeudi 25 septembre 2014 à 20 heures 50 - L'diable in perchonne

Monsieur Lebleu, le mari de la première victime, est retrouvé noyé dans sa fosse à purin. Le vétérinaire légiste apprend à Van der Weyden que les vaches étaient atteintes de la maladie de la vache folle. Le meurtrier rôde. Des journalistes s’en mêlent, tandis que P’tit Quinquin découvre une part du mystère.

 

Jeudi 25 septembre 2014 à 21 heures 45 - ... Allah Akbar !

Le jeune Mohamed, humilié par la sœur d’Ève, devient cinglé. P’tit Quinquin, Ève et sa bande n’en mènent plus large. Van der Weyden et Carpentier doivent faire face à de nouveaux meurtres abominables : c’est l’enfer ! Les policiers vont affronter le diable…

 

Le vilain petit Quinquin

Sur les terrains, nouveaux pour lui, de la série et du comique, Bruno Dumont transplante l'univers cinématographique à nul autre pareil qu'il a fait exister, film après film : un territoire entre mer et campagne, le Boulonnais, magnifié dans de longs plans contemplatifs en Scope ; et des acteurs non professionnels dont les visages parfois ravagés et le parler nordiste semble indissociable de ces paysages à la beauté méconnue. Mais pour les besoins de sa comédie extravagante et noire, sur fond de meurtres grandguignolesques, de racisme ordinaire et de veulerie, il pousse cette fois ses personnages du côté du grotesque, en un festival de tics, bégaiements et absurdités à couper au couteau – à côté des grimaces du gendarme Van der Weyden, son confrère de Saint-Tropez, Louis De Funès, semble un modèle de sobriété. On pourrait y voir une parodie à charge, sans la grâce ravageuse du couple vedette. Dans les pas de Quinquin le caïd bosselé et de son Ève au doux visage, qui se serrent dans les bras l'un de l'autre en s'appelant gravement "Mon amour", la poésie contamine la farce, l'enfance subvertit le triste état des choses et le réalisme dérape dans le délire.

P'tit Quinquin (18 et 25 septembre 2014 sur ARTE)

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