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Publié par Aanil

Dans le cadre de son magazine "Reportages", TF1 diffuse, dimanche 21 septembre 2014 à 13 heures 30, le document "Drouot, le rêve aux enchères".

 

Drouot, le rêve aux enchères

Un reportage de Laurent Fléchaire (Productions du Moment)

Tout le monde croit que l'on vend des objets à l'hôtel Drouot, mais ça, ce n'est pas vrai. On vient avant tout y chercher de l'espoir. Tout le monde espère ici avoir le plaisir enfantin de faire une bonne affaire, d'avoir plus de chance ou plus de flair que son voisin pour repartir avec un plus bel objet. Ce n'est donc pas un hasard si cela fait 150 ans que cela dure, que les salles de vente ne désemplissent pas. Pour comprendre le mécanisme de cette belle maison, nous avons choisi, parmi les 115 qui oeuvrent à Drouot, cinq commissaires-priseurs qui manient aussi bien le marteau que le verbe.
 
Drouot... un matin comme les autres.... Acheteurs, amateurs ou professionnels, flâneurs, curieux, habitués ou de passage, le rituel est immuable " 
jamais avant 11 heures.... Et ça rentre comme des fous parce qu'il y a tous les furieux, dont je fais partie, qui cherchent quelque chose. Et puis, on espère toujours des trucs fabuleux ! Il y a le rêve ici ". Le rêve sur trois étages, avec 16 salles où se vendent aussi bien des objets à 30 euros que des objets à 5 millions. Ce qui attire ces deux habitués, plus de 50 ans de Drouot tout de même ! "c'est le plaisir de voir les gens faire des bêtises. Voir les gens ramasser une " banane ". Drouot c'est un jeu ! " 
 
Mais avant de " jouer ", il faut trouver ou plutôt chasser le trésor qui attisera le désir des acheteurs.  Nous commençons notre " voyage " avec Maître Philippe Ancelin, installé juste en face de la Maison Mère. Il appartient à la famille des chasseurs " postés ". Ce sont les vendeurs qui viennent à lui, des rêves plein les yeux, espérant que l'objet qu'ils apportent vaut beaucoup plus qu'il en a l'air. Lui, consulte, soupèse, inspecte, scrute et expertise... en quinze minutes seulement, détruisant au passage les châteaux en Espagne bâtis dans sa salle d'attente. Lui est venu avec un tableau sous un drap " apparemment il y a le nom de Picasso, de Georges Braque... Je ne sais pas si c'est une copie. Je l'ai acheté 10 euros. " " Pour moi, en vente aux enchères publiques, ça pourra s'estimer entre 50 et 150 euros. C'est la valeur décorative qui va l'emporter " Dommage, le trésor rêvé n'en n'était pas un.

Maître Aguttes, 40 ans de métier, 150 ventes par an, pense avoir trouvé son trésor.  Il a déniché dans un appartement une sculpture passée totalement inaperçue  " Les gens appellent en disant j'ai une maison à vider, des choses à vendre. Il arrive des choses à un million d'euros dans un sac en plastique et d'autres qui apportent dans un camion pour 1500 euros. Il faut être très vigilant, nous ne vendons pas des boulons et des écrous. Chaque chose est différente. "  Et pourtant, malgré sa vigilance et son équipe d'experts, Maître Aguttes a bien failli en laisser passer une " un appartement petit, en désordre, pas très excitant. Des cartons, des cartons.... Et puis sur un secrétaire, une sculpture... une tête. Tellement beau qu'on a pensé que c'était une copie. Aujourd'hui, on peut dater la sculpture de 1450, 16ème siècle.... Quelque chose de formidable "  Un original qui pourrait valoir entre 200 et 300.000 euros. Une bonne nouvelle qu'il s'empresse de communiquer à son client, un religieux.

Dans la salle d'à côté, Maître Million, 36 ans, recordman des ventes l'an passé, présente un instrument scientifique de la Renaissance dont il espère plusieurs centaines de milliers d'euros. Tout commence lorsque son clerc  Pélage de Cogniac,  inventorie un petit deux-pièces parisien et tombe sur un curieux objet " qu'est-ce que c'est que ça.... 1625.. Je me dis : c'est le jackpot et je vais l'envoyer à l'expert ".  " J'espère qu'il va faire entre 500.000 et 800.000 euros " rêve déjà  l'expert. Il faudra attendre la mise en vente de ce trésor, un compendium, pour en connaître le prix.

Trouver un trésor, c'est merveilleux, d'autant que les commissaires-priseurs touchent en moyenne une commission de 35% sur le prix de vente, mais trouver une idée peut être aussi gratifiant. Et ce n'est pas pour rien que Maître Couteau Bégarie veut mettre aux enchères ce qu'il appelle " l'univers de Claude François ". Ou comment faire entrer par la grande porte de Drouot, un " chanteur populaire " parmi les antiquités et les flacons à parfum qu'il vend habituellement.  " Jamais je n'aurais pensé organiser une vente sur Claude François, jamais ". " Vous avez un fétichisme, vous avez une idole, quelqu'un qui a été aimé, adulé et à partir de ce moment-là, vous avez des passionnés. Tout se vendra. Tout est possible ! "

Maître Hubert-Patrick Cheval, lui, adore les tableaux et les horloges et pour satisfaire ses deux passions, il a trouvé les tableaux horloges. Maître Cheval aime aussi les défis... Quand il " anime " des enchères hors du Drouot parisien, il est prêt à tout pour vendre, ce jour-là, des véhicules.... De la Poste. Tous désespérément  identiques " et pour changer, nous allons vendre une Kangoo... jaune. Un des modèles phares.... Tout le monde en veut... 44.000 kilomètres, autant dire : rien ! Entracte, on va vendre des mobylettes ! " Après un tour de piste, quelques mots d'esprit, le maître, toujours en selle reprend le dessus " on démarre à 100 euros ! 150, 180. Vous allez la laisser partir. Celle-là au moins, elle marche ! " Adjugée 210 euros.  

Reportages - Drouot, le rêve aux enchères

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