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Publié par Aanil

ARTE diffuse, dimanche 18 janvier 2015 à 20 heures 45, le film réalisé par Henri-Georges Clouzot "Le salaire de la peur".

Quatre hommes s'engagent au péril de leur vie à conduire deux camions chargés de nitroglycérine afin de souffler l’incendie d’un puits situé à quelque cinq cents kilomètres... Un suspense inébranlable, quatre personnages au bord du gouffre pour un thriller à couper le souffle, mis en scène par un Henri-Georges Clouzot au sommet de son art. Avec Yves Montand, Véra Clouzot et Charles Vanel.

À Las Piedras, sorte de ville frontière à la population hybride, le travail manque. Chacun noie, sous le soleil, son ennui dans l'alcool. Non loin de la ville, la SOC, une compagnie pétrolière américaine, fait la pluie et le beau temps des embauches. Un jour, elle réclame quatre volontaires pour conduire deux camions chargés de nitroglycérine afin de souffler l'incendie d'un puits situé à cinq cents kilomètres. Pour deux mille dollars Mario, Jo, Luigi et Bimba entreprennent le voyage sur une mauvaise route : un cahot trop violent, et ils seront pulvérisés…

En avant !

Thriller à couper le souffle dont William Friedkin a fait un remake enthousiaste (The sorcerer, 1977), Le salaire de la peur (1953) est avec Le corbeau (1943) le film le moins théâtral, le plus noir, le plus cruel d'Henri-Georges Clouzot. Considéré dans les années cinquante comme le Alfred Hitchcock français, Clouzot s'offre ici le luxe d'une durée anticommerciale : plus de deux heures. La première partie s'avère un véritable prélude à l'enfer du voyage des camions. On baigne dans l'atmosphère de la ville de Las Piedras - ville inventée de toutes pièces, le film a été tourné en Camargue. Sans ostentation la caméra capte la chaleur, la boue, les animaux errants, la population indigène pauvre, les migrants - Allemands, Français pauvres également - venus ici afin de fuir leur passé. Las Piedras est une ville fantôme, une prison à ciel ouvert, un enfer que chacun rêve de quitter. Dans cette première partie d'une extrême lenteur Clouzot brosse à froid la psychologie des personnages : érotisme féminin refoulé, camaraderie masculine avec ses débordements sensuels, ses heurts, ses calculs. Comme dans un drame de Samuel Beckett il ne se passe rien hormis la vie dans ce qu'elle a de plus trivial, répétitif et absurde et ce jusqu'au jour où les camions partent...

Avec : Yves Montand, Véra Clouzot, Folco Lulli, William Tubbs, Charles Vanel, Peter van Eyck, Darling Légitimus, Luis De Lima, Jo Dest, Darío Moreno

Le salaire de la peur

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