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Publié par Aanil

ARTE diffuse, mardi 10 mars 2015 à 20 heures 50, le documentaire réalisé par Niko Apel et Ludi Boeken "Sur la route avec Socrates - Foot, Brésil et politique, un road movie avec Dany Cohn-Bendit".

Sur les traces du grand footballeur libertaire Sócrates, Daniel Cohn-Bendit a sillonné le Brésil pendant la dernière Coupe du monde de foot. Entre passion du beau jeu et réalités sociales, il tire du pays un portrait riche en contrastes.

Daniel Cohn-Bendit est tout autant un amoureux inconditionnel du Brésil qu'un incurable nostalgique. Il y a trente ans, il assistait à ce fameux match des Corinthians de São Paulo, où le grand Sócrates et ses coéquipiers déployaient sur le terrain la banderole "Gagner ou perdre, mais toujours pour la démocratie". En se rangeant frontalement du côté du peuple et en prônant l'autogestion, les Corinthians avaient initié un réel élan de contestation dans un Brésil encore sous le joug d'une dictature crépusculaire. Depuis, comment le pays a-t-il évolué ? Que reste-t-il en 2014 de l'héritage de Sócrates et du mythe de la "démocratie corinthiane" ? Sur les traces d'une époque où football et politique étaient étroitement liés, Daniel Cohn-Bendit a repris la route cet été pendant la Coupe du monde. À bord d'un van digne de la grande époque hippie, il sillonne le Brésil et rencontre Wladimir, un ancien joueur de São Paulo, porteur de la mémoire libertaire des années 1980, le chanteur Gilberto Gil, ancien ministre de la Culture, des poètes, des éducateurs, des paysans en lutte pour leurs terres, Raï, l'ancien joueur du PSG, un ancien révolutionnaire et député fan de Che Guevara, deux filles championnes du monde de foot-volley...

Le football, cette triste fable

Mais Sócrates, disparu en 2011, n'est plus là pour veiller à la destinée des siens et Daniel Cohn-Bendit doit faire face à un certain désenchantement quand il constate que le Brésil s'est éloigné de l'utopie corinthiane. Autour de lui, la contestation sociale, qui a surpris la planète avant la Coupe du monde, semble s'essouffler à mesure que l'entrée dans la compétition de la sélection nationale se rapproche. Les griefs, pourtant, n'ont pas disparu, notamment ceux portant sur la corruption ou le manque de moyens pour l'éducation et la santé. Certes, le Brésil n'est plus une dictature, et l'ex-président Lula et sa successeure Dilma Rousseff ont fait naître bon nombre d'espoirs chez les plus pauvres. Mais le député européen, depuis peu à la retraite, souligne que le gouvernement n'a pas su protéger certaines minorités, notamment indiennes, et que de nombreuses inégalités subsistent. Au moment où le football de la Seleção se délite face à l'Allemagne, Daniel Cohn-Bendit constate que la grande utopie se divise en milliers de causes plus modestes. Les véritables héros du Brésil ne sont plus les footballeurs mais les combattants du quotidien.

Sur la route avec Socrates - Foot, Brésil et politique, un road movie avec Dany Cohn-Bendit

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