Au sommaire de l'émission "Faites entrer l'accusé" diffusée dimanche 25 octobre 2009 à 22 heures 20 sur France 2 :

Roland Moog, meurtre au cinéma
Un document inédit de Laure de Nadaillac
En 1995, Roland Moog a tué Carole Prin, sa compagne. La jeune femme était enceinte, sur le point d’accoucher, quand ce projectionniste de cinéma l’a abattue d’une balle dans la nuque. Un meurtre
qu’il n’expliquera jamais vraiment ; laissant aux psychiatres, et à ses juges supposer qu’il ne supportait pas l’idée d’être de nouveau père. N’avait-il pas caché à ses propres parents, qu’il était
déjà papa de deux petites filles ?... Coincé dans une double vie, que Carole et une maîtresse se partageaient sans le savoir, coincé par cette naissance imminente, Roland Moog a simplement décidé
d’effacer le problème.
Le 17 mai 1995, le téléphone sonne au cinéma Star de Strasbourg. Roland Moog, le projectionniste décroche. C’est Carole, explique-t-il à ses collègues. Sa compagne a de violentes contractions, et
lui demande de la rejoindre à la maternité. Il prévient les parents de Carole, dépose les chiens de la jeune femme chez un ami et file à la maternité. Mais là, stupeur ! Carole n’y est pas ! Elle
s’est volatilisée ! Roland Moog signale sa disparition à la police.
La disparition d’une femme sur le point d’accoucher est inédite et largement relayée dans les médias. Les soupçons se portent rapidement sur Roland Moog, le dernier à avoir vu Carole. Et au cinéma,
plus personne n’est réellement sûr d’avoir décroché et entendu sa voix le 17 mai… Dominique Prin, la soeur de Carole, nous confie que le couple ne vivait pas vraiment le grand amour. Roland et
Carole ne partageaient le même appartement que depuis 2 semaines. Et encore, parce qu’elle s’était ellemême installée chez Moog ! Lui cloisonnait sa vie. Ses amis, sa maîtresse, sa famille, tous
ignoraient la grossesse de Carole !
Mis sur écoute, placé en garde-à-vue, Roland se plaint de l’acharnement des policiers à son encontre mais ne semble pas s’intéresser beaucoup à l’évolution de l’enquête. Trois ans et demi après la
disparition de Carole, Roland Moog est finalement mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention. Il demande à son frère jumeau Dany et à un ami de se débarrasser d’une malle pleine
de livres qu’il leur a confiée 3 ans plus tôt. Etonnés par la légèreté de la caisse, ceux-ci font sauter le cadenas et tombent sur les restes de Carole Prin. Une découverte que Dany se résout
douloureusement à révéler cinq jours plus tard à la police.
Confondu, Roland Moog passe aux aveux. Pour lui, il s’agit d’un accident. Le 16 mai, Carole est passée au cinéma Star pour y voir une armoire dans la cave. Et elle y a été tuée accidentellement
lorsque Moog a manipulé l’arme de tir qu’il entreposait sur une étagère. Avec de la mousse expansive, il a alors dissimulé le cadavre, pendant deux ans dans un mur du cinéma Star; avant de le
cacher dans une malle en vue de la première perquisition. Un scénario sordide, digne d’Hitchcock, le cinéaste fétiche de Moog ! Mais, l’autopsie détermine que Carole a été tuée d’une balle à bout
portant. Difficile de croire à un accident. Roland finit par admettre qu’il a tué Carole à la suite à une dispute. La reconstitution montre que les escaliers de la cave sont bien raides pour qu’une
femme enceinte s’y aventure ; le bruit d’un coup de feu ne serait pas passé inaperçu des spectateurs tout proches ; le sang de Carole aurait dû tâcher durablement le sol de la cave. Enfin, un cône
d’épicéa retrouvé dans la malle laisse à penser que Carole a pu être tuée ailleurs…
Le procès débute le 27 novembre 2001. Moog n’y a jamais dit la vérité sur la mort de Carole, laissant la cour tenter de comprendre. Sa relation fusionnelle avec son jumeau pourrait expliquer son
instabilité affective. Quant au mobile, le Dr Henri Brunner évoque son impossibilité à assumer sa paternité. Moog a été condamné à 25 ans de prison dont quinze de sûreté pour le meurtre de Carole.
Un meurtre aggravé par la mort du bébé.
Intervenants :
Dominique Prin, soeur de Carole Prin
Pascal Schultz, Premier procureur adjoint au TGI de Strasbourg puis avocat général
Docteur Henri Brunner, expert psychiatre
Ginette Bonnet, tante de Carole Prin
Jean-Paul Rauner, gardien de la clinique Sainte-Anne
Christophe Eberhardt, Brigadier-chef, formation motocycliste de Strasbourg
Jean-Marie Durr, ancien compagnon de Carole
Maître Jocelyne Klopfenstein, avocate de la famille de Carole Prin
Inspecteur principal Christian Binetruy, Brigade des moeurs de Strasbourg
Philippe Padoan, ami de Roland Moog
Bruno Pfeiffer, ancien compagnon de Carole
André Lambert, ami de Roland Moog
Jean-Michel Decugis, journaliste, Le Figaro (1995-2001)
Patricia Fague, journaliste, « Perdu de Vue »
Maître Eric Braun, avocat de Roland Moog
Adjudant-chef Jean-Pierre Pastor, SR de Strasbourg
Maître Marc Vialle, avocat de Roland Moog
Malika Merzougui, Expert-psychologue
Dany Moog, frère jumeau de Roland
Maître Thierry Moser, avocat de la famille de Carole Prin