Au sommaire de l'émission "Faites entrer l'accusé" diffusée dimanche 22 novembre 2009 à 22 heures 45 sur France 2 :

Jean-Baptiste Hennequin, triple meutre au Grand Hotel
Un document inédit de Vincent de Cointet
En 1997, Jean-Baptiste Hennequin, veilleur de nuit au Grand Hôtel de Saint-Quentin, a sauvagement assassiné ses deux patrons et une collègue de travail. Sans le moindre regret. Pire. A son procès,
il est allé jusqu’à expliquer que c’était lui la victime. Victime de reproches incessants. Victime du manque de reconnaissance de ses patrons qui voulaient le mettre à la retraite. Justicier de sa
cause finalement. Intelligent, élégant et cultivé, Hennequin n’a en réalité jamais surmonté ses frustrations, celles d’un homme en fin de carrière, qui a toujours souffert de n’avoir jamais été
reconnu à sa juste valeur.
Le 20 janvier 1997, au Grand Hôtel de Saint-Quentin, on retrouve les corps sans vie des deux patrons, Léo Roupioz, 73 ans, et Gisèle Kuntzler, 69 ans. Tués d’un coup de fusil, puis massacrés à la
hache. Sur chaque corps, une lettre dénonce des "humiliations, du chantage, de l’acharnement et de l’indifférence". Le commissaire Pierre-Marc Panazzio reconnaît l’écriture sur les lettres. C’est
celle du veilleur de nuit du Grand Hôtel, Jean-Baptiste Hennequin, 61 ans, dont il a récemment recueilli le témoignage à la suite d’un conflit de voisinage. Les policiers fouillent le Grand Hôtel.
Dans les caves, ils délivrent le groom Philippe Bertrand, qui leur révèle que c’est Hennequin qui l’a enfermé, le matin même. Dans la cave à vin, le corps de Michèle Fabris, la réceptionniste de 25
ans, mutilé de coups de hache. Le triple meurtre provoque un émoi considérable à Saint-Quentin. Le Grand Hôtel est l’établissement sélect de la région. L’affaire est confiée à la PJ d’Amiens qui
veut à tout prix retrouver Jean-Baptiste Hennequin. Premier indice, il a dû s’enfuir avec la voiture de Michèle Fabris, une Polo noire, qui a disparu. Les policiers se penchent sur la vie
d’Hennequin.
Orphelin dès l’âge de 5 ans, placé dans une famille d’accueil, il est mis au travail dès 14 ans, alors qu’il voulait continuer ses études. A 32 ans, en instance de divorce, il tente de renouer avec
sa femme. Sans succès. Frustré, il l’étrangle et la laisse pour morte : trois ans de prison. Puis un an ferme en 1988 pour avoir énuclé un travesti au bois de Boulogne. En 1997, il est décrit comme
un solitaire autoritaire et irascible par ses collègues et ses voisins. Neuf jours après le drame du Grand Hôtel, la Polo est retrouvée à Amiens. Dans le coffre, une hachette tâchée de sang. L’arme
du crime. Mais ce n’est que quatre mois plus tard qu’Hennequin est finalement arrêté… par hasard ! Dans un hôtel parisien, au cours d’une perquisition pour un vol. Devant le juge d’instruction
Jean-Yves Lourgouilloux, il avoue facilement. Pour lui, ses victimes "n’ont eu que ce qu’elles méritaient". Ses patrons le persécutaient. Quant à Michèle Fabris : "si ses parents l’avaient mieux
élevée, elle n’en serait pas là !" A son procès, Hennequin s’acharne à salir la mémoire de ses victimes. Il est condamné à la peine maximale : perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans.
Intervenants :
Commissaire divisionnaire Pierre Marc Panazio, police de Saint-Quentin
Guy Dambre, maire de Fayé, vice-président de la communauté d’agglomération de Saint-Quentin
Jean-Yves Lourgouilloux, juge d’instruction
Adjudant Rémi Bournique, pompier de Saint-Quentin
Sergent-Chef Eric Duchemin, pompier de Saint-Quentin
Philippe Bertrand, groom au Grand Hôtel
Commandant Jean-Pierre Sarazin, directeur d’enquête à la PJ d’Amiens
Nicolas Totet, journaliste, L’Aisne Nouvelle
Damien Becquart, journaliste, l’Union de Reims
Voisin de la rue de l’Est ; Jean-Charles Dervillé, serveur au Président
Léone Ramette, amie de Jean-Baptiste Hennequin
Me Laurent Moreuil, avocat de la famille Kuntzler
Lieutenant Claude Renier, brigade de Fresnoy-le-Grand (1996-1999)
Me Sandrine Billard, avocate de Jean-Baptiste Hennequin
Commissaire Francie Chassagne, PJ du 10e arrondissement, Paris
François-Marie Giacomoni, président de la cour d’assises de Laon
Me Guillaume Combes, avocat de Jean-Baptiste Hennequin