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ARD © ARD/DegetoLe charme vénéneux du film noir
Après l'odyssée de trois pieds nickelés dans le vieux Sud des années 30 (O'Brother), les frères Coen sautent une décennie et s'attaquent au polar façon James M. Cain (Le facteur sonne toujours deux fois de Tay Garnett ou Assurance sur la mort de Billy Wilder).
S'ils se sont essayés au genre dès leurs fracassants débuts avec Blood simple en 1985, revisitant avec brio et ironie les codes du film de gangster (Miller's crossing) ou du policier (Fargo et son inoubliable héroïne inspecteur de police enceinte jusqu'aux yeux), le décapant duo réalise avec The barber un hommage à l'univers des grands films noirs hollywoodiens des années 40.
Truffé de références et de clins d'oeil (la petite ville de Santa Rosa, berceau de l'intrigue de L'ombre d'un doute d'Alfred Hitchcock, l'avocat embauché par Ed Crane, qui porte le même patronyme que le chef du gang d'Asphalt jungle de John Huston, "Doc" Riedenschneider...), The barber n'en est pas pour autant un pastiche, mais tient plutôt du palimpseste.
Acteurs excellents, photographie noir et blanc sublime, dialogues porteurs de la fameuse Coen's touch : le charme vénéneux du film noir fait mouche, à l'image de la jeune Scarlett Johansson, qui joue du Beethoven de façon fort troublante.
(Source : arte.fr)
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