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ARD © ARD/DegetoAlice au pays des horreurs
"De film en film, Todd Solondz (Bienvenue dans l'âge ingrat, Happiness) affine sa radiographie grinçante d'une Amérique contemporaine de pavillons de banlieue où se croisent des ados en pleine panique hormonale et des familles atrocement chrétiennes.
C'est la Solondz's touch : faire tourner le miel sirupeux de l'onctuosité mainstream US au vinaigre indé corsé.
Ici, il aborde des sujets aussi sensibles que l'avortement et la pédophilie.
La clarté, la simplification, les débats binaires, autre spécialité US, tout cela emmerde profondément Solondz.
Il creuse davantage du côté de la complexité.
Et Aviva, son héroïne de 12 ans, plutôt qu'un bloc de pureté sanctifié, incarne avant tout un mystère : celui du désir d'enfant.
Avec ce désir pour seul bagage, son Alice au pays des horreurs va enchaîner les rencontres, sur le motif d'une boucle romanesque, une Ronde ophülsienne : à la fin du film, elle arrive quasiment à son point de départ et on comprend alors que le titre, Palindromes, désignait aussi bien son prénom, Aviva, que l'intrigue elle-même, lisible dans les deux sens.
En choisissant de faire incarner Aviva par sept actrices différentes (et même un acteur), Todd Solondz prenait le risque d'un exercice de style un peu vain.
À l'arrivée, non seulement cette idée casse-gueule fonctionne (on s'habitue très vite et on ne perd jamais le fil de l'intrigue), mais mieux : en multipliant les incarnations du personnage, Solondz amène le spectateur à se concentrer sur son parcours spirituel.
Là, Palindromes rejoint paradoxalement l'épure à la Bresson : l'apparence du personnage s'efface ; on atteint à l'intériorité."
(Olivier Nicklaus, lesinrocks.com) (Source : arte.fr)
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