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Crédits Thierry Valletoux

Bonjour Sandrine Kiberlain et François-Xavier Demaison.

Bonjour.


Le 30 septembre, vous serez au générique de la version cinéma du « Petit Nicolas ». Quelle réaction avez-vous eu quand vous avez reçu le scénario et une fois que vous l’avez lu ?

Sandrine Kiberlain. J’ai pris ça comme un cadeau inespéré. Je connaissais « le Petit Nicolas » comme à peu près tout le monde j’imagine. Je suis une fan absolue de Sempé, que mes parents m’ont fait découvrir, au-delà du « Petit Nicolas ». J’ai trouvé le scénario brillant, drôle, très original, gardant l’esprit de ce que j’aimais dans « le Petit Nicolas » mais avec quelque chose d’original, de captivant, de drôle. Nos personnages sont un peu secondaires dans l’histoire parce que les enfants sont très présents. Les adultes sont en toile de fond pour créer des rebondissements mais même ces personnages là étaient très bien écrits. Ils nous permettaient de jouer sur des partitions subtiles et riches. Sachant que c’était Laurent Tirard, j’imaginais qu’on allait vraiment s’amuser. On voyait dès la lecture qu’il y aurait un univers très original. C’est un film entièrement fait sur mesure, avec des décors incroyables, qui évoquent Jacques Tati. J’adore ces univers et j’étais très contente d’être dans cette aventure.

François-Xavier Demaison. Pareil. J’ai vomi la première fois que j’ai lu le scénario ... C’est vrai que c’est un cadeau. On a l’impression d’entrer dans des personnages qui font partie du patrimoine. « Le Petit Nicolas », ce sont plusieurs générations …

Sandrine Kiberlain. C’est moi.

François-Xavier Demaison. Non, c’est moi ! On a l’impression d’incarner des personnages qui font partie du patrimoine. Nos parents, nos grands parents et les enfants d’aujourd’hui connaissent « le Petit Nicolas ». Il y a cette espèce de transmission qui se fait à travers « le Petit Nicolas ». Avoir la chance d’incarner un des personnages du livre est un honneur incroyable, c’est comme si notre carrière pouvait s’arrêter là.

Sandrine Kiberlain. Moi non, mais je comprends ce que tu veux dire pour toi !

François-Xavier Demaison. On a l’impression d’un vrai cadeau. Je suis d’accord avec Sandrine sur la finesse, la poésie, l’humour que Laurent Tirard a su tirer au cinéma. On n’aurait pu rêver meilleure adaptation du monde de Sempé et Goscinny que le film de Laurent et le scénario de Grégoire. On était dans la peau de personnages de BD et de livres, sans pour autant être dans la caricature. On a joué avec sincérité des personnages qui sont esquissés par Sempé. On a attrapé un petit quelque chose pour définir le personnage, et on le fait vivre à travers nos émotions, notre action face à des situations données.


Comment Laurent Tirard vous a-t-il parlé des personnages et quelles couleurs vouliez-vous leur donner ?

Sandrine Kiberlain. Sur la maitresse, j’avais un souvenir. Je n’ai pas voulu relire. Ce qui m’intéressait était d’être dans l’aventure de Laurent et des autres, dans le projet fait pour le cinéma. Pour la maitresse d’école, on est parti sur l’idée, et c’était un peu écrit comme ça, d’une maitresse émotive. On a joué là dessus, et ça m’amusait beaucoup de jouer une maitresse un peu dépassée, aimant vraiment les enfants dont elle s’occupe, très investie dans son travail d’institutrice, et en même temps un peu gauche et rougissante, très émotive. Il y a des moments où on la voit, elle a envie d’être à la hauteur, elle se fixe des objectifs, on sent qu’elle est vraiment prise par ce qu’elle a à faire. C’est très drôle à jouer, c’est un peu exagéré, décalé. On s’est compris avec Laurent. Ce qu’on voit de lui dans le film, ce que disait François-Xavier, cette poésie, cette façon saine d’aborder les choses, est aussi saine dans le travail et dans la façon dont a pu se comprendre sans vraiment parler des tonnes de fois du personnage. C’était écrit comme ça, ça coulait de source. Ce qui est très agréable dans ce genre de tournage et qui n’est pas fréquent, ce sont les moyens qui nous sont donnés. Du coup, tout est fait sur mesure. Les costumes nous donnaient des indices sur les personnages. J’ai tout le temps une petite blouse très structurée, des petites chaussures orangées qui ont fait beaucoup rire le chef opérateur et toute l’équipe, une façon de se poser, de se tenir, la coiffure … Toutes ces choses faites sur mesure nous donnaient beaucoup d’information sur les personnages.

François-Xavier Demaison
. On a tous rêvé d’avoir une maitresse comme Sandrine Kiberlain. Elle est très jolie, très gentille et bienveillante. Elle a beaucoup d’amour et d’humanité en elle. C’est le genre de maitresse dont on aurait vraiment pu tomber amoureux enfant. Une douceur qui contraste avec sa remplaçante, jouée par Anémone.

Sandrine Kiberlain. Ce qui est drôle, c’est qu’il y avait un petit garçon qui n’arrivait pas à faire la différence entre le tournage et la vraie vie, il me prenait vraiment pour sa maitresse d’école. Il essayait de me séduire, dans un processus d’élève à maitresse d’école. Il me faisait des petits clins d’oeil. Il avait un besoin énorme d’affection.

François-Xavier Demaison. Je l’ai vécu aussi, un garçon qui a chaque fois qu’on disait « Couper » venait me voir et me faisait un câlin. Il me serrait la jambe, ce qui est difficile pour aller boire un café ou aller aux toilettes ! C’était dingue. Il y avait un panel de personnalités incroyables. Les amis du petit Nicolas sont des personnages assez variés, on retrouve cette variété de rôles dans la variété des personnalités. C’est fou de se dire qu’à ces âges là, on a déjà des petits bonhommes très affirmés, avec des sensibilités radicalement différentes. Je repense à ce que tu as dit, Sandrine, sur la composition du personnage. En ce qui me concerne, on dit « le Bouillon », parce qu’il est toujours en train de faire les gros yeux.

Sandrine Kiberlain. J’adore ce que tu fais, ce regard. Il n’y a qu’en voyant le film que vous comprendrez, c’est vraiment impressionnant.

François-Xavier Demaison. « Le Bouillon » sans les yeux, ce n’était pas possible, mais il fallait qu’on y croit.

Sandrine Kiberlain. Et si on t’enlève les yeux pour jouer …

François-Xavier Demaison. C’est Vitorrio Gassman, dans « Parfum de femme ». Je me suis un peu inspiré de ça. « Le Bouillon, il peut parler italien », « Sandrine, je t’aime énormément » …


Le film renvoie aux années 50, des années un peu roses, insouciantes, avant le choc pétrolier.

On est dans une période extrêmement stable, sans crise économique, ce sont les 30 glorieuses et la croissance !


Quelle sensation éprouve-t-on quand on est plongé dans ce genre d’atmosphère, où tout va plutôt bien ? Il y a de la nostalgie, de l’envie ?

François-Xavier Demaison. Le film n’est absolument pas nostalgique ni passéiste. C’est un film très moderne, qui s’inscrit dans l’enfance d’aujourd’hui.

Sandrine Kiberlain. Je trouve que l’écriture de Goscinny est ce qui plait aux enfants de toutes les époques. Ce qui ne s’est jamais démodé, c’est son langage extrêmement moderne, les enfants parlent ce langage encore aujourd’hui. Quand les enfants lisent « le Petit Nicolas », ce qui les réjouit est d’avoir un langage d’enfants très facile, très moderne. Le film suit, même si on est dans les années 50, et qu’il y a un esprit un peu « Ma sorcière bien-aimée » dans les décors, ce n’est pas du tout passéiste. Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis. Je t’aime François-Xavier.

François-Xavier Demaison. On est tout à fait sur la même longueur d’onde. Je t’aime énormément. Les parents, le couple que forment Kad et Valérie, est extrêmement moderne. A la fin, j’ai eu un des plus grands fou rire de ma vie, je n’en pouvais plus de rire ! Valérie part en live complet, c’est du bonheur ! Les voitures sont plus de veilles Citroën que des Smart mais c’est très actuel.

Sandrine Kiberlain. C’est la subtilité de Laurent que d’avoir choisi des acteurs très modernes et décalés, par rapport à ce qui aurait pu être un ensemble trop classique. Il a choisi Valérie Lemercier et Kad Merad pour jouer les parents, ce sont deux acteurs archi contemporains, qui font partie des plus populaires et des plus originaux dans notre vie d’aujourd’hui. Physiquement, Sempé aurait pu les dessiner, Valérie et Kad sont du Sempé. Nous aussi avons des physiques pas évident …

François-Xavier Demaison. Jean Michel Ribes, après avoir vu mon spectacle au Théâtre du Rond Point, a dit « Demaison est un dessin de Sempé qui bouge ». C’est rigolo. J’étais prédestiné ! Il a écrit ça en 2004 !

Sandrine Kiberlain. Mais Ribes est un peu médium !


Merci à tous les deux pour ces informations « très très chouettes » !


Merci à vous.


Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 14:01
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
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