Le 16 juin 2007, la douzième documenta de Kassel ouvre ses portes pour cent jours ; depuis 1955, ce grand rendez-vous de l'art contemporain, qui a lieu tous les cinq ans, a révélé au monde nombre de figures majeures. Quelles seront les grandes tendances 2007 ?
"Thema" enquête, vendredi 15 juin 2007 à partir de 22 heures 45 sur ARTE, en avant-première.

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A 22 heures 45 : Un autre art est possible (réalisé parTilman Jens)
La documenta 12 revient aux sources de son histoire et souligne la dimension politique et sociale de l'art. Confirmation avec quelques-uns des invités.
À Kassel au moins, l'été promet d'être chaud.
Par exemple avec le projet d'un célèbre urbaniste argentin qui a prévu d'installer une favela en centre-ville ou celui de l'artiste chinois d'avant-garde Ai Wei Wei qui viendra à Kassel en compagnie d'un millier de ses concitoyens pour tester les réactions des habitants à cette "invasion" d'étrangers venus d'Asie.
L'Afrique montrera la vitalité de sa création à travers la toute dernière collection de la styliste sénégalaise Oumou Sy.
Ses étoffes lumineuses, ses vêtements à la coupe généreuse sont un démenti réjouissant aux clichés qui collent trop souvent au continent : joie de vivre colorée contre famine et sida.
Quant à l'Europe, elle sera représentée entre autres par le pavillon des architectes français Lacaton & Vassal, un immense toit de toile provisoire, symbole de l'éphémère et de l'absence de fondations solides.
A 23 heures 35 : Le miracle de Kassel (réalisé par Julia Benkert)
Sous l'impulsion de Roger Buergel, son directeur artistique, la douzième documenta promet de belles surprises.
Pour filmer les artistes et l'équipe qui ont préparé la documenta 12 autour de Roger Buergel et de Ruth Noack, sa compagne chargée du commissariat de l'exposition, la réalisatrice a dû promettre un silence absolu jusqu'à la diffusion de son film, la veille même de l'ouverture.
Renouant avec les principes de la première documenta en 1955, Roger Buergel veut faire profiter la ville de Kassel d'une ouverture sur le monde et développer dans le cadre de l'exposition un vaste champ d'expérimentation esthétique.
Certains artistes ont donc été invités à élaborer leurs oeuvres sur place, en partie avec la participation de la population, et à les exposer en ville à la vue du plus grand nombre.
Des forums de discussion ont aussi été organisés avec les habitants. Julia Benkert montre aussi les dessous logistiques et financiers de la documenta 12.
Mission hautement délicate pour ceux qui en sont chargés, face à un directeur qui érige en principe le chaos et la spontanéité et bouleverse sans crier gare l'architecture de l'exposition...
A 00 heure 20 : Guetteurs aux frontières de l'art (réalisé par Rudolf Schmitz)
Plus encore que les précédentes, la documenta 12 donne la parole aux artistes qui explorent les frontières et les formes extrêmes.
Une cinéaste allemande se rend à Tokyo pour observer dans un club la pratique du bondage, l'art de lier les corps qui est au Japon une tradition érotique et artistique très ancienne.
Le chef catalan Ferran Adrià surprend les gastronomes avec une cuisine "moléculaire" génératrice de sensations gustatives inédites et parfois dérangeantes.
Une danseuse américaine participe à l'élaboration de dessins au sol.
Trois exemples parmi d'autres de projets confiés à des artistes invités de la documenta 12 pour explorer les marges du royaume des sens et du sensible, et transgresser les limites habituelles de l'art.
Le réalisateur les a suivis dans leur travail dans plusieurs grandes villes du monde : Tokyo, New York, Berlin, Varsovie et Sofia, où apparaissent les lignes de faille sociétales et politiques de notre époque.
A 01 heure 05 : Le cuisinier, le chien et Dali (réalisé par Piet Eekman)
Portrait de Ferran Adrià, le grand chef cuisinier invité de la documenta 12.
Longtemps, le seul charme du restaurant El Bulli (du nom du chien de l'ancien propriétaire) fut d'être situé dans l'une des plus belles criques de Rosas, sur la Costa Brava, non loin du musée Salvador-Dali.
Puis il fut repris par Ferran Adrià, le nouveau gourou de la cuisine d'avant-garde, sacré "le plus créatif du monde" par les critiques gastronomiques.
Pour y dîner l'été, il est recommandé de réserver dès le mois de janvier.
Une équipe de soixante personnes, dont trente cuisiniers, s'occupe chaque soir d'une cinquantaine de convives, le menu ordinaire comportant de vingt-cinq à trente-cinq plats. Cappuccino au jambon cru et à la menthe, glace au parmesan, sorbet de framboises au tabac...
Ferran Adrià est peut-être à la cuisine ce que Dali fut à la peinture.
Rediffusion : samedi 23 juin 2007 à 08 heures 45
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