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Publié par Aanil

ARTE diffuse, mercredi 15 janvier 2014 à 23 heures 10, le documentaire réalisé par Oliver Schwehm "Arno Schmidt - Le coeur dans la tête".

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© RB/Benno Soukop


Né il y a cent ans, disparu en 1979, Arno Schmidt est l'un des écrivains germanophones les plus fascinants du XXe siècle. Portrait d'un anticonformiste génial.


En Allemagne, Arno Schmidt est surtout connu pour son roman-fleuve Zettel's Traum (le songe de Zettel, ce personnage étant le nom allemand du Bottom du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare), réputé intraduisible. S’inspirant de James Joyce, il décrit les événements d’une seule journée d’été dans un petit village. Sur plus de mille trois cents pages grand format, il multiplie les jeux de mots, les métaphores, les néologismes et les associations d’idées. Paru en 1970, le livre lui vaut le prestigieux Prix Goethe et l’enthousiasme de nombreux lecteurs. Mais cet autodidacte revendiqué, qui exècre le monde littéraire et médiatique, mène une vie de misanthrope en compagnie de sa femme dans les landes de Basse-Saxe. Expulsés de Silésie après la guerre, c’est là qu’ils ont fini par s'établir.

En 1949, il publie Leviathan et diverses nouvelles dans lesquelles il se confronte au vécu de la guerre et à la société allemande de l’après-guerre, dénonçant entre autres l’accueil glacial qui fut réservé en Allemagne aux personnes déplacées des anciens territoires de l’Est, comme lui et sa femme. Dans Le coeur de pierre (1954), il fustige l’hypocrisie et le conservatisme de l’ère Adenauer en faisant la part belle à l’humour et au sarcasme. Plus tard, la trilogie Les enfants de Nobodaddy se distingue par son nouveau travail de découpage dans l’écriture avec des "fragments" entrecoupés de blancs typographiques – dont le tome 1, Scènes de la vie d’un faune, est reparu en 2011 en France dans une nouvelle traduction. Schmidt fut aussi un photographe original, révélé dans une passionnante exposition en 2012 à Arles.

Ce film retrace son itinéraire et donne la parole à ceux qui l’ont connu, dont le critique Jan Philipp Reemtsma, qui a créé la Fondation Arno Schmidt deux ans après la mort de l’auteur, ainsi qu'à l’écrivain Marie Darrieussecq.

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