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Publié par Aanil

ARTE diffuse, dimanche 12 janvier 2014 à 20 heures 45, le film réalisé par Jacques Becker "Casque d'Or".

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L'histoire d'un amour impossible, marqué par un destin tragique, entre la blonde Marie, surnommée 'Casque d'or', et Manda, un ouvrier taciturne, qui en tombe follement amoureux... Une tragédie Belle Époque à la beauté mélancolique. Le chef-d'oeuvre de Jacques Becker, avec Simone Signoret et Serge Reggiani.


Les apaches de la bande à Leca, des voyous qui hantent le quartier de Belleville, ont investi avec leurs femmes une guinguette du bord de Marne. Marie, surnommée Casque d’or en raison de son étincelante chevelure, s’est fâchée avec son amant du moment, le distingué Roland. Surgit alors Raymond, accompagné d’un ami d’enfance, Manda. Entre la belle et le charpentier, le coup de foudre est immédiat. Une passion destructrice, sur fond de guerre des gangs, unit les deux amants...

La blonde et moi

Le chef-d’œuvre de Becker est injustement boudé à sa sortie, par André Bazin notamment, qui cloue au pilori ce "film trop beau pour être honnête". Pourtant, dès la séquence d’ouverture, celle où des couples de danseurs virevoltent au tempo d’un orchestre de guinguette, un charme irrésistible, à la fois canaille et noble, baigne cette œuvre à la fragilité diaphane. Simone Signoret, au faîte de sa beauté, vampe un Reggiani subjugué par tant d’audace et de naturel. Manda est un juste dont l’innocence ne résistera pas aux démons qui l’assaillent dès qu’il franchit le seuil du bistrot. Marie (le désir) et Leca (la mort) ne cesseront de le provoquer jusqu’à sa chute finale. Accusé pour un crime dont il n’a été que l’agent, il deviendra, au gré des événements, un meurtrier conscient, prêt à expier sa faute. Car sa cause est noble, c’est celle de l’amour. Ainsi, sous l’apparence d’un "film de bandits 1900", derrière la peinture émue d’un Belleville gouailleur tout droit inspiré des gravures anciennes et des films de Feuillade, se met en place une terrible tragédie de mœurs. Casque d’or a des accents ophulsiens dans sa description d’un bonheur fragile et éphémère, comme dans la scène, baignée par une lumière irréelle, où Manda, dormeur du Val de Marne, est réveillé par les baisers veloutés de Marie. Mais la force du film réside avant tout dans la profonde humanité de ces apaches qu'il contribua à immortaliser. Claude Dauphin est un traître odieux, Bussières un sympathique et loyal voyou. Quant à Signoret, façonnée par Becker, devenu pour ce film un pygmalion amoureux, elle incarne l’image de la beauté.

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