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Publié par Aanil

ARTE diffuse, samedi 23 et 30 novembre 2013, la série documentaire "Ces femmes qui ont fait l'Histoire".

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© Christina Rose

L’histoire n’est pas faite que par les grands hommes. Cléopâtre, Jeanne d’Arc, Elisabeth Ire (dernière des Tudors), la tsarine Catherine II, Louise de Prusse (opposante à Napoléon) et Sophie Scholl (figure de la résistance allemande au nazisme) : ces six femmes se sont illustrées par leur bravoure, leur puissance ou leur volonté. Quelle a été leur action politique et leur influence sur leur époque ? Comment sont-elles parvenues à s’imposer au sein de sociétés dominées par des hommes ? Quel est la part du mythe et de la réalité ? À partir de reconstitutions soignées et de documents animés, cette série propose d'entrer dans la peau de ces femmes exceptionnelles, de leur enfance à leurs actions publiques, en passant par leur vie intime, pour mieux saisir les événements clés de leur existence.


Samedi 23 novembre 2013 à 20 heures 50 - Jeanne d'Arc

Avant ses faits d’armes, Jeanne d'Arc était une jeune fille que son père voulait marier au plus vite. Mais entre-temps, la bergère a entendu les voix de sainte Catherine, sainte Marguerite et saint Michel. Ces derniers lui ont enjoint de rester chaste et de se vouer à sa mission. D’ailleurs n’existe-t-il pas une prophétie disant qu’une pucelle sauvera la France ? De Vaucouleurs à la rencontre avec le Dauphin à Chinon, de la conquête d’Orléans à la défaite devant Paris, du procès au bûcher, voici une fidèle reconstitution de la vie de celle qui n’avait ni le sexe, ni les origines, ni l’âge qu’il fallait. Avec, au-delà de l'épopée, un regard sur une société médiévale complexe et les rapports de force politiques entre la royauté et l’Église qui ont pesé sur le déroulement du procès.


Samedi 23 novembre 2013 à 21 heures 40 - Louise de Prusse

Aristocrate lettrée, elle épouse par amour le prince-héritier de Prusse Frédéric-Guillaume et séduit très vite le peuple et la bourgeoisie éclairée. Fine politique, amie de Hardenberg, grand réformateur de l’État prussien, ses idées sont beaucoup plus affirmées que celles de son mari, notamment lorsque Napoléon décide d’en découdre avec toutes les puissances européennes. Elle plaide pour la guerre et pour une alliance avec la Russie d’Alexandre Ier… Une fois les hostilités ouvertes, elle se rend régulièrement sur les champs de bataille pour soutenir le moral des troupes. Mais il lui faudra vivre les défaites d’Austerlitz, d’Iéna et d’Auerstedt. En 1807, elle obtient une audience et un dîner avec Napoléon à Tilsitt, espérant négocier des conditions moins dures pour son pays. En vain. Bien que sensible au charme de la belle Prussienne, l’empereur restera intraitable sur les territoires à annexer. Ces revers, ses nombreuses grossesses (dix avec sept enfants qui survivront, dont quatre auront des destinées royales voire impériales), une infection pulmonaire finiront par avoir raison de Louise qui mourra en 1810, âgée d'à peine 34 ans, sans avoir vu sa patrie libérée.


Samedi 23 novembre 2013 à 22 heures 30 - Sophie Scholl

Élevée comme un garçon, elle devient ensuite une étudiante émancipée – elle conduit, fume et a un amant. Un temps séduite, avec ses amis, par l'esprit de franche camaraderie des jeunesses hitlériennes, elle rentrera très vite en résistance en rejoignant le groupe de la Rose blanche qui veut convaincre ses compatriotes que l’Allemagne court à sa perte. Sophie est chargée de trouver du papier et des timbres pour leurs tracts et se rend même en dehors de Munich pour les distribuer. C’est à l’occasion d’une action à l’université de Munich le 18 février 1943 qu’elle et son frère se feront arrêter. Lors du procès, elle fait preuve d’un courage et d’un engagement exemplaires. Alors que l’accusateur de la Gestapo Robert Mohr lui aurait suggéré de prétendre avoir agi non par conviction politique, mais par simple affection pour son frère qui l‘aurait embrigadée, elle ne se renie pas. Ce qui lui vaudra d’être guillotinée le 22 février.


Samedi 30 novembre 2013 à 20 heures 50 - Cléopâtre

Elle aura été le dernier pharaon d’Égypte. Douée pour le pouvoir et la chose politique, Cléopâtre gouverne entre 51 et 30 avant J.-C., d’abord avec ses frères et époux Ptolémée XIII et XIV, puis avec les Romains. Parlant neuf langues, c'est une négociatrice hors pair avec les souverains étrangers et les diplomates. Son objectif est avant tout de protéger l’indépendance de l’Égypte. En – 48, elle entame une liaison avec César, à qui elle donne un fils, Césarion. Plus tard, elle doit le suivre à Rome : elle trouve la capitale bien ennuyeuse, mais réussit à devenir une icône de la société romaine. L’assassinat de César, en 44 avant J.-C., l'oblige à fuir et à se réfugier à Alexandrie. Marc-Antoine, qui s’est vu accorder la partie orientale de la Méditerranée, vient s’installer en Égypte et tombe à son tour sous le charme de la souveraine. Mais c’est compter sans les ambitions d’Octave, le futur Auguste. Une bataille plus tard (à Actium, en – 31), le clan d’Auguste s’acharne sur la "putain du Nil". Cléopâtre préfèrera la mort à la douleur de voir l’Égypte tomber sous le joug d'Octave.


Samedi 30 novembre 2013 à 21 heures 40 - Élisabeth Ière d'Angleterre

Pas facile d’être la fille d’Anne Boleyn, la deuxième femme du terrible Henri VIII : furieux de ne pas avoir d’héritier mâle, son père n’assiste pas à son baptême. Elisabeth reçoit néanmoins une excellente éducation – langues, philosophie, théologie, musique, poésie... Après le règne sanglant de sa demi-sœur Marie Ire, qui l’a faite emprisonner à la Tour de Londres, Elisabeth monte sur le trône. Mais elle refuse de se marier et demeurera à jamais la "Reine vierge". Elle gère parfaitement son royaume et lui redonne une place enviée en Europe. Personnalité énigmatique, elle protège d’abord sa cousine écossaise Marie Stuart, avant de la condamner à l’échafaud. Sa plus grande victoire sera sans doute celle sur Philippe II et son Invincible Armada en 1588. Faute de descendant, Élisabeth est suivie sur le trône par le fils de Marie Stuart. Sa mort en 1603 signe la fin de la dynastie des Tudor.


Samedi 30 novembre 2013 à 22 heures 25 - Catherine II de Russie

Princesse d'un minuscule État allemand, Sophie Auguste Friederike von Anhalt-Zerbst (1729-1796) n’a que 14 ans lorsqu’elle va en Russie pour être présentée au prince-héritier Pierre. Sophie devient Catherine et se convertit à la religion orthodoxe. Pierre est un mari maladif, faible, infantile. Alors Catherine dévore les livres de penseurs, d’historiens et d'érudits, de l'Antiquité aux Lumières – Plutarque, Machiavel, Montesquieu, Diderot, Voltaire. Et commence à prendre des amants. En 1761, Pierre III monte enfin sur le trône. Craignant d’être évincée, Catherine se fait couronner impératrice l’année suivante. Quelques jours plus tard, son mari meurt accidentellement. Elle a désormais les mains libres et règnera dès lors sans partage durant trente-quatre ans. Ses appétits sexuels font scandale – elle aura vingt et un favoris "officiels" –, mais choisit des hommes qui sont aussi de bons conseillers en politique comme Orlov et Potemkine. Elle entreprend de faire de la Russie un État moderne : réforme de l’administration centrale et régionale, politique de santé, création d’écoles. Elle rédige des essais et des codes (pour la noblesse, pour les villes) qui expliquent ses intentions. Mais la souveraine "éclairée", la "Lumière du Nord", n’est guère sensible au sort des paysans et des serfs. À l’extérieur, elle mène une politique agressive pour étendre les territoires de son empire, lutte contre les Turcs, organise le dépeçage de la Pologne. Elle meurt à 67 ans d’une crise cardiaque.

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