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Lucas, Manu, Philippe, Jacob et Mario s’aiment depuis l’enfance. Ils ont du talent et de l’espoir. Ils rêvent de musique et de gloire. Leur groupe de rock, LUST, connaît un succès grandissant, mais les aspirations de chacun rendent incertain leur avenir commun. L’arrivée de Laura dans leur vie va bousculer un peu plus ce fragile équilibre.

Un film de Christopher Thompson
Durée : 1h40
Sortie le 17 mars 2010

Avec : Marc-André Grondin, Arthur Dupont, Élisa Sednaoui, Géraldine Pailhas, François Civil, Jules Pelissier, Abraham Belaga, Naomi Greene, Karole Rocher, Dominique Reymond, Noémie Lvovsky ...

Le Groupe


Lucas (Marc-André Grondin)

Tout tourne autour de ses décisions. De son ambivalence. Il est le pivot du film. Le groupe se lance lorsqu’il revient, et se dissout lorsqu’il part. À travers Lucas, le film parle du renoncement et de l’acceptation d’une réalité qui s’impose vis-à-vis d’un rêve. Il voit qu’il n’arrivera pas à s’installer dans une vie de musique et prend une autre direction. Il revient par amour pour son copain, et pour ses copains en général, mais plus que les autres, il est conscient de la fragilité de ce qu’ils construisent et il ne cesse de flirter avec l’option d’une autre vie. Son retour est, en quelque sorte, un adieu. Marc- André Grondin a une délicatesse et une maturité qui font ressentir tout le conflit que Lucas porte en lui, dès le début de l’histoire : cette lucidité où se côtoient la joie et le pressentiment de sa fin.


Manu (Arthur Dupont)

C’est quelqu’un qui se met en danger, tout le temps, et qui est pourtant très solaire. Son charisme et son talent sont un repère pour les autres. Mais il fait partie de ceux qui peuvent aller jusqu’au sacrifice. Manu joue avec sa vie. Il y a en lui comme une prédestination. C’est à la fois fascinant et effrayant. Trouver un interprète qui puisse chanter lui-même les morceaux du groupe en étant convaincant, c’était l’équation à résoudre pour réussir le film. Arthur Dupont a été une rencontre providentielle.


Philippe (Abraham Belaga)

Il est solide et carré. Il est pour moi l’archétype du batteur : quelqu’un de très physique et de posé à la fois. Abraham Belaga véhicule cette force tranquille. Philippe fait des études de musique, au conservatoire. Il se construit. Même si le groupe explose, il est celui qui, quoi qu’il se passe, sera toujours musicien. Ce n’est pas un hasard si, de tous les garçons du groupe, il est celui qui est attiré par la directrice artistique (Géraldine Pailhas), plus séduisante à ses yeux que les filles de son âge. Il est prêt pour cette aventure.


Jacob (Jules Pelissier)

Jacob est, comme Lucas, confronté au choix douloureux entre rêve et réalité, rock et comptabilité. Comme il n’a pas réglé tous ses problèmes d’ado avec les filles, on se fout de sa gueule parce qu’on lui attribue la place du “puceau”. Dans la vie, Jules Pelissier est complètement à l’opposé de son personnage mais il s’en est emparé avec beaucoup de finesse. Il y a toujours besoin de «piliers» dans un groupe, de leaders. Il y a ceux qui entraînent et ceux qui soutiennent. Jacob fait partie des seconds. À travers sa relation avec sa grand-mère, on perçoit sa sensibilité et toute l’attention qu’il porte aux autres. Avec la mort de Babcia on le voit perdre un peu de son innocence, tout en gardant son caractère enjoué. L’expérience qu’il traverse dans le film le rend de plus en plus fort et mûr. On le voit grandir.


Mario (François Civil)


C’est le copain «pas musicien»... qui a une vision : lui, il sait qu’ils forment un bon groupe. D’ailleurs pour lui, LUST est tout simplement le plus grand groupe du monde ! François Civil le joue avec une grande sincérité qui accentue sa force comique. Il est leur premier spectateur, leur nounou, leur regard, et c’est justement ce dont ils ont besoin. Dans l’histoire du rock, dans tous les groupes, il y a toujours «celui qui les a découverts», qui les a accouchés, accompagnés : Andrew Loog Oldham pour les Stones, François Ravard pour Téléphone... Mario rêve de ça. Il affirme dès le début du film : «Je suis la mémoire de ce groupe...» Il s’est attribué ce rôle et enregistre avec sa caméra Super-8, tout ce qui se passe, anticipant pour eux la postérité. Parce qu’il sait, déjà, qu’ils vivent probablement leurs meilleurs moments et qu’il faut les capter d’une manière ou d’une autre. J’aime sa façon spontanée de considérer le passé comme un élément vivant. Dans la bande, il est celui qui assume, avant l’heure, cette part de nostalgie, de la façon la plus belle qui soit.


Autour du groupe


Laura (Élisa Sednaoui)


Elle est celle dont tout le monde est amoureux. Elle-même étant une amoureuse... de la musique. C’est une solitaire que la musique accompagne, entoure et structure. Élisa Sednaoui incarne cette ambiguïté d’être à la fois fatale et attachante. Laura arrive dans le groupe et l’enflamme puis brûle ailleurs. Sa liberté est de ne pas se trouver là où on l’imagine. Elle aime deux garçons en même temps sans états d’âme mais avec la même sincérité.

C’est une jeune femme libre, livrée trop tôt à elle-même, avec une famille absente, déracinée. C’est une séductrice, plus fragile qu’il n’y paraît, qui se rassure dans les bras des garçons. Elle se cherche une famille, comme on cherche une couleur musicale, et elle semble vouloir tout essayer avant de se fixer.


Prune Angeli, la directrice artistique (Géraldine Pailhas)

Elle a été une égérie du rock, a fréquenté les grands. On s’imagine qu’elle a connu Woodstock et Altamont, une mythologie qui fait rêver les membres de LUST. Elle est une ex-groupie, une version plus mûre du personnage de Laura. Elle sait exactement ce que le groupe est en train de vivre. Elle en a l’expérience et elle en connaît la force et la fragilité. Elle observe le groupe se faire et se défaire en vivant une histoire avec l’un des musiciens, elle se fond dans leur aventure, en devenant une sorte d’ange gardien.


Rizzo (Naomi Greene)


C’est la petite soeur de Jacob. C’est un satellite qui se nourrit de la proximité du groupe. Elle les a regardés de loin, toujours présente, mais a refusé d’être leur choriste et elle répète seule dans leur local lorsqu’il est vide. C’est une musicienne plus solitaire qui n’a pas forcément besoin des autres pour s’accomplir. Quand on entend chanter Naomi Greene, c’est imparable. Sa voix est d’une grande pureté et son talent d’auteur/ compositeur énorme. Elle exprime à elle seule autant de force que tout un groupe. C’est sur un regard de Rizzo que le film s’achève. Elle ouvre une nouvelle voie, elle entre dans un nouvel âge.


Marina, Françoise et Babcia (Dominique Reymond, Karole Rocher, Solange Najman)

La mère de Lucas (Dominique Reymond) est organisée, posée, compréhensive. Elle est psy et vit dans un intérieur bourgeois rassurant où l’on sent que le frigo est toujours plein. Chez Lucas, l’idée d’un foyer prend du sens. La mère est une intellectuelle qui est dans la compréhension de ses enfants, parfois jusqu’à un point un peu caricatural et agaçant. Elle anticipe le désir de son fils de se défaire du groupe et le pousse à s’accomplir individuellement. Elle sait que les décisions de son fils sont encore liées au destin de Manu. Dans ce rôle, Dominique Reymond est d’une ambivalence parfaite. Elle est protectrice mais elle a certains éléments en son pouvoir qui pourraient tout déstabiliser.

La mère de Manu (Karole Rocher), elle, est hôtesse de l’air, et sa vie avec son fils est un tourbillon. C’est une mère trop jeune, ce qui rend la fragilité de leur relation encore plus sensible. Et la composition de Karole Rocher, d’une femme indépendante et libre, accentue cette proximité. Françoise a élevé son enfant seule et ils ont grandi ensemble. Ils partagent le même appartement mais en usant de codes comme le feraient des colocataires, non pas comme une mère et son fils. J’ai voulu une actrice plus jeune que le personnage pour accentuer cette confusion des rôles. Leur relation devient belle dans ce déséquilibre. Ils cherchent l’un et l’autre comment se repositionner pour se retrouver.

Babcia, (Solange Najman), la grand-mère de Jacob. Elle ne parle que Yiddish, personne ne la comprend, et pourtant on devine tout. Elle est dans le film l’axe de la mémoire et de la transmission. Alors que LUST est à des années lumières de son univers, elle leur donne toute sa confiance, et ça les porte. Elle ne les juge pas et les accueille avec sa générosité et ses gâteaux. Autant dire qu’elle est indispensable.


(Source : D.P)


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Marc-André Grondin, Arthur Dupont, Christopher Thompson, Géraldine Pailhas et Elisa Sednaoui parlent du film "Bus Palladium"


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Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /Mars /2010 07:22
- Publié dans : Cinéma - Par Bono - Ecrire un commentaire
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