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Lucas, Manu, Philippe, Jacob et Mario s’aiment depuis l’enfance. Ils ont du talent et de l’espoir. Ils rêvent de musique et de gloire. Leur groupe de rock, LUST, connaît un succès grandissant, mais les aspirations de chacun rendent incertain leur avenir commun. L’arrivée de Laura dans leur vie va bousculer un peu plus ce fragile équilibre.

Un film de Christopher Thompson
Durée : 1h40
Sortie le 17 mars 2010

Avec : Marc-André Grondin, Arthur Dupont, Élisa Sednaoui, Géraldine Pailhas, François Civil, Jules Pelissier, Abraham Belaga, Naomi Greene, Karole Rocher, Dominique Reymond, Noémie Lvovsky ...

PASSAGES

Il y a un fort engagement à choisir un sujet sur lequel on va passer plusieurs années de sa vie. C’est encore plus vrai pour un premier film. J’ai longtemps trouvé ce choix impressionnant. Entre les scénarios que j’écrivais avec ma mère, Danièle Thompson, ou avec Thierry Klifa, qui est mon coscénariste ici, j’avais plusieurs idées autour desquelles je tournais depuis un an ou deux ; et puis je suis passé un jour devant une bande de jeunes et, en les regardant, je me suis souvenu de moi à cet âge-là, du sentiment d’amitié très fort, de l’aventure collective comme un cocon protecteur, qui rassure, mais peut aussi devenir un enfermement. Je les regardais de loin et en même temps j’avais l’impression d’être parmi eux. Je me sentais, finalement, à bonne distance, observateur et complice, avec l’intuition qu’il y avait là la matière d’un film. Un film qui raconterait des moments de passages. Un film qui, en intégrant la musique et la manière de la vivre en groupe, deviendrait pour moi un sujet personnel, parce que la musique fait partie de ma vie depuis toujours.

Je pense aussi qu’il y a une réelle difficulté à montrer la musique au cinéma, à saisir comment elle se fabrique en groupe, jusqu’au plaisir de l’interpréter, ensemble, et avec le public sur une scène. Cela devient un défi de mise en scène, et pas seulement une composante du scénario.

Et ici l’envie de musique est une mise à nu des rêves. Le film raconte ce passage du rêve d’un destin commun qu’on voudrait éternel à la réalité d’un destin individuel. Dans ce passage délicat, Manu et Lucas sont deux figures complémentaires, deux amis qui dépendent l’un de l’autre, mais que séparent des tentations inconciliables.



L’ÉPOQUE

Même si on a beaucoup travaillé sur les décors et les costumes pour donner l’impression d’un passé proche, j’ai voulu éviter une reconstitution tranchée, en écartant au maximum les clins d’oeil anecdotiques qui rappellent une époque précise à travers des objets, des voix à la radio, etc… Peu de choses sont datées, même si l’on reconnaît l’air du temps. Le film se passe assurément dans les années 80, mais les personnages sont plutôt 70’s dans leur manière de s’habiller, de faire de la musique. C’est que le film n’évoque pas la nostalgie d’une époque, mais la nostalgie d’un âge. Avec Manu et Lucas, on est dans la vérité des sentiments d’adolescence, avec une intensité et une pureté qui tient à la fulgurance d’une période de la vie dont on sait, sans se l’avouer, qu’elle est forcément éphémère. Et, dans un groupe de musique, l’énergie vient justement de l’envie dévorante de perpétuer indéfiniment cette explosion de l’adolescence. Mais pour combien de temps ?


LE ROCK

La musique appartient à tout le monde. Elle fait partie de l’expérience intime de chacun. C’est ce qui fait la force du rock. Il est formateur d’identité. Chacun se crée son panthéon personnel. Ce film est ma version, la transfiguration des images et des sons qui m’ont marqués. De plus le rock est porteur de tellement de mythologies que je n’ai pas cherché à les éviter mais au contraire à jouer avec certaines d’entre elles. Il y a des éléments que je voulais intégrer absolument comme le local de répétition, le bus de la tournée, ou les «groupies». Ce sont des passages obligés du fantasme rock.


FAMILLES

Quelle que soit la bande, c’est toujours plus ou moins le même fonctionnement interne. Chacun y a une place précise, donnée par les autres ou qu’il a fallu conquérir. Chacun tient son rôle. Comme dans une famille. Ce sont les mêmes dynamiques, les mêmes archétypes aussi. On y retrouve les mêmes figures : l’enfant brillant, le turbulent, le timide, le fanfaron. Et la question qui traverse ces groupes est toujours la même aussi : qu’est-ce que l’on est pour les autres ? Qu’est-ce qu’on attend de vous ? Et jusqu’à quel point peut-on remplir cette attente ? En revoyant deux «films de bandes» que j’aime beaucoup, AMERICAN GRAFFITTI et LES VITELLONI, je me suis rendu compte que Lucas et Fellini, avec des approches complètement différentes, racontaient bien la même chose : la sortie du cocon que représente l’univers de son adolescence. Ils observent une étape de la vie et l’originalité tient au regard spécifique de chacun. Mais ils font appel aux mêmes sentiments, aux mêmes réflexes. Avec Thierry Klifa, mon coscénariste, on a exploré à notre manière cette thématique du «départ» qui rompt le pacte adolescent, qui met en péril l’équilibre de la «famille».


Le groupe

Dans le film, les personnages vivent ensemble depuis longtemps et leurs liens sont presque de l’ordre familial. Manu et Lucas se connaissent depuis l’école primaire. Avec les autres, cela date sans doute du collège ou du lycée. Mais à leur âge, ce temps passé ensemble c’est déjà une énorme partie de leur vie. Par instants, ils ont conscience que rien ne sera jamais plus fort, en tout cas que rien ne sera pareil «après».



Ecrire avec Thierry Klifa

BUS PALLADIUM est le quatrième film écrit avec Thierry Klifa après UNE VIE À T’ATTENDRE, LE HÉROS DE LA FAMILLE et LES YEUX DE SA MÈRE (en tournage actuellement). Avec Thierry, il y a une confiance et une intimité à la fois dans la vie et dans le travail. On se connaît depuis presque vingt ans. On était amis avant de travailler ensemble.

Il y a une générosité dans le travail de scénariste, parce qu’on travaille pour l’autre. Quand Thierry participe à mon scénario, il le fait pour moi. Quand je travaille sur son film, c’est pour lui. On se complète, on a des réflexes d’écriture différents dont la confrontation se révèle très fructueuse. C’est sur ces différences que nous nous appuyons pour avancer. Écrire un scénario est un travail très âpre et souvent décourageant. Mais nous savons que si l’un faiblit, l’autre est là pour le ramasser. Pour BUS PALLADIUM, quand je partais dans des directions très personnelles, Thierry faisait en sorte que les idées reviennent servir l’intérêt du scénario. Que cela ait un rapport réel avec le récit.

À travers le travail avec Thierry, mon expérience personnelle s’est transformée en une fiction à part entière. BUS PALLADIUM n’est donc pas complètement autobiographique.


Mettre en scène

L’énergie que véhicule la musique dans le film, je voulais qu’elle se retrouve à l’image. Avec Rémy Chevrin, le chef opérateur, on a cherché une image qui ne soit surtout pas lisse mais contrastée, parfois granuleuse. La caméra est très mobile. C’est un âge et une musique qui traversent beaucoup de turbulences... J’ai aussi montré à Rémy et aux acteurs de nombreux films parmi lesquels GIMME SHELTER, ONE + ONE, DIG, ou COCKSUCKER BLUES. Des documents étaient très utiles pour expliquer l’esthétique et l’état d’esprit que je voulais pour ce film.

Et puis il y a le choix d’aller vers une lumière de plus en plus vive et aveuglante à mesure que les personnages s’approchent d’un paroxysme dans leur relation, comme dans ce plan final où Rizzo se tourne vers la fenêtre et vers l’avenir.

(Source : D.P)


A lire et à voir en cliquant sur les liens suivants :

Bus Palladium : Extraits vidéos


Bus Palladium : Film annonce

Marc-André Grondin, Arthur Dupont, Christopher Thompson, Géraldine Pailhas et Elisa Sednaoui parlent du film "Bus Palladium"


Interview de Géraldine Pailhas et Elisa Sednaoui pour le film "Bus Palladium"

Interview de Christopher Thompson, réalisateur du film "Bus Palladium"

Interview de Marc-André Grondin et Arthur Dupont pour le film "Bus Palladium
Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 15:23
- Publié dans : Cinéma - Par Bono - Ecrire un commentaire
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