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Publié par Aanil

ARTE diffuse, mercredi 21 mai 2014 à 22 heures 35, le documentaire réalisé par Pola Rapaport "Écrivain d'O".

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© INA


En 1954, le jeune éditeur Jean-Jacques Pauvert publie confidentiellement "Histoire d’O", roman érotique signé Pauline Réage. Ce n’est qu’en 1994 que l’auteur dévoile sa véritable identité au grand public : Dominique Aury était à l’époque éditrice chez Gallimard. Pola Rapaport retrace l'histoire de ce long secret.


En 1954, le jeune éditeur Jean-Jacques Pauvert publie confidentiellement Histoire d’O, roman érotique signé Pauline Réage. Très vite, le livre cesse d’être un objet de curiosité et commence une longue carrière de best-seller, s’exposant aussi aux critiques et aux poursuites judiciaires. Histoire d’O fait scandale et continue de se vendre, mais on ignore toujours qui se cache derrière le pseudonyme de Pauline Réage. Ce n’est qu’en 1994 que l’auteur dévoile son identité au grand public : Dominique Aury était à l’époque éditrice chez Gallimard, amante de Jean Paulhan. C’est pour lui qu’elle avait écrit ce livre…

La fille amoureuse

Écrivain d’O est l’histoire de plusieurs secrets : celui que renferme ce roman sulfureux, écrit pendant la nuit, fruit d’une relation amoureuse clandestine. Celui d’une femme qui, pendant plus de quarante ans, a assisté en silence – et non sans amusement – aux déboires et aux succès de son livre. Derrière Pauline Réage se cache Dominique Aury, mais comme l’avoue la vieille dame avec malice, Dominique Aury est aussi un pseudonyme… Le film de Pola Rapaport explore le motif de la dualité et l’intègre dans une écriture originale qui mêle témoignages, archives et mise en images de certaines scènes du livre. Quant à Dominique Aury, elle apparaît en personne, ou bien incarnée par Catherine Mouchet dans des scènes adaptées d’Une fille amoureuse, l’essai que l’auteure a consacré à toute cette histoire. Jean-Jacques Pauvert, Régine Deforges et d’autres écrivains, éditeurs, journalistes, commentent le phénomène Histoire d’O. Censure et liberté de l’imaginaire, sexe et littérature, secret et provocation sont au centre de ces interventions. Dominique Aury revient sur le sens ambigu de son livre, histoire d’une femme-objet consentante qui paradoxalement soumet les hommes à son désir de destruction. Un roman qui, sans être féministe, représentait une prise de parole qui n’a rien perdu de son pouvoir de provocation.

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