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Publié par Aanil

ARTE diffuse, vendredi 16 mai 2014 à 23 heures 10, le documentaire réalisé par Raphaël Rivière "En haut de l'affiche".

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À l'Académie internationale de la danse de Paris, les journées démarrent tôt et finissent tard. Certains élèves suivent les cours en même temps que leur scolarité au collège. D'autres mènent de front ce cursus et une activité professionnelle pas toujours gratifiante. Le réalisateur suit trois jeunes élèves dans cette traversée douce-amère qui mène de l'adolescence à l'âge adulte.


À l'Académie internationale de la danse de Paris, les journées démarrent tôt et finissent tard. Certains élèves suivent les cours de danse et de comédie musicale en même temps que leur scolarité au collège. D'autres doivent mener de front ce cursus et une activité professionnelle pas toujours gratifiante. Telle une Joséphine Baker des temps modernes, Assan, d'origine antillaise, doit ainsi se livrer à de dangereuses prouesses en pagne léopard devant les passagers ravis d'un bateau-mouche.

Portraits de jeunes gens

Plutôt que de multiplier les angles de vue, Raphaël Rivière a choisi de filmer trois élèves de l'établissement issus de différents milieux et à divers stades de leur cursus : Assan, danseur quasi professionnel sur le point de prendre son envol, Julie, qui a du mal à accepter ses rondeurs, et Salomé, la plus jeune, qui tente de masquer par l'exubérance les tourments que lui cause sa relation avec son père. Il les a suivis durant plusieurs mois, captant aussi bien les cours que la vie privée, intime, les moments de flottement, les discussions avec les proches. Il mesure aussi l'espace qu'il reste à combler pour passer du rêve à la réalité, et les doutes qui surviennent à un âge où les jeux ne sont pas encore faits. Julie a-t-elle envie de s'imposer la discipline d'athlète que requiert le métier de danseuse ? De pause clope mélancolique en rude épreuve de concours, l'ambiguïté demeure. Par ailleurs, que se passera-t-il si Assan réussit l'audition de la prestigieuse Alvin Ailey Compagny, à New York ? En quelques séquences, la caméra donne la mesure de l'appréhension de ses proches à l'idée de ce départ et la détermination du jeune danseur. Les trois jeunes gens se révèlent peu à peu et laissent filtrer leur constante évolution. La plus frappante est celle de Salomé qu'on voit passer en peu de temps du stade de petite fille délurée à celui de garçonne plus grave et plus vraie. On ne sait si tous deviendront acteur ou danseur. Mais dans ce film, la formation artistique se confond avec la quête et l'affirmation de soi. C'est au final à trois subtils portraits de jeunes gens qu'il nous convie, trois photographies captivantes, émouvantes et parfois drôles.

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