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Publié par Aanil

Au sommaire de l'émission "Complément d'Enquête", diffusée jeudi 20 février 2014 à 22 heures 15 sur France 2 :

Complément d'enquête


Deux fois par mois, ce magazine, présenté et préparé par Benoît Duquesne, aborde en profondeur un sujet de société, décliné sous des angles multiples. Tournée en extérieur, sur des lieux directement concernés par le thème traité, cette émission alterne, durant près de 70 minutes, des reportages, des enquêtes et des témoignages. Son but est d'éclairer au maximum les téléspectateurs sur un sujet difficile et controversé. A chaque émission, Benoît Duquesne reçoit plusieurs invités. Ensemble, ils analysent les nombreuses problématiques liées au sujet et tentent d'y apporter des réponses susceptibles d'éclairer le téléspectateur.


Cannabis : les sacrifiés du pétard


Dépression, accès de violence, paranoïa … C'est l’autre vérité du cannabis. Les adolescents qui fument avant 14 ans auraient quatre fois plus de risques de devenir schizophrènes! Alors que le débat resurgit sur la dépénalisation du cannabis, alors que certains Etats comme le Colorado aux Etats-Unis se lancent dans l’aventure, Complément d’enquête sur une plante objet de tous les fantasmes et de tous les trafics.

Enquête en France sur les sacrifiés du pétard: jeunes adolescents hospitalisés, familles déchirées, parents désemparés, tout ceux dont la vie a basculé à cause du "shit". Enquête au Maroc, l’un des plus gros producteurs du monde. Les cultivateurs sont transformés en OS du cannabis, vivant dans la semi-clandestinité et exploités par les gros trafiquants. Pour en finir le pays envisage de réglementer cette production.

Ensuite nous irons au Népal, sur les chemins de Katmandou et de la fumette sans contrainte. Que reste-il de ce mythe ? Que sont devenus les hippies des années 50 ?


Une drogue pas si douce
Un reportage de Nathalie Sapéna et Loup Krikorian

Près d'un ado sur deux en France dit avoir déjà touché au cannabis, et les parents sous-estiment souvent les conséquences de cette consommation, généralement jugée inoffensive. Elle peut pourtant avoir des effets dévastateurs sur les adolescents: les "joints" fumés aujourd''hui sont beaucoup plus chargés en THC, le principe actif du cannabis. Ce dernier aggrave les risques de schizophrénie sur les sujets les plus fragile. Complément d'Enquête sur ces jeunes que le pétard a envoyé à l'hôpital psychiatrique.


Maroc : les forçats du hashisch
Un reportage de Romain Boutilly et Olivier Gardette

Le Maroc, l'un des plus gros producteurs du monde, va-t-il à son tour libéraliser la culture du "kif"? Une proposition de loi en ce sens a été déposée par l'opposition. Objectif numéro un: sortir de la misère et de la clandestinité les récoltants, exploités par les gros traficants. Ils vivent dans une semi-clandestinité, sans cesse contrôlés par la police, avec un salaire minimum et aucune protection sociale. Enquête sur le prolétariat du cannabis, très loin des fortunes générées par le trafic international.


La malédiction de Katmandou
Un reportage de Yvan Martinet et Yann Moine

Ils sont loin, les mirages du "peace and love". Glorifié par l'imagerie hippie, le cannabis s'était imposé dans les années 60, dans la foulée d'un folklore mystique tout droit venu des Indes. Retour à Katmandou, la capitale du Népal, l'ancienne Mecque des fumeurs de joints. Certains n'en sont jamais repartis, et le "tourisme de la défonce" est devenu au fil des années un cauchemar pour les autorités locales.

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Julien 22/02/2014 13:36


COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Complément d'enquête

LA PEUR COMME ULTIME ARGUMENT ?

En choisissant délibérément d’aborder le sujet du chanvre récréatif d’un point de vue anxiogène, la rédaction du magazine Complément d’enquête de France 2 n’a pas fait que répéter l’éternel
refrain sur la « jeunesse en danger ». Elle a surtout contribué à affoler un peu plus les parents d’adolescent(e)s dont on sait l’inclination naturelle à manifester une certaine défiance à
l’égard des adultes.
Il est aussi ridicule et stérile d’évoquer la consommation du cannabis à travers ses usagers problématiques dont on sait aussi qu’ils sont très peu nombreux, que de parler de celle du vin par le
prisme de l’alcoolisme. Cela relève même de la malhonnêteté intellectuelle.

Mais le plus marquant dans cet exercice de stigmatisation d’une plante et de ses jeunes amateur(trice)s, c’est d’omettre de préciser qu’en tout état de cause, c’est bien dans le cadre d’un
système prohibitionniste total, pour ne pas dire totalitaire, que se produisent tous dommages dénoncés par ses propres partisans. Et Mme Danièle Jourdain Menninger, présidente de la Mildt, tout
en reconnaissant l’échec des campagnes de prévention, a bon dos de prétendre qu’on ne saurait trop dire ce qu’il adviendrait dans le cadre d’une réglementation. Sachant ce que provoque la
prohibition, nous sommes en droit de croire, madame, que ça ne pourrait guère être pire !

La surprise de l’émission est venue de la remarquable intervention de Me Francis Caballero, célèbre juriste antiprohibitionniste et promoteur du concept de « légalisation contrôlée ». Serait-ce
l’influence des cannactivistes que nous sommes ou le simple constat de la nécessité de s’adapter à la réalité du terrain ? Toujours est-il qu’en s’exprimant sur son modèle de légalisation, l’on
pouvait l’entendre évoquer la possibilité d’intégrer les « cannabiculteur(trice)s » et les revendeur(euse)s actuel(le)s dans une filière légale et envisager une distribution par le biais de «
cannabistrots » (sic !).
Reste à le convaincre de laisser aux cannabinophiles l’entière liberté d’autoproduire leur plante chérie.

L’indéniable bienveillance dont font preuve les médias à l’égard de la cause antiprohibitionniste depuis que le premier État prohibitionniste nord-américain, le Colorado en 1937, est devenu aussi
le premier à légaliser au 1er janvier de cette année, nous a semblé ce jeudi tout à coup moins évidente.
Mais le pire reste sans doute à venir avec le déchaînement de peurs irrationnelles que ne manquera pas de susciter lorsque le débat sera présenté devant l’un ou l’autre des parlements français et
européens. Un emportement au moins à la hauteur de celui qui anima le débat sur le mariage homosexuel.

Sans doute sera-t-il alors temps d’envisager une convergence des luttes entre les usagers des drogues, les femmes dont certains droits fondamentaux sont à présent remis en cause, les
travailleur(euse)s du sexe, les homosexuel(le)s, les migrants et sans doute encore bien d’autres minorités qui auront à subir l’inquiétante expression d’intolérance à laquelle nous assistons en
ce moment.

Fédération des CIRCs