Au sommaire du magazine de société "Faites entrer l'accusé" diffusée dimanche 14 octobre 2012 à 23 heures 10 sur France 2 :
Adeline Piet, la disparue de Cancale
Un document de Géraldine Laura
Adeline Piet a toujours aimé les enfants. Et elle en a eu sept ! Mais, du jour au lendemain, elle a disparu. Dans le village de La Gouesnière, à quelques kilomètres de Saint-Malo, personne n’a
compris. Elle avait peu d’amis, mais tout le monde connaissait cette mère courage. Elle ne passait jamais inaperçue, un enfant à chaque bras, une bouteille de gaz dans la poussette. Alors, tout
quitter, sans laisser de trace, ça ne lui ressemblait pas. Les gendarmes ont tout envisagé : la fugue, un départ pour une secte, l’accident, et même le suicide... Il leur a fallu deux ans pour
lever le mystère.
L’affaire commence le 3 juillet 2006. Benoît Piet est très inquiet. Il est sans nouvelle de sa femme, depuis la veille. La dernière fois qu’on l’a aperçue, Adeline se rendait à la gendarmerie de
Cancale où elle était convoquée. Une histoire de poules ; simple querelle de voisinage à régler… Mais les gendarmes l’ont attendue, en vain. Et le lendemain, c’est donc Benoît, le mari, qui s’est
présenté pour signaler la disparition de cette femme de 34 ans. Pendant des semaines, les enquêteurs ont frappé à toutes les portes, sondé puits et points d’eau, diffusé des photos d’Adeline et
des avis de recherche. Sans succès. Quand Benoît Piet leur signale que le dossier d’adoption de sa femme a disparu, les gendarmes imaginent alors qu’Adeline est partie à la recherche de ses
parents biologiques… Enfant, elle avait été adoptée, comme ses 25 frères et soeurs, par un couple d’instituteurs. C’est dans cette immense famille que la petite fille s’est découvert une passion
pour les bébés, avant de devenir, elle aussi mère de famille nombreuse. Mais les jours passent. Adeline ne revient pas. Ni sa famille, ni ses parents biologiques n’ont de nouvelles d’elle…
Benoît, lui, s’épuise. Avec sept enfants âgés de 2 à 15 ans, il tient seul la maison et a du mal à joindre les deux bouts. Les amis, la famille, et les services sociaux tentent de lui venir en
aide. Tandis que du côté des gendarmes, le père fait de plus en plus figure de suspect. Ils ont appris qu’Adeline avait décidé de divorcer, et que Benoit était censé quitter la maison quelques
jours après la disparition de sa femme. Une maison où il faisait régner la terreur. Intérimaire dans le bâtiment, il était le seul à travailler. Adeline, elle, restait à la maison pour élever les
enfants. Les disputes étaient de plus en plus fréquentes, les menaces verbales aussi. Un jour, Benoît aurait même tenté d’ étrangler sa femme.
Le 8 novembre 2006, en garde à vue, le mari nie toute implication dans la disparition d’Adeline. Mais deux ans plus tard, il craque ! Le 10 juin 2008, lors d’une nouvelle garde-à-vue, il explique
qu’Adeline s’est suicidée ! Benoît Piet l’a découverte le dimanche 2 juillet au petit matin, pendue à une poutre du garage. Pris de panique à l’idée d’annoncer la mort de leur mère aux enfants,
il l’a enterrée dans le jardin. Plus tard, il a exhumé le corps pour brûler ses restes sur le barbecue familial ! La thèse du suicide semble plausible, mais Benoît Piet a beau décrire la scène
avec précision, les gendarmes n’y croient pas. Et les experts le démontrent lors de la reconstitution. Alors, après la thèse du suicide, Piet assure que sa femme a été agressée par deux inconnus
! Lui même vit sous la menace de ces hommes. Mais il le jure, il n’a pas tué Adeline. Son procès s’ouvre devant la cour d’Assises d’Ille-et-Vilaine, en février 2011. Une fois de plus et devant
les enfants d’Adeline, l’accusé change de version… Et cette fois-ci, il avoue : il a tué sa femme accidentellement. La nuit du drame, ils se sont disputés violemment, Adeline l’a agrippé par
l’épaule, il l’a repoussée mais la chute a été fatale. Lassée par tant de rebondissements, la cour pousse Benoît Piet dans ses retranchements. Mais ses dernières déclarations finissent par
convaincre. Benoît Piet n’est finalement pas condamné pour meurtre. Il écope de 20 ans de réclusion criminelle pour homicide involontaire ayant entraîné la mort.
Intervenants
Nathalie Nicollier, fille d’Adeline Piet
Me Patrick Alain Laynaud, avocat d’Adeline Piet
Capitaine Philippe Andre, directeur d’enquête, section de recherches de Rennes
Me Pierre Stichelbaut, avocat de Benoît Piet
Patrick Labrosse, voisin
Le maréchal des logis chef Willy Chesne, brigade territoriale de Cancale puis section de recherches de Rennes
Le maréchal des logis chef Valérie Davy, brigade territoriale de Cancale
Le fils aîné d’Adeline Joël Hamel, maire de La Gouesnière
L’adjudant chef Yannick Ducros, brigade régionale de Saint-Malo
L’adjudant Mathieu Samson, section de recherches Rennes
Claudette Combes, mère adoptive d’Adeline Piet
Isabelle Gouriou, amie d’Adeline Piet
Alexandra Porter, amie de Benoît Piet
Adjudant Stanislas Barre, section de recherches de Rennes
Ange Piet, père de Benoît Piet
Directeur d’enquête, section de recherches de Rennes
Le professeur René Seux, expert judiciaire
Olivier Coldefy, expert psychologue
Me Colette Loas, avocate des enfants d’Adeline Piet
Samuel Sauneuf, journaliste, Le Pays Malouin
Me Jean-Louis Tellier, avocat des enfants d’Adeline Piet et Séverine Desbordes, avocatgénérale, cour d’appel de Rennes.
Dimanche 14 octobre 2012
7
14
/10
/Oct
/2012 09:27
-
Publié dans : France Télévisions
-
Par Aanil
0