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Publié par Aanil

France 2 diffuse, dimanche 27 novembre 2011 à 23 heures 05, le magazine de société présenté par Frédérique Lantieri "Faites entrer l'accusé.

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C’est désormais Frédérique Lantieri qui reçoit, raconte les étapes de l’enquête et interroge les invités en plateau. Pour la journaliste, longtemps chroniqueuse judiciaire (notamment au Quotidien de Paris et à L’Événement du jeudi), ce n’est pas tout à fait une première puisqu’elle était intervenue comme témoin dans l’émission de Faites entrer l’accusé consacrée à l’affaire dite de la josacine empoisonnée.

Cette fois, elle investit les lieux et prend ses quartiers dans le célèbre loft. Il faudra s’habituer à la voir, à l’issue de chaque émission, refermer la porte (mais sans blouson de cuir) et lancer le générique de fin (remix de la bande originale du Messager de Joseph Losey par Michel Legrand).

"Le passage de relais s’est fait sans rupture, de manière fluide. Je n’ai cherché ni à imiter ni à me démarquer, j’ai essayé d’être naturelle. Ensuite, évidemment, ma façon d’écrire et de raconter est assez proche de celle de Christophe Hondelatte. C’est un style journalistique qui privilégie les phrases courtes et le présent de narration." En se confrontant à toutes les affaires criminelles qui constitueront cette nouvelle saison de Faites entrer l’accusé (une vingtaine d’émissions inédites), la journaliste a retrouvé ce qui faisait le quotidien de la chroniqueuse judiciaire : "Au-delà de l’intérêt que l’on peut ressentir pour la résolution d’une énigme criminelle et pour le fonctionnement de la justice, on est chaque fois face aux ressorts humains les plus profonds. Parfois même, il me semble qu’on est dans la tragédie grecque. »



Michel Ambras, l'homme à la cigarette
Un document de Nicolas Glimois


C’est un simple mégot de cigarette qui a confondu le meurtrier de Willy Pomonti. Un mégot qui a "parlé" dix ans après le crime. L’architecte à la retraite avait été torturé à la perceuse. On l’a retrouvé, le 16 avril 1996, mort de douleur, dans sa maison de La Celle- Saint-Cloud. Mais sans les progrès techniques en matière d’analyse ADN, l’affaire serait close et l’assassin, Michel Ambras, courrait toujours ! Quand on découvre le crime, les murs, les meubles sont maculés de sang. Au sol, les experts retrouvent des dents. Le retraité a le crâne fracassé, les doigts écrasés, et sur les cuisses et les mains, de curieuses perforations. Le médecin légiste, qui l’examine, n’en revient pas... Willy Pomonti a été torturé à la perceuse jusqu’à l’arrêt cardiaque. Du jamais vu pour l’expert. Devant l’horreur du crime, la PJ de Versailles multiplie les auditions. Famille, voisinage... Qui pouvait en vouloir à ce point au retraité ? Un client ? Un rival ? Mais l’hypothèse d’une vengeance tourne court. L’homme était apprécié de tous et ne comptait pas d’ennemi. Dans la maison, les policiers ne relèvent aucune trace d’effraction. Quelques objets ont bien disparu : un magnétoscope, et d’autres broutilles... Mais s’il s’agit d’un cambriolage, pourquoi avoir ainsi torturé un homme qui ne cachait chez lui, ni coffre, ni trésor ! Seule piste : quelques mégots de cigarettes, retrouvés dans la chambre, dans le salon. Des cigarettes d’une marque que Willy Pomonti ne fumait pas. Mais les analyses ADN ne donnent rien. La découverte de la voiture de Willy Pomonti, à Ivry-sur-Seine, quelques mois plus tard, non plus. Là encore, la PJ piétine. Et d’année en année, la famille de l’architecte perd espoir. Quand, en 2004, une nouvelle juge d’instruction décide de relancer le dossier. Huit ans après le meurtre, la justice dispose de nouveaux moyens : le FNAEG, le fichier national des empreintes génétiques, s’est élargi et la probabilité de retrouver le tortionnaire du retraité est plus forte. Alors, elle renvoie les mégots à l’analyse. L’opération de la dernière chance. Après cela, il faudra se résoudre à clore le dossier. Et ça marche ! Dix ans après les faits, la génétique vient au secours des enquêteurs : les mégots de cigarette appartiennent à un dénommé Michel Ambras. Un filou, un escroc à la petite semaine, que les policiers n’auraient jamais rapproché de Willy Pomonti. D’ailleurs, les deux hommes ne se connaissaient pas. Reste à comprendre, ce que Ambras, qui habite Aulnay-sous-Bois, dans la banlieue nord de Paris est venu faire à La Celle-Saint-Cloud ? Et surtout, pourquoi, cet homme, qui n’a jamais fait preuve de violence, se serait transformé en tortionnaire ? En garde à vue, il commence par nier : il n’est jamais venu de sa vie à La Celle-Saint-Cloud. Une erreur monumentale, quand les policiers savent qu’il y a fumé des cigarettes un jour ! Mis devant les faits, Ambras est finalement obligé d’admettre qu’il s’y est arrêté. Mais sa version ne tient pas debout. Alors, au fil du temps, il en construit une autre : celle d’un complice, un certain Lepetit, qui l’aurait entraîné dans un cambriolage. Lui faisait le guet pendant que l’autre torturait le retraité. Et quand il a découvert le massacre, Lepetit l’a menacé. Alors, Ambras s’est tu. Les policiers recherchent ce Lepetit et découvrent qu’Ambras en a bien connu un, lors d’un de ses séjours en prison. Mais l’homme est mort. C’est peut être pour cela que l’accusé tente aujourd’hui de lui faire porter le chapeau, tant l’horreur des faits qui lui sont reprochés est grande. Au procès, qui s’ouvre devant la cour d’Assises de Versailles, en septembre 2010, ni les experts, ni les témoins, ni l’accusé lui-même, ne peuvent apporter la moindre explication à ce déchaînement de violence. Ambras maintient qu’il n’était pas seul, sans pouvoir le prouver. Le jury le condamne à vingt-cinq ans de prison.


Intervenants

Eric Pomonti, fils de Willy Pomonti
Martine Ambras, soeur de Michel Ambras
Dominique Rizet, journaliste
Florence Pomonti, fille de Willy Pomonti
Le lieutenant Frédéric Accabat, PJ de Versailles
Marie-Odile Devillers, juge d’instruction
Maître Alain Fraitag, avocat de la famille Pomonti
Rachida, épouse de Michel Ambras
Maître Jean-Yves Liénard, avocat de Michel Ambras
Alain Dumez, expert psychologue
Rémi Crosson du Cormier, avocat général.

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