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Publié par Aanil

Au sommaire du magazine "Des Racines et des Ailes", diffusé mercredi 04 décembre 2013 à 20 heures 45, sur France 3 :

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Budapest, au fil du Danube


Pour son émission spéciale consacrée au fil du Danube, Des Racines & des Ailes, présentée par Patrick de Carolis, installe son plateau à Budapest, l’une des plus belles capitales d’Europe.

Nous vous ferons découvrir l’histoire du deuxième plus grand fleuve d’Europe : le Danube. Un fleuve qui prend sa source en Forêt-Noire et qui parcourt mille kilomètres jusqu’à Vienne. Nous traverserons des villes au patrimoine exceptionnel comme Ulm, Ratisbonne ou Melk, dont l’abbaye a inspiré « Le Nom de la rose ».

Puis nous irons à Budapest, une ville traversée par le Danube et dont les rives sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO. Au XIXe siècle, Budapest se pare de magnifiques édifices : des grandes halles au musée des Arts décoratifs en passant par le palais Gresham… des bâtiments aux styles hétéroclites qui mélangent des influences européennes et orientales.

Enfin le Danube finit son périple en se jetant dans la mer Noire par un delta qui sépare la Roumanie de l’Ukraine. C’est aujourd’hui l’un des plus grands espaces naturels d’Europe. Un univers de marais, de canaux et de lacs que nous allons découvrir à travers ses habitants. Des hommes et des femmes qui préservent, protègent et entretiennent cette nature hors du commun.


De la Forêt Noire à Vienne
Reportage : Isabelle Thomas, Guy Sabin, Alain Barnault, Cécile Lecante, Thierry Durel et Kléber Fleury

À voir l’impétueux petit torrent de montagne, rien ne laisse soupçonner que le Danube deviendra le deuxième plus long fleuve d’Europe. De la Forêt-Noire à la capitale autrichienne, nous suivrons ses mille premiers kilomètres.

Il faut au Danube plusieurs centaines de kilomètres avant de devenir navigable. Première étape : Ulm. Cette ville a bâti sa fortune sur des bateaux de transport spécialement conçus pour le peu de profondeur du fleuve. Nous montons à bord de l’une de ces « boîtes », comme on les appelait. Des bateaux à usage unique, que les « Amis du Danube » ont même reconstitués. Partout dans la vieille ville, se lisent encore les traces de ces métiers du fleuve.

Le Danube ne devient navigable aux gros navires qu’un peu avant Ratisbonne. Miraculeusement épargnée par les bombardements de la seconde guerre mondiale, Ratisbonne est aujourd’hui inscrite sur la liste du patrimoine mondial. Catherine Hummel, la présidente de l’association franco-allemande, nous fait découvrir sa ville, que la crue du Danube ampute parfois de ses îles. Sous le soleil, les rives se transforment en plages et l’Italie s’invite aussi dans les maisons patriciennes qui font la richesse de la ville. Ratisbonne a aussi été le siège du pouvoir du Saint Empire Romain Germanique, ébauche d’un « parlement » historique.

En amont de Ratisbonne, comme en aval, deux monuments étonnants surplombent le Danube : deux édifices voulus par Louis Ier de Bavière, l’un pour célébrer… les défaites de Napoléon, l’autre, temple grec insolite sur la rive du fleuve, est un panthéon de la culture germanique. Beaucoup d’anciens chemins de halage sont aujourd’hui des pistes cyclables. Et les cyclotouristes sont nombreux à découvrir le fleuve par cette méthode douce.

La vallée de la Wachau est une porte d’entrée célèbre en Autriche, pour sa production viticole. Un terroir intimement lié au Danube, comme nous l’explique Heinz Frischengruber, œnologue de la vallée. Une vallée qui fête son solstice d’été sur le fleuve. Le capitaine Schin est au moins autant marié au fleuve qu’à son épouse, et ne compte plus les heures passées sur le Danube. Un Danube qui a permis la construction de merveilles comme l’abbaye de Melk, qui fut un phare de culture au Moyen Âge. C’est elle qui inspira « Le Nom de la rose ».

Et si Vienne ne s’est pas bâtie sur son fleuve, Alexandre et son groupe nous en font découvrir toute la vitalité.


Budapest sur Danube
Reportage : Jean-Christophe Chatton, Jean-Christophe Hainaud, Olivier Launay et Genoveva Petrovits

Après Vienne et Bratislava, Budapest est la troisième capitale que le Danube croise sur son cours. Un fleuve qui est au cœur de la ville et de son histoire. Il y a 2000 ans, les Romains s’arrêtent au pied d’une colline, là où un gué permet de franchir ce qui est déjà le deuxième plus grand fleuve d’Europe. Ils fondent Aquincum.

Magyars, Turcs, Autrichiens, au fil des migrations et des invasions, cette cité va peu à peu s’agrandir, s’enrichir. Au XIXe siècle, poussée par une économie florissante, la ville connaît un essor considérable et devient l’une des grandes places du Vieux Continent.

Laszlo Bagi est historien. Des grandes halles au boulevard Elisabeth en passant par le musée des Arts décoratifs, il nous fait découvrir les trésors de Budapest qui bordent le Danube. Pour Lazlo, « le fleuve et la ville ont toujours vécu en symbiose. » Au milieu du XIXe siècle, les rives du Danube se parent de magnifiques édifices aux façades richement décorées. Illustration avec le Gresham Palace, un chef d’œuvre de la Sécession, la branche viennoise de l’Art nouveau. En 1904, une compagnie d’assurance-vie anglaise construit ce bâtiment pour en faire son siège social à l’étranger. Il sert également de résidence à ses clients aristocrates de passage dans la ville. Un siècle plus tard, l’adresse reste prestigieuse, le Gresham Palace est aujourd’hui un hôtel de luxe… placé sous la direction de Yves Giacometti qui nous ouvre les portes.

Le Danube, c’est l’une des plus belles avenues de Budapest. Gábor SZŐKE est le seul bateau-taxi de la ville. Vingt ans qu’il navigue ici. Tour de ville, rendez-vous d’affaire, évènements familiaux, Gabor fait selon le désir des clients, un service 7 jours sur 7 pour découvrir la cité autrement !

Le fleuve est devenu un argument de vente pour les agents immobiliers. Sébastien Walter est franco-hongrois, installé ici depuis 10 ans. Parmi les biens qu’il doit vendre en ce moment, un appartement ancien de 120 m², avec une belle hauteur sous plafond et surtout une vue sur le Danube… En hongrois, on l’appelle « Avec Panorama éternel ». Cette vue multiplie par deux le prix du bien.

Depuis quelques années, Sébastien vend beaucoup à des Français, des Allemands, des Anglais. Des étrangers séduits par la richesse architecturale de la ville mais aussi par ses traditions comme les bains.

Avec une vingtaine d’établissements magnifiques, la ville est l’une des grandes cités thermales d’Europe. Sébastien, lui, fréquente les splendides bains de Szechenyi. Il vient ici une fois par semaine minimum, pour la détente et le bien-être.


Les trésors du delta
Reportage : Jean-Christophe Chatton, Georges Pinol, Didier Pêcheur et Dorin-Ion Ilié

Le delta du Danube est un immense territoire en Roumanie, à la frontière avec l’Ukraine. C’est l’un des plus grands espaces naturels d’Europe, 5600 km² au total de marais et de canaux, entre ciel et eau dont une grande partie est inscrite depuis 1991 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Iluita Goean est guide. Il y a 10 ans, cet ancien avocat de Bucarest a tout quitté pour venir s’installer dans cette région sauvage. Son quotidien aujourd’hui : son bateau avec lequel il fait découvrir aux visiteurs toute la richesse des lieux et leur histoire. Il vit à Mila 23, un village constitué de dizaines de maisons qui s’étire le long d’un canal. Mila 23, avec ses quelques magasins, ses quelques cafés et sa station service flottante, c’est un peu la capitale du delta.

Ici vit Augustina Traminov. Chaque matin, après avoir trait ses vaches, cette grand-mère passe prendre sa belle-sœur en bateau et ensemble, elles vont cultiver leur jardin, à une demi-heure de navigation du village. Sur ce bout de terre, enrichi à chaque crue par le limon du Danube, elles cultivent des oignons, des pommes de terre, des poivrons, des haricots, des pastèques. Comme beaucoup de gens de ce coin de la Roumanie, Augustina et sa belle-sœur vivent de ce qu’elles récoltent. Des femmes courageuses et croyantes qui vénèrent simplement leur terre et les eaux généreuses de leur fleuve.

Les gens du delta sont nourris par le Danube. Certains sont également logés grâce à lui. Dans cette région, on a longtemps construit les murs des maisons en torchis, c'est-à-dire un mélange d’eau, de terre et de paille. Pour le toit, c’était du roseau. Abandonnée dans les années 70, cette tradition revient en force.

Adrian Cacenu est couvreur, spécialiste des toits de chaume. Il y a 10 ans, profitant de la vague écologiste, il décide de relancer ce savoir-faire qui était alors en voie de disparition. Pour la matière première, Adrian n’a pas besoin d’aller très loin. Le delta du Danube est l’une des plus grandes roselières du monde.

Monica Cacenu est la femme d’Adrian. Conseillère écologique, elle passe dans les écoles pour sensibiliser les enfants à la protection de l’environnement. Elle est employée par la Réserve de la Biosphère, une administration en charge de la sauvegarde des espèces, du maintien des activités économiques locales et de la remise en état des espaces dégradés. Avec elle, nous découvrons un cas typique de restauration de paysage.

Autre personnage du delta : Yvan Patzaikin. Ce natif de Mila 23 est une grande star en Roumanie, une icône. Il a été 4 fois médaillé d’or en canoë-kayak au Jeux Olympiques. Yvan Patzaïkin, un enfant des roseaux ! Son premier souvenir, une sieste sur une barque, et ses premiers coups de rame, c’était à l’âge de 4 ans… dans les canaux du delta. Aujourd’hui, l’homme ne fait plus de compétition. En revanche, il met sa notoriété au service de la défense du patrimoine naval de la région. Avec un chantier naval local, il a lancé, il y a 3 ans la canotca, un mariage entre le canot et la lotca. Le charme du bois et de l’ancien allié aux performances des canoës d’aujourd’hui. Une façon surtout de donner une image à sa région.

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