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Publié par Aanil

Au sommaire du magazine "Des Racines et des Ailes", diffusé mercredi 18 septembre 2013 à 20 heures 45, sur France 3 :

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En terre de Bourgogne


Pour son émission de rentrée, Des Racines et des Ailes, présentée par Patrick de Carolis, installe son plateau aux Hospices de Beaune en Bourgogne, monument célèbre pour ses toits en tuiles vernissées. Un lieu unique, voulu par Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne au XVe siècle.

L’occasion de vous raconter l’extraordinaire épopée des ducs de Bourgogne. De Philippe Le Hardi à Charles le Téméraire, ces hommes ont fait rayonner la Bourgogne sur une grande partie de l’Europe et ont fait vaciller le trône de France.

La Bourgogne est une terre réputée dans le monde entier pour son vignoble, implanté par les Romains au Ier siècle après Jésus-Christ. Aujourd’hui, les Bourguignons souhaitent voir inscrits les climats de Bourgogne, ces parcelles qui s’étendent sur 60 kilomètres entre Dijon et Santenay, au patrimoine mondial de l’Unesco. Une manière de faire reconnaître un savoir-faire ancestral et de saluer le travail de l’homme.

Enfin, nous partirons à la découverte de la Bourgogne côté nature. Une région qui abrite la plus grande forêt de feuillus d’Europe de l’Ouest, une terre riche de canaux, de lacs et de sources thermales. Une région connue également pour sa fameuse pierre de Bourgogne que l’on retrouve sur les plus beaux monuments.


L'héritage des ducs

De la guerre de Cent Ans à la Révolution française, la Bourgogne va peser avec force sur l’Histoire de France. Riche, puissante, elle rayonnera sur une grande partie de l’Europe et fera même vaciller le trône de France.

Nous partirons tout d’abord à Dijon sur les traces de Philippe le Hardi, le premier des quatre ducs de Bourgogne en 1363. Passionné par les arts, il fait venir les meilleurs artistes flamands de son temps, comme Claus Sluter et Claus de Werve. C’est à eux que l’on doit le célèbre tombeau du Duc de Bourgogne et ses pleurants. Ce tombeau vient d’être réinstallé dans le tout nouveau Musée des beaux-arts de Dijon.

En 1381, Philippe le Hardi offre à sa femme le Château de Germolles qui se trouve à 80 kilomètres au sud de Dijon. Ce château est aujourd’hui l’un des plus beaux témoignages de la vie des ducs de Bourgogne. Mathieu Pinette en est propriétaire. Il nous fera visiter ce « palais des champs » à la pointe de la mode du XIVème siècle.

Nous prendrons ensuite la direction de Paris pour découvrir avec l’historien Rémi Rivière la tour Jean sans Peur. C’est ici, dans cette haute tour que Jean sans Peur, fils de Philippe le Hardi et deuxième duc de Bourgogne trouve refuge à partir de 1407 après avoir fait assassiner son ennemi Louis d’Orléans, le frère du roi de France.

Son fils Philippe le Bon, troisième duc de Bourgogne, va avoir un rêve un peu fou : créer un État bourguignon au sein même du Royaume de France ! L’historien Bertrand Schnerb nous accueillera en haut de la tour que Philippe le Bon s’est fait construire à Dijon. Une tour gigantesque !

Mais Philippe le Bon a les moyens de ses ambitions. Nous accompagnerons Bertrand Schnerb à Bruges en Belgique. Au Xe siècle, cette ville appartient au duché de Bourgogne. C’est alors la ville la plus riche d’Europe du Nord. C’est aussi la vitrine de prestige du Duc de Bourgogne. Ses courtisans se font construire des palais somptueux comme le Palais Bladelin dont les propriétaires nous ouvrent les portes.

Charles le Téméraire, quatrième duc de Bourgogne, va vouloir aller encore plus loin : il veut devenir roi de Bourgogne. Mais le Roi de France s’y oppose… une lutte à mort s’engage. Charles le Téméraire se fait tuer lors d’une bataille à Nancy. C’est la fin du grand rêve des ducs de Bourgogne.

La Bourgogne redevient une province du royaume. Au XVIIe et XVIIIe siècle, la Bourgogne est mise sous l’autorité des Condé, gouverneurs et cousins du roi de France. C’est le deuxième âge d’or de la province. Les Condé veulent faire de Dijon un petit Paris. Ils font alors venir les architectes du Roi, comme Jules-Hardouin Mansart pour construire le majestueux Palais des États et sa place royale.


Au coeur du vignoble

À Vosne-Romanée, entre Dijon et Beaune, se trouve le domaine de la Romanée-Conti, l'un des plus prestigieux de Bourgogne. Au cœur du village, sur la table de tri, Aubert de VILLAINE, le gérant du domaine, ne quitte pas le raisin des yeux. « C’est ma 47ème vendange et à chaque fois, c’est différent. Mais cette année, on a vraiment un beau raisin ».

Le raisin, c’est le caviar de la Bourgogne. Le fruit d’un vignoble découpé en petites parcelles. On les appelle des climats. Un climat est une vigne exploitée sous le même nom depuis plusieurs siècles et dont le sous-sol, l’exposition, l’histoire donnent à chaque cru sa personnalité unique. Les climats, une particularité que les Bourguignons souhaiteraient voir inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO ! Un secteur a même été délimité : 60 km qui englobent les Côtes de Nuits et de Beaune, entre Dijon et Santenay.

La vigne s’implante en Bourgogne avec les Romains au Ier siècle après Jésus Christ. Elle quitte définitivement la plaine pour s’installer sur les coteaux durant le Moyen Âge. À l’époque, les ordres religieux jouent un rôle essentiel. À commencer par les moines de l’abbaye de Cîteaux. Ils créent au XIIe siècle le Clos de Vougeot : 50 hectares de vignes encerclés par un mur long de 8 km. Jean-Pierre Garcia, chercheur au CNRS nous fait découvrir ce domaine qui, à la Renaissance, deviendra le château du Clos Vougeot.

Puis direction le Clos de Tart à Morey-Saint-Denis. Ici, on élève la vigne depuis le XIIe siècle. Et là encore, ce sont des religieuses qui ont constitué le domaine dès 1141. Le Clos de Tart est sans doute l’un des climats les plus compliqués : pas moins de 6 à 7 microclimats géologiques à gérer. Il s’agit du plus grand monopole grand cru de Bourgogne.

La candidature des climats à l’UNESCO entend également saluer le travail de l’homme en Bourgogne. Chez François Frères, depuis plus d’un siècle, on excelle dans le savoir-faire de la tonnellerie française.

Nous irons également chez Bouchard Père et Fils, une institution vieille de près de deux siècles qui se trouve à Beaune. Une famille qui a investi en 1820 l’ancienne forteresse de la ville pour la transformer en une cave extraordinaire où sont stockées plus d’un million de bouteilles, dont certaines remontent à la moitié du XIXe siècle.

Enfin nous finirons notre périple avec les membres de l’association Femmes et Vins de Bourgogne qui regroupe une quarantaine de femmes vignerons, pour un autre regard posé sur la vigne.


La Bourgogne côté nature

La Bourgogne conjugue comme une évidence les quatre éléments de Mère Nature :

L’eau – avec ses lacs, ses rivières, ses canaux et ses sources
La terre – avec la blondeur de sa pierre
L’air – domaine des hauts plateaux du Morvan et de ses forêts immenses
Le feu – celui des combats de la dernière guerre

La Bourgogne est verdoyante. Elle abrite la plus grande forêt de feuillus d’Europe de l’Ouest. Une richesse qui, longtemps, permit à Paris de se chauffer. Allain Deslandes, agent de l’ONF, nous explique comment les forêts du Morvan alimentaient Paris en bois, et, à Clamecy, Gérard Durand et son équipe ont même reconstitué l'un de ces fameux « trains de bois » .

Les canaux participaient de ce convoyage. Aujourd’hui, ce sont des routes d’eau pour amoureux de la nature. Telle est la famille Binda : trois générations à bord d’un bateau, qui nous font partager un peu de leur « croisière » sur le Canal du Nivernais.

Plus haut, le Lac des Settons est aujourd’hui une grande base de loisirs, il fut aussi une immense réserve d’eau qui assurait le flottage du bois.

L’eau est aussi une source de santé : plus au sud, à St-Honoré-les-Bains, la station thermale accueille toujours curistes et voyageurs, dans un cadre qui témoigne de sa belle époque.

La ville borde le parc naturel du Morvan. Un site qui a aussi connu le feu de la guerre : 48 maquis ont choisi pour refuge ses forêts denses. Jean Vigreux, historien, nous raconte leur vie clandestine.

La Bourgogne est aussi célèbre pour sa pierre. Michel Roetzer, maître sculpteur, a fait du château de Thizy, dans l’Yonne, un atelier qui fait aujourd’hui école.

« Ambassadrice de la Bourgogne », la vache charolaise est célèbre dans le monde entier. Elle n’est cependant pas la seule a faire figure de patrimoine, pour Flavien Fuchey, fils d’éleveur qui se définit lui-même comme « collectionneur de vaches ». Le site qu’il vient d’ouvrir permet de s’initier aux races rares, mais tout aussi belles de nos vaches

Enfin, c’est à un hommage à son célèbre gastéropode que nous convie Alain Blanc, chercheur au CNRS, et à une lecture de ses paysages que nous invite le guide Hervé Josserand, sur les hauteurs de Solutré.

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