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Publié par Aanil

France 5 diffuse, à partir du 26 janvier 2014, chaque dimanche, la série documentaire "Révolte".

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© Bruno Barbey / Magnum Photos


Pourquoi des peuples se révoltent ? En comparant cinq des plus grandes révoltes des temps modernes – Mai 1968 en France, Iran en 1979, Pologne en 1980, Chine en 1989 et Tunisie en 2010 –, cette série documentaire apporte un éclairage inédit sur ces tempêtes qui changent le monde.


Dimanche 26 janvier 2014 à 22 heures 25 - 1. La Naissance

Un problème de logistique policière (France), un article de journal offensant un chef religieux en exil (Iran), un licenciement (Pologne), une immolation (Tunisie), le décès d’un ancien dirigeant (Chine) : autant d’événements très différents qui sont pourtant à l’origine de grandes révoltes. Comment des mouvements inattendus et localisés, sans organisation ni slogan prédéfinis, peuvent-ils mobiliser subitement des gens qui, d’habitude, ne se mobilisent jamais ? Comment certains militants politiques, syndicaux ou associatifs parviennent-ils à entretenir cette mobilisation ? D’où sortent les premiers leaders, et pourquoi eux ? Le pouvoir en place, surpris comme tout le monde, réagit de façon routinière. La plupart du temps, les choses s’arrêtent là. Mais, cette fois, l’ordre ne revient pas et tout le monde comprend que la situation sort de l’ordinaire.


Dimanche 02 février 2014 à 22 heures 25 - 2. L'Extension

Se révolter est toujours un acte coûteux et dangereux, ce qui explique que les révoltes restent des phénomènes exceptionnels. Comment un mouvement local, une grève ou une manifestation arrivent-ils à embraser un pays entier ? Certains y voient une soudaine opportunité pour agir à leur tour. Ils le font pour leurs propres raisons et y apportent leurs propres revendications. C’est le seuil de l’extension qui touche en profondeur la crédibilité du pouvoir en place. La solidarité entre dirigeants se désagrège, les divisions apparaissent, même au sein des pouvoirs les plus monolithiques. Du sommet à la base de l’Etat, chacun commence à agir en fonction de stratégies personnelles où entrent en ligne de compte doutes, craintes, convictions et opportunisme. Les commandes du pouvoir sont désormais détraquées alors que la révolte semble se développer inexorablement.


Dimanche 09 février 2014 à 22 heures 25 - 3. L'Incertitude

L’embrasement de tout un pays rend la situation à la fois volatile et illisible, pendant que la société traverse des moments de folie dans lesquels se mélangent euphorie et angoisse. Toutes les solutions imaginées pour sortir de la crise s’effondrent les unes après les autres. Des alliances se font et se défont dans l’urgence et la méfiance. C’est la montée inexorable de l’incertitude. Alors que le pouvoir est divisé, voire se désagrège totalement, la concurrence entre les acteurs pour tirer leur épingle du jeu devient aiguë. Commence une compétition pour la prise du pouvoir. Mais les actions successives des différents concurrents brouillent davantage le jeu, jusqu’à rendre la situation incompréhensible. La question militaire se retrouve au centre des préoccupations. Le basculement d’un côté ou de l’autre de certaines unités de l’armée est possible. Plus personne ne voit d’issue à la révolte : l’incertitude est généralisée.


Dimanche 16 février 2014 à 22 heures 25 - 4. Le Dénouement

Une dissolution de l’Assemblée nationale (France), une intervention armée violente (Chine), une prise du pouvoir suivie de l’élimination de toutes les oppositions (Iran), un coup d’Etat militaire (Pologne). Ces actions différentes qui ont mis fin à la révolte ont un point commun : elles ont eu pour résultat de canaliser et de faire disparaître les mobilisations. Personne ne dispose des moyens suffisants pour remettre en cause la nouvelle situation. La révolte est terminée lorsque, pour le meilleur ou pour le pire, il n’y a plus d’incertitude. Pourtant, une révolte peut encore produire des effets même après son dénouement. En 1989, la révolte polonaise a totalement bouleversé la perception des possibles dans toute l’Europe de l’Est et a fini par faire tomber le mur de Berlin : le succès des uns a poussé les autres à agir à leur tour. C’est exactement le même phénomène que la révolte tunisienne a déclenché, vingt-deux ans plus tard, dans l’ensemble du monde arabe.

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