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Publié par Aanil

ARTE diffuse, dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 février 2014 à 00 heure 45, le documentaire réalisé par Enrica Colusso "Home sweet home".

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© Les Films d'Ici


Les logements sociaux d'Elephant & Castle, au sud de Londres, devaient être réhabilités et sont aujourd'hui voués à la destruction. Une plongée sensible dans ce quartier et une réflexion sur l'exclusion des plus démunis par les grandes villes.


En 1997, quelques jours après sa victoire aux élections, Tony Blair se rend dans le quartier londonien d’Elephant & Castle. Le Premier ministre a choisi le plus grand complexe de logements sociaux d'Europe pour dévoiler son projet de réhabilitation des quartiers sensibles. Ce discours majeur symbolise une nouvelle ère : l'égalité et la justice sociale seront au cœur des priorités du gouvernement. La population se réjouit, l'ère Thatcher s'achève enfin, un avenir radieux s'annonce... Quinze ans plus tard, les occupants de la cité du Heygate ont déchanté. Ce projet qui consistait à transformer Elephant & Castle en un centre-ville florissant composé de logements, de boutiques, de parcs et de jardins de qualité, ne semble pas avoir été conçu en pensant à eux. Une chose est sûre : aucun logement social n'y sera construit. Après la crise financière de 2008, les caisses sont vides et la municipalité entend rentabiliser au mieux cet impressionnant espace situé au cœur d’une des villes les plus chères du monde…

Spéculation à l'anglaise

Habité par une truculence et un humour typiquement anglais, le film propose une plongée sensible et vivante dans ce quartier londonien où les habitants tentent de faire valoir leur droit à être relogés. En effet, conçu au temps de l'opulence boursière, le projet se heurte aujourd'hui à la crise financière et immobilière que connaissent toutes les capitales occidentales, alors que des immeubles ont déjà été détruits. Peu à peu, la loi du marché et de la spéculation immobilière s’impose...

Sur fond d'un décor qu'on dirait sorti des studios de cinéma, le film réunit toute une palette de personnages qui, de l'urbaniste à l'institutrice à la retraite, dessine le portrait d'une société anglaise à la fois proche et exotique. Surtout, il propose une réflexion plus large sur un phénomène qui touche toutes les grandes villes de la planète : l’exclusion des habitants les plus défavorisés et leur éloignement vers les périphéries.

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