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photo8-2--copie-1.jpgCrédit photo : Ronan Liétar/Gaumont Distribution

Bonjour Clovis Cornillac !


Bonjour !


Le 25 août, nous allons vous retrouver à l’affiche de « 600 kilos d’or pur », un film d’aventure, tourné en Guyane sous le soleil ! Rassurez-nous ça a été des vacances ce film ?


Ca a été l’opposé de vacances mais on le savait au départ. C’est la forêt comme on l’appelle là-bas, soit la jungle pour nous et ce n’est pas fait pour faire des films ! Elle est là depuis des années, elle fonctionne formidablement bien, c’est un endroit absolument sublime mais plutôt hostile au départ à l’homme qui n’est pas né dedans. Donc venir avec des caméras, des câbles, des choses comme ça, c’est assez compliqué ! Non ce n’était pas des vacances, mais c’était une aventure ! On peut dire qu’il y a deux films en un, l’aventure pour le faire et le film d’aventure à l’arrivée.


Quels arguments a déployé Eric Besnard, le réalisateur et le scénariste du film, pour que vous alliez tourner pendant 2 mois dans la jungle ? Je crois que ce n’est pas un environnement dans lequel vous vous sentiez très à l’aise ?

J’avais plutôt une réticence, c’est vrai. J’aime bien les endroits un peu durs, un peu compliqués : le désert, l’Antarctique, la mer, des endroits comme ça qui ne sont pas toujours accueillants mais qui sont des endroits qui me correspondent. J’ai toujours eu le sentiment que la jungle, et la forêt tropicale avaient quelque chose qui n’était pas pour moi. Mais il n’y a pas eu d’arguments. Il y a eu déjà un camarade qui est Eric Besnard, pour qui j’ai beaucoup d’admiration parce qu’il fait partie des gens capables d’écrire des scénarios aussi ambitieux que celui-là et de les réaliser. Ce n’est pas tout de fantasmer sur quelque chose, il faut avoir les gars ou les femmes qui sont capables de le faire. Il en fait partie. Je n’avais donc aucun doute sur le fait de partir avec Eric, j’aimais beaucoup le scénario, j’aimais beaucoup le personnage et je savais qu’il fallait que je me confronte à cette forêt. Je m’y suis plongé complètement, je savais que ça allait être dur mais à aucun moment je me suis laissé aller à la plainte ou des choses comme ça. C’est assez étrange parce qu’effectivement la canopée est à 30mètres du sol, donc il fait nuit, il y a très peu de lumière dans la jungle, donc on passe la journée dans de l’humidité à 90%, avec des bêtes qui sont chez elles, c’est leur habitat. Il est donc difficile de dire à un assistant avec son talkie-walkie d’arrêter les serpents ou les mygales, donc c’est comme ça on vit avec, ils sont avec nous, à nous de nous fondre dedans. Et c’est ce qu’on a fait ! Et finalement, à titre très personnel, ça a été formidable la rencontre avec la forêt. Je remercie Eric d’avoir écrit cette histoire là. Ensuite quand j’ai vu le film… On est toujours soumis au doute quand on vend son propre projet et on nous demande à nous de faire la promo du film et de le vendre. J’imagine toujours les gens qui regardent et qui se disent : « Ben oui il ne va pas dire que c’est naze, n’y allez pas ! ». Mais ce que je peux affirmer, sans parler de la qualité du film qui pour moi est absolument réussi, c’est que ceux qui n’ont pas eu et n’auront peut-être jamais l’occasion de faire un voyage dans la jungle trouveront ce plaisir là, ce pari là est réussi ! Ayant passé 2mois et demi vraiment dans la jungle, au début de la production, dès que j’ai eu les images et le son, le travail qui a été fait c’est exactement ce qu’on a vécu. La promesse du voyage elle y est !


Quand on voit votre personnage, moi ça me rappelle des films avec Ventura, avec Belmondo, est-ce que c’est des films que vous aviez en mémoire, dont vous vous étiez un petit peu inspiré ou pas du tout ?

Où je suis entièrement d’accord avec vous c’est que ces films là m’ont fait rêver et mon donner envie de faire du cinéma, et ces gars là je les adore ! ca fait donc forcément partie d’un patrimoine, et ça fait partie de moi, comme de vous et de plein de gens, c’est notre culture commune d’un cinéma qu’on a un peu abandonné. Maintenant pour travailler, évidemment que tu ne penses pas à ça. Ca ne m’intéresserait pas d’essayer même d’être sur les traces de ces gars là. En revanche, la part de rêve que ces gens là m’ont donné, quand on me propose ce type de film, ça fait partie de l’ambition. Mais je n’ai jamais pensé à ces gens là en me disant : « Ah, tu vas faire comme… ». Pas du tout. Je n’ai ni la prétention, ni l’envie, ce n’est pas ça qui me motive d’être « comme ». Mais je suis imbibé de ça, je me souviens d’émerveillement au cinéma avec des films d’aventures. Quelle joie de pouvoir les fabriquer !


J’ai l’impression que c’est un des rares films d’aventure qu’on voit depuis une vingtaine d’année peut-être ? Comment on explique qu’un producteur n’est pas envie de proposer à un réalisateur de filmer un peu son rêve ?

Je pense que ce n’est pas les producteurs. Je pense que les producteurs auraient certainement envie. Mais aujourd’hui l’économie du cinéma est faite un peu autrement, les producteurs ne mettent pas leur argent, on n’est plus à cette époque où les gens hypothéquaient leur maison pour faire un film et où en revanche ils avaient toutes les parts du film après. Aujourd’hui le cinéma est fait de beaucoup d’intervenants : de banques, de chaînes de télé, de mandats internationaux, de plein de choses, et le travail du producteur est évidemment de s’impliquer — et dieu sait si Mandarin l’a fait sur ce film là, et sur tous ceux que j’ai fait avec eux — et chapeau à eux parce que c’est un vrai combat d’aller convaincre les gens qui disent : « Mais on ne fait pas les trucs comme ça ? Qu’est-ce qui a marché dernièrement qui était comme ça ? ». Notre époque, pas que dans le cinéma, est beaucoup sur le « Qu’est-ce qui a marché ? ». On reproduit les mêmes schémas. On a peur, on est plutôt anxieux de se dire : « soyons imaginatifs, allons plus vite, ayons un pas d’avance ». TF1 a suivi, Canal+ a suivi, sans partenaires on ne fait pas de films, donc chapeau à eux d’y être allé mais je me dis qu’il faut continuer. Je souhaite que le film rencontre le public, déjà parce qu’on fait du cinéma pour le rencontrer et partager, mais en plus sur un film d’aventure, qui ne se fait plus, si on donne cette énergie de désir on aura cette capacité à en voir d’autres. Comme aujourd’hui l’économie du cinéma réagit beaucoup à ce qui s’est produit avant, évidemment que si le film est un échec on est reparti pour 20 ans sans films d’aventure. Ce serait dommage !


« 600 kilos d’or pur » est un vrai film d’aventure, il y a des méchants, des fuyards, des voleurs, etc. Et votre personnage, Virgil, il est quoi dans toute cette bande ?

C’est le leader, celui par qui tout arrive. C’est un pilote d’hélicoptère mais qui a été mercenaire probablement avant. Il va reconstituer une petite équipe pour faire un braquage d’une mine d’or, qui ne va pas se passer comme prévu évidemment. C’est là que la galère commence ! Il y a quand même le casse, et ils ont l’or, mais après « Qu’est-ce que tu en fais de cet or, dans la jungle, à pieds et qu’il faut aller jusqu’au Brésil ? ». C’est un personnage pour qui on n’a pas forcément d’empathie au départ. C’est un taiseux, avec une carapace, droit, secret, égoïste comme tout aventurier, qui vit pour lui, qui sait se protéger lui et qui a plus de mal avec les autres, mais qui en même temps prend en charge. Et tout le trajet de ce personnage, c’est qu’il devient humain. Et c’est ce travail qui était intéressant en tant qu’acteur parce qu’on n’a pas forcément de textes et qu’il n’en faut surtout pas pour amener ça. Au détour de petites choses, il faut que petit à petit le château de cartes continue à se constituer. C’est fragile, tu peux très vite perdre le fil parce qu’il y a de l’aventure, de l’action et tu peux vite oublier les enjeux. Il y a toujours un enjeu. C’est un personnage qui n’est pas pareil au début qu’à la fin.


Il y a peu de femmes dans ce film, il y en a 2, et une notamment jouée par Audrey Dana. Comment vous voyez son personnage et sa performance à elle, parce que le film est très physique et j’imagine qu’elle a du en baver aussi ?

Sans parler de moi, parce qu’on a du mal à se juger et que je trouve qu’il ne faut pas, je peux juger le travail des autres. Et je les trouve formidablement justes ! Quand on parle de performance … j’y vais tout mollo avec ça …parce que finalement c’est notre travail donc il n’est pas question de performer mais de jouer ! Sincèrement, je les trouve tous formidables. C’est très bien filmé, ce qui est évidemment très important, et très juste dans leurs caractères. Donc Audrey comme les autres est absolument pile poil à l’endroit où j’avais envie de voir ce personnage aller, donc c’est extrêmement agréable d’avoir ce sentiment de cohérence et je trouve que le casting va dans ce sens, et c’est très fort parce que je pense qu’on suit une histoire parce que les acteurs sont justes dedans. Il y a évidemment tout le « filmage » mais il y a aussi le reste !


Merci beaucoup Clovis Cornillac !


Il n’y a pas de quoi !



Interview réalisée par Franck Peltier



A lire et à voir en cliquant sur les liens suivants :

[Vidéo] 600 kilos d'or pur : Film annonce

Interview de Bruno Solo pour le film "600 kilos d'or pur"


Interview de Audrey Dana pour le film "600 kilos d'or pur"

600 kilos d'or pur : Teasers vidéos

Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 15:07
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
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