
Quelles ont été vos motivations pour être le guide de cette nouvelle série “l’Amérique dans tous ses états” ?
Un jour, je me suis réveillé en me disant : “Ce serait bien de parler de l’Amérique autrement. En fait, ce serait bien d’en parler tout court. Les hommes politiques, on les connaît, mais les
Américains, les Américaines, on ne les connaît pas du tout. J’ai eu envie d’aller à leur rencontre, comme j’ai toujours fait, parce que j’aime les gens. C’est la curiosité des autres qui m’a
guidé.
À travers vos échanges avec des agriculteurs ou des écologistes, avez-vous le sentiment que le rapport à la nature évolue ?
J’ai beaucoup parlé de cela avec Dan O’Brien dans le Sud Dakota. Il est prof, écrivain, il élève 11 000 bisons et vend leur viande sur internet. Son discours est évidemment très écologiste. Il
explique les choses très simplement. Ce que j’ai compris, c’est que la vraie révolution passera par ce que l’on mange. A partir du moment où les gens vont manger autrement, choisir des légumes
différents, de la viande différente, ne plus se laisser happer par les énormes circuits de distribution, alors l’agriculture évoluera autrement. Si l’homme change d’attitude tout doucement, on va
retrouver des équilibres. Les Américains de ce point de vue ne sont pas idiots, ils sont capables de changer très vite.
Y-a-t-il une prise de conscience du changement climatique de la part des Américains ?
En Californie, en Louisiane, où l’on a vu les ravages de l’ouragan Katrina, à Miami… les gens sont très conscients du changement climatique. La différence avec nous Européens, c’est qu’aux
Etats-Unis, ils réagissent très vite. Ils se posent moins de questions et quand ils voient la solution, ils n’attendent pas. Là-bas, de nombreux restaurants et hôtels privilégient déjà les produits
locaux, vous incitent clairement à préserver la planète, en économisant l’eau par exemple. Il est évident qu’on verra des changements très vite.
Après des semaines de voyage, de rencontres, quelle est maintenant l’Amérique de Gérard Klein ?
Mon Amérique, c’est d’abord celle des gens. Des gens ouverts, contents qu’on aille vers eux. C’est aussi un état d’esprit très différent du nôtre. Quand je raconte que je réalise cette série, ils
me répondent : “Comment je peux vous aider ?” Il y a une envie, un enthousiasme, une prise de risque que je n’ai rencontrés nulle part. Et puis bien sûr, je pensais que ce serait très grand… Mon
premier plaisir est passé par le regard. Tout est réellement démesuré.
De vos multiples rencontres avec les Américains à travers dix États, si vous deviez en retenir deux ou trois qui vous ont particulièrement marquées…
Dan O’Brien, forcément. Il y a dix ans, je voulais faire un film sur un de ses livres. Le projet ne s’est pas réalisé, mais je suis toujours resté en contact. J’ai passé une semaine chez lui, on a
arraché des piquets de clôture, on a refait le monde… On s’est surtout très bien entendu. Ma deuxième grande rencontre, c’est DL Ménard, en Louisiane. Le bonhomme a 55 ans, il est cajun, il chante
des chansons formidables. Il est éclatant.
L'Amérique dans tous ses états
Série documentaire 10x52’
Production : Bo Travail !
Producteurs : François Fèvre et Georges Bonopera
Réalisateur : Laurent Legal
Tous les dimanches à 20 heures 40, à partir du 24 janvier 2010, sur la chaine "Voyages
Dimanche 24 janvier 2010
7
24
/01
/Jan
/2010
15:25
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Publié dans : Interview
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Par Aanil
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