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photo2-6-.jpgJessica Forde © 2009 EUROPACORP - TF1 FILMS PRODUCTION - MARIE COLINE FILMS - SMTS

Bonjour.



Marina vous êtes à l’affiche de « L’Immortel », le nouveau film de Richard Berry, aux côtés de Kad Merad, Jean Reno, Jean-Pierre Daroussin et bien d’autres, c’est assez surprenant, inattendu, de vous retrouver à l’affiche de ce film parce qu’on ne vous voit quasiment jamais dans ce genre de film noir, de polar, est-ce que ça vous a surprise quand on vous a proposé ce rôle ?


Non, mais comme je n’ai pas le regard que vous avez sur moi je ne suis jamais surprise que l’on me propose un truc. Je trouve que c’est la moindre des choses ! Je rigole…. Moi comme spectatrice j’ai des goûts très éclectiques, j’ai envie de tout comme spectatrice, donc j’ai envie d’un peu tout comme actrice, donc je ne me pose pas cette question là.


On ne vous avait jamais proposé de jouer un flic ?

Si j’en ai joué déjà, vous connaissez beaucoup d’actrices qui n’auraient pas fait le flic ? C’est quand même une figure incontournable, et ça a été un truc de très précipité, au départ ce n’est pas moi qui devait le faire c’est Karine Viard. Elle a eu des problèmes de date donc ça s’est décidé au dernier moment, l’avantage quand ça se passe vite c’est qu’on ne se pose pas tellement la question de savoir si oui je vais y arriver, pourquoi moi ?… parce que bonne idée…. on dit oui ça se fait.


Est-ce que l’angoisse d’être crédible qui, j’imagine, est toujours la même quand on aborde un rôle, est-ce qu’elle était peut-être un peu plus forte dans la mesure où on ne vous avez jamais vue dans ce personnage là ?


Je vous dis que je n’ai pas cette angoisse-là, je pense que c’est la question du metteur en scène, dans la mesure où il me le propose c’est son problème. D’ailleurs Berry avait un problème avec ça, le fait de Kad et moi sur une affiche il trouvait que ça teintait le truc de comédie, je lui ai dit : « oui je comprends très bien mais c’est votre problème, c’est une question que vous avez à résoudre, ce n’est pas la mienne ». Après une fois que je sais que je vais faire un flic ce qui m’intéressait c’est de faire toutes les phrases genre : « vous êtes en état d’arrestation », « vos papiers s’il vous plait », « vous serez incarcéré », que tous ces trucs là sonnent dans ma bouche comme des vraies phrases, que ce soit réel, qu’on ne les entende pas comme on les a entendues à la télé ou comme moi je les ai entendues la veille, que je ne sois pas dans une musique qui ne serait pas la mienne, et ça arrive parce que le polar on en a tellement vu qu’on peut faire semblant ou imiter et c’est ça qui m’intéressait, qui m’amusait, je me disais : « est-ce que c’est possible de la dire en vrai « vous êtes en état d’arrestation » et d’y croire au moment culte ».


Alors ce personnage c’est qui au juste dans l’histoire, est-ce qu’on peut le resituer ?

C’est une flic, mais une flic de Marseille qui est tout sauf une héroïne, voilà, c’est un fonctionnaire de police qui va se retrouver à enquêter sur ce règlement de compte entre mafieux, donc qui est projetée dans un monde qui n’a rien à voir avec sa vie réelle. Elle vient de perdre son mari, six mois auparavant, qui lui-même était un flic infiltré dans ce milieu là. Donc qui a des échos très personnels à son histoire dans cette enquête. Alors tout l’intérêt aussi était de savoir comment elle doit lutter pour mettre de la distance et tout d’un coup s’impliquer très fort. Comment ne pas mélanger les enjeux, en faire que sa vie privée ne déborde pas sur sa vie professionnelle. C’est l’autre intérêt du personnage et le fait que sa réalité à elle est super banale, c’est un flic de tous les jours qui bosse avec les horaires à la con, qui rentre super tard le soir, qui part super tôt, qui n’a pas le temps de s’occuper de son gosse, qui est veuve, qui a deux balles pour vivre parce que les flics sont super mal payés, qui est victime d’un système sur lequel elle ne peut rien. Si elle était sa propre chef, elle ne ferait pas du tout comme ça, obligée de subir la hiérarchie, les mensonges, les lâchetés, les compromis qu’elle est obligée de faire, c’est un personnage très complexe, il y avait matière à penser et à s’amuser avec beaucoup de choses.


Marina qu’est-ce que vous avez fait de nouveau sur ce film que vous n’aviez jamais fait auparavant ?

Je n’en sais rien… si, j’ai tiré, je ne suis pas sûre de l’avoir déjà fait, j’ai tiré avec un flingue et ça ne m’a pas plu.


Pourquoi ?

Parce que ça excite mais plutôt les garçons, c’est un truc de garçons, je préfère franchement aller acheter des robes. Il y a comme un petit risque, un petit danger, et je n’ai pas le désir de pouvoir, de puissance.


Après avoir été entourée de beaucoup d’actrices dans « le bal des actrices », c’est un casting vraiment masculin, pas trop dur d’être au milieu de tous ces mecs ?

Non, j’aime bien les garçons je crois et puis je ne me soucie pas vraiment du sexe de la personne que j’ai en face, sauf si je dois faire du sexe avec lui, mais sinon non j’aime bien les filles, sur « le bal des actrices » on était presque toutes très camarades.


C’est la première fois que vous travaillez avec Jean Reno vous l’avez trouvé impressionnant ou pas ?

Il fait 3 ou 4 fois ma taille, c’est absurde, donc oui.


Et jouer avec lui c’était comment ?

Alors, il est marrant, il est très consciencieux. Franchement il ne se la pète pas, très soucieux, presque soucieux de bien faire alors qu’on l’imaginerait plus dilétant, pas du tout. Et puis les scènes que l’on a faites ensemble étaient très costauds parce qu’il aime bien les plans séquences, les plans très longs, beaucoup de textes et Berry est super précis sur tout le texte, en fait ça bossait ça ricanait pas tellement.


Est-ce que Marseille est une ville qui évoque quelque chose de particulier ?

Oui, j’aime vachement, j’aime beaucoup Marseille parce que c’est une ville cosmopolite et bordélique et que moi j’aime les mélanges et que c’est le problème de la province, souvent c’est un peu monochrome et Marseille ne l’est pas.


C’est une ville où vous pourriez vivre ?

Je ne pourrais pas vivre en province, parce que j’ai besoin de l’anonymat de la grande ville, j’aime ça. D’ailleurs Paris est presque trop petit, j’aime bien ne pas connaître et me dire que tout est possible, je ne suis pas comme les enfants, je n’aime pas le cadre et la répétition et tout ça, donc le problème de la province par définition c’est que c’est plus petit.


Marina on va vous retrouver également au théâtre très bientôt. Alors ça ne sera pas en province mais en banlieue parisienne, vous allez jouer dans le prestigieux Théâtre des Amandiers, vous allez jouer « La maison de poupée » que l’on peut voir également à Paris avec une autre actrice ?

Avec Audrey Tautou à La Madeleine, mise en scène par Michel Fau.


Alors, ça sera mis en scène par qui ?

C’est mis en scène par Jean-Louis Martinelli.


Pour ceux qui ne connaissent pas « La maison de poupée », ça parle de quoi ?

C’est l’histoire d’une émancipation, une femme qui a été la poupée de son père et la poupée de son mari et un jour poupée ça veut dire vraiment l’objet, objet de toutes les convoitises et de toutes les maltraitances, plus psychologiques que physiques, et qui un jour va dire stop et va partir. C’est une très belle pièce, elle raconte beaucoup de choses sur le couple, en fait pour être très concis c’est « les Noces rebelle s » au théâtre, c’est une thématique assez proche sur le couple et comment le couple et l’amour, l’amour pire que le couple, l’amour ne peut exister que quand on est deux consentants et que c’est quand même une mythologie qui se construit, c’est une histoire que l’on se raconte à deux, c’est une des choses qui est très belle dans la pièce.


Est-ce qu’on va vous revoir au cinéma bientôt ?

Il va sortir « L’homme qui voulait vivre sa vie » de Eric Lartigau, qui je crois va être un très beau film, et un film d’Antony Cordier qui s’appelle « Happy few », qui je crois va aussi être un très beau film. Ce sont des films que j’ai faits mais je les aime ! Voilà.


Merci Marina et on vous retrouve dans « l’Immortel » ce mois-ci au cinéma.


Interview réalisée par Thierry Colby


A lire et à voir en cliquant sur les liens suivants :

Interview de Richard Berry, réalisateur du film "L’immortel"


Interview de Jean Reno pour le film "L’immortel"


L'Immortel : Film annonce
Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 15:39
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
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