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Publié par Aanil

ARTE diffuse, mardi 25 mars 2014 à 22 heures 10, le documentaire de Peter Heller "L'aide au développement - Un cadeau empoisonné ?".

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© Lichtfilm


De l’effet délétère de l’aide au développement et de certains projets humanitaires... À travers trois exemples africains, le documentariste Peter Heller montre comment des investissements inappropriés, une méconnaissance des modes de vie locaux, les sécheresses récurrentes, les atteintes à l’environnement et la corruption ont conduit à des situations dramatiques.


Le diagnostic de l’agronome René Dumont dans son livre alors fort décrié L’Afrique noire est mal partie (1962) semble ne rien avoir perdu de sa pertinence. Bien que 1 000 milliards de dollars aient été distribués en Afrique en cinq décennies, les pays ayant reçu le volume d’aide le plus important continuent de végéter. À travers trois études de cas, le documentariste Peter Heller, qui ausculte le continent africain depuis trente ans, montre comment des investissements inappropriés, une méconnaissance des modes de vie locaux, les monocultures de rapport au détriment de l’agriculture vivrière, les sécheresses récurrentes, les atteintes à l’environnement, l’absence d’activités de transformation et de valorisation des matières premières et la corruption ont conduit à des situations dramatiques. Au Kenya, les populations proches du lac Turkana ont des traditions pastorales et lorsque des spécialistes du développement venus de Norvège ont voulu les convaincre de devenir pêcheurs et de transformer du poisson, rien ne s’est passé comme prévu. Au Mali, le barrage de Manantali, érigé sur le fleuve Sénégal avec l’aide d’entreprises allemandes, suisses et sénégalaises, qui fournit en électricité le Mali, le Sénégal et la Mauritanie, a englouti des villages entiers. Mais les populations déplacées, faute de recevoir les terres de remplacement promises et d’accéder à l’irrigation sont devenues dépendantes de l’aide alimentaire. Quant à la Tanzanie, elle avait misé sur le collectivisme et les cultures de rapport, notamment le coton. Mais la chute du cours mondial a ruiné nombre de paysans. L’espoir renaît pourtant grâce à la production de coton bio qui fédère aujourd’hui 2 000 agriculteurs.

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