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Publié par Aanil

ARTE diffuse, dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 mars 2014 à 01 heure 00, le documentaire réalisé par Peter Liechti "Le chant des insectes - Rapport d'une momie".

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© autlook films


Au coeur de l'hiver, le chasseur S. trouve dans un coin perdu de forêt la momie d'un homme âgé d'une quarantaine d'années. Grâce aux indications minutieuses qu'il avait notées dans son carnet, on apprend que l'homme s'est suicidé l'été précédent en se laissant mourir de faim. Un saisissant manifeste cinématographique.


Au cœur de l'hiver, le chasseur S. trouve dans un coin perdu de forêt la momie d'un homme âgé d'une quarantaine d'années. Grâce aux indications minutieuses qu'il avait notées dans son carnet, on apprend que l'homme s'est suicidé l'été précédent en se laissant mourir de faim. Sur ces quelques pages retrouvées entre ses jambes, l'homme avait consigné toutes les sensations et les douleurs qu'il avait ressenties, ainsi que la façon dont il occupait ses derniers jours, passés seul à l'abri d'une bâche. Une approche très personnelle d'un texte de fiction (Miira ni narumade de Shimada Masahiko), lui-même fondé sur des faits réels. Un manifeste cinématographique en faveur de la vie - suscité par un renoncement radical à exister.

Réminiscences

"Il faut s'imaginer une symphonie de sons et d'images, qui sont mobilisés pour esquisser le quotidien de cet homme. La forêt possède les atours d'un univers en constante activité, battu par les vents, les orages, brûlé de soleil et habité de milliers d'oiseaux et d'insectes, qui composent un tableau terriblement vivant. La cabane tendue de bâches transparentes est filmée comme une maison hantée, la caméra observe, se déplace, change de points de vue, capte les états de la lumière, les mouvements infinis de la nature, dont la mémoire conserve sans doute la trace de l'homme aujourd'hui disparu. Il ne s'agit pas d'un point de vue subjectif, qui chercherait à guider le spectateur à la place de l'homme, mais bien d'une quête de la dimension métaphysique de cette histoire. Que peut le cinéma des hommes à l'endroit de ce que fut cette vie engloutie dans le cœur d'une nature foisonnante ?

Il faut écouter, regarder cette forêt, qui acquiert ainsi un caractère mythologique. Et surgissent alors des bouffées d'images, des réminiscences fragmentaires, des visages, des silhouettes, des fantômes d'un autre monde, ce cheval blanc aussi, qui font signe aux naufragés de la vie. Peter Liechti est l'architecte inspiré de cet espace méditatif et halluciné que construit le film. Il veut croire avec nous que le cinéma peut être ce lien magnifique, magique, entre les vivants et les morts." (Extrait du catalogue du festival Visions du réel, à Nyon)

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