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Publié par Aanil

ARTE diffuse, dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 mai 2014 à 00 heure 30, le documentaire réalisé par Pierre-Yves Vandeweerd "Les tourmentes".

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Le cinéaste belge Pierre-Yves Vandeweerd ("Territoire perdu") approfondit encore la singularité et la force évocatrice de son style. En deux récits parallèles qui entrent en résonance, il invite à une odyssée poétique et inspirée sur la folie.


"La tourmente, c'est une tempête de neige qui désoriente et égare. C'est aussi le nom donné au siècle dernier à une mélancolie provoquée par la dureté et la longueur des hivers. Là où souffle la tourmente, des hommes érigèrent des clochers pour rappeler les égarés. Et des bergers, au gré de leurs transhumances, usèrent de leurs troupeaux pour invoquer des âmes perdues ou oubliées." Partant de ce carton d'introduction, le cinéaste belge Pierre-Yves Vandeweerd invite à une odyssée poétique et inspirée sur la folie en deux récits parallèles qui entrent en résonance. Parti en transhumance dans les montagnes de Lozère avec ses moutons, un berger accomplit les rites consacrés aux égarés (invocation, sépulture, sacrifice…) selon les recommandations en occitan que lui adresse une voix chuchotée. Et à l'asile psychiatrique de Saint-Alban, un village situé à proximité, des patients énumèrent les noms de quelques-uns de leurs trois mille prédécesseurs enterrés là, dans l'enclos des fous, entre 1880 et 1980, tandis qu'une voix évoque les cas cliniques de quelques autres à travers des comptes-rendus de l'époque…

La communion des fous

Si Pierre-Yves Vandeweerd a quitté pour les montagnes enneigées de Lozère ses territoires africains de prédilection – arpentés au fil de splendides documentaires primés dans de nombreux festivals (Territoire perdu, Le cercle des noyés…) –, il approfondit encore la singularité et la force évocatrice de son style. Ses images minérales quasi-dépouillées de leurs couleurs, plans rapprochés sur les corps et panoramas méditatifs de paysages enneigés, ne sont pas sans rappeler les étendues désertiques des films précédents… Accompagnées d'une bande-son désynchronisée, composition envoûtante de cordes, de voix modulées et de musique concrète hantée par le souffle du vent et le frottement des pierres, elles disent la peine à vivre de personnages emprisonnés – pour mieux les libérer des diktats de la raison, leur redonnant une place dans le monde dans une communion salvatrice.

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