TV Replay

Publié par Aanil

Au sommaire du magazine Metropolis, diffusé samedi 02 novembre 2013 à 14 heures 35 sur ARTE  :

metropolis-arte.jpg


Un regard sur notre culture et celle de nos voisins. Metropolis cultive la curiosité et le plaisir.


Cette semaine : La bouillonnante scène culturelle de Beyrouth - Un hommage au marchand d'art berlinois Alfred Flechteim - Gregory Porter, ancien footballeur américain devenu une nouvelle star du jazz.


Une série d'expositions consacrées à Alfred Flechtheim

Dans les années 1920, ce collectionneur d'art berlinois (1878-1937) a un succès phénoménal. Il achète des œuvres de Picasso, traite avec les cubistes et fréquente les peintres de l'avant-garde allemande. Les réceptions qu'il donne font frémir tout le gratin de l'époque. Sa recette : " Il suffit de prendre beaucoup de belles femmes, des poètes célèbres, un orchestre de jazz, trois fabricants de schnaps, les peintres et sculpteurs berlinois les plus en vue, quelques grands aristocrates et des canapés faits maison. " A minuit, Alfred Flechtheim himself danse au milieu des convives en habit de torero... C'est lui qui fait la notoriété de Max Beckmann, de Paul Klee, de Fernand Léger et de George Grosz. Dès 1933, année de l'arrivée au pouvoir des nazis, il comprend qu'il n'a pas d'autre choix que de quitter l'Allemagne. Il part pour Paris, puis pour Londres où il succombe tragiquement à une septicémie. En 1941, sa veuve reçoit à Berlin un avis de déportation et se suicide. Toutes ses possessions tombent au Troisième Reich. Parmi elles, de nombreuses toiles qu'on retrouve aujourd'hui encore dans plusieurs musées en Allemagne. L'historien Ottfried Dascher a fait des recherches pendant plus de 10 ans sur le célèbre collectionneur. Flechtheim a-t-il vendu ses tableaux parce qu'il était pressé de quitter le pays ? La dilapidation de son patrimoine est-elle la conséquence directe de sa persécution ? Mandatés par ses héritiers, plusieurs avocats demandent que certains musées allemands leur restituent ses œuvres. Une exposition organisée dans 15 musées lève le voile sur les circuits du commerce des œuvres d'art à l'époque et rend hommage aux services rendus par Flechtheim. La Kunsthalle de Hambourg expose 37 œuvres achetées à Flechtheim par la direction du musée entre 1920 et 1931 ou léguées par lui en donation.


Dossier métropoles : Beyrouth

En novembre, Metropolis accompagne dans sa ville natale Yasmine Hamdan, icône internationale de la pop arabe libanaise. A ses côtés, on voit à quel point la scène culturelle de cette ville qu'on qualifiait autrefois de " Paris du Proche-Orient " résiste à l'état d'exception permanent grâce à une irrépressible envie de vivre et une époustouflante créativité, comment elle contient la menace d'embrasement que la guerre civile syrienne pourrait déclencher à chaque instant dans ce Liban multiethnique.

Une métropole orientale et cosmopolite façonnée au cours des siècles par les chrétiens, les druses, les musulmans, sunnites comme chiites, une cité qui a manqué de sombrer totalement pendant les quinze ans de guerre civile avant qu'elle ne renaisse de ses cendres dans les années 90. Aujourd'hui, elle est sur la corde raide entre le retour sur son passé et l'amnésie collective. Les uns, tournés vers l'avenir, tentent d'ignorer le passé douloureux. En témoigne la construction effrénée. Les autres restent attachés aux souvenirs, aux lieux d'histoire, seule façon à leurs yeux pour leur ville martyre de retrouver son identité si singulière. Façon aussi de conjurer le passé, d'éviter que l'histoire ne se répète, de sauver la paix fragile de ce pays patchwork.

De la place des martyrs, d'où est partie la révolution du cèdre contre la mainmise de la Syrie sur le Liban, Metropolis suit à travers une ville en pleine mutation la charismatique Yasmine Hamdan, et part à la rencontre d'architectes, de designers et d'artistes.


Un colosse à la voix de velours : Gregory Porter, nouvelle star du jazz

Si une blessure sportive n'était pas venue infléchir son destin, Gregory Porter aurait sans doute fait carrière dans le football américain. Pour notre plus grand bonheur, le gros costaud a viré chanteur de jazz. Ce fils d'une femme pasteure, qui a grandi dans le gospel de Los Angeles, est d'ores et déjà au firmament du jazz vocal. Son dernier album Liquid Spirit a été accueilli par la critique avec force dithyrambes. Bien longtemps qu'on n'avait pas vu un chanteur de jazz allier le plus naturellement du monde la tradition et le présent de ce genre musical (et composer lui-même presque tous les morceaux). En octobre, Gregory Porter est en tournée en France ; en novembre, ce sera au tour de l'Allemagne, où il donnera 10 concerts.

Commenter cet article