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Publié par Aanil

Au sommaire du magazine Metropolis, diffusé samedi 05 octobre 2013 à 14 heures 35 sur ARTE  :

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Un regard sur notre culture et celle de nos voisins. Metropolis cultive la curiosité et le plaisir.


Cette semaine : Visite de la ville d'Odessa, dont le charme a été quelque peu entamé par les terribles événements du XXe siècle, mais qui retrouve son éclat d'antan - Le romancier brésilien Rafael Cardoso est l'invité d'honneur de la Foire du livre de Francfort - Le photographe Hugues Vassal se souvient d'Édith Piaf - La chorégraphe Sasha Waltz s'expose au ZKM de Karlsruhe.


Dossier métropole : Odessa, un monde à part

La ville portuaire d'Odessa est située en Ukraine, mais ses habitants parlent russe et regardent plutôt vers l'Ouest. Difficile de dire à qui appartient réellement Odessa. Car la pittoresque cité sur la mer Noire a une personnalité qui n'appartient qu'à elle. C'est une métropole multiculturelle aux habitants débordant d'optimisme et d'humour, mais aussi très patriotes.

" Metropolis " est bien décidée à saisir l'esprit qui anime cette ville. Nous rencontrons des artistes, comme le sculpteur Michael Reva. Il a signé l'une des curiosités les plus photographiées de la ville. En été, des dizaines de personnes font la queue pour être photographiées sur une chaise vide en bronze. L'artiste conçoit son œuvre comme un monument interactif, commentaire ironique des monuments de l'ère soviétique dont la fonction première était " d'opprimer la personnalité ".

" Metropolis " se rend dans le célèbre opéra d'Odessa, édifice historique mêlant les styles à grand renfort de dorures comme dans une féerie à la Disney. Nous nous laissons guider dans les lieux moins fréquentés de la ville et goûtons à la cuisine locale qui diffère radicalement de la gastronomie ukrainienne. Visite également de la troisième Biennale d'Odessa qui expose des œuvres politiques, souvent résistantes, issues de toute l'Europe de l'Est. Le commissaire Miroslav Kultchitsky explique que contrairement aux autres villes ukrainiennes, il n'y a pas de censure artistique à Odessa. La cité portuaire a toujours été une ville ouverte et libre. Une visite s'impose.


Actualité : Les guerriers secrets des Etats-Unis

Depuis des semaines, les Etats-Unis tergiversent autour d'éventuelles frappes militaires punitives en Syrie. A présent, Barack Obama semble avoir renoncé à une solution armée, rompant ainsi avec la politique de son prédécesseur George W. Bush. Alors que l'administration mise sur une certaine modération militaire, la stratégie de la guerre américaine change en coulisses : d'une guerre ouverte, on passe à une guerre cachée.

Le lauréat du prix Pulitzer Mark Mazzetti épingle ce changement dans son nouveau livre, Killing Business. Le journaliste du New York Times parle d'une guerre de l'ombre menée par les Etats-Unis, une guerre qui se déroule le plus souvent à l'abri des regards et où la CIA est devenue un belligérant à part entière. Mark Mazzetti explique que les services secrets américains, jadis créés comme une organisation d'espionnage pendant la Guerre froide, se sont transformés en une machine à tuer agissant à la solde de la Maison blanche sur divers théâtre d'intervention de la guerre contre le terrorisme : attaques de drones dans les montagnes du Pakistan, meurtres commandités en Afrique du Nord, guerre idéologique dans le Golfe.

En quoi cette nouvelle stratégie modifie-t-elle notre perception de la guerre ? A quoi ressembleront les guerres du futur ? L'usage qui est fait des armes est-t-il encore soumis à un contrôle démocratique ? Mais surtout : quelles sont les bases juridiques de cette guerre qui ne dit pas son nom ? " Metropolis " a rencontré Mark Mazzetti à Washington.


Danse : le retour au bercail de Sasha Waltz

Humour, agressivité et sensualité... Chez Sasha Waltz, tout se prête au théâtre dansé. Ce qui compte, c'est la qualité. La chorégraphe allemande actuelle la plus connue exige tout d'elle-même et de ses danseurs, sans jamais s'arrêter. Depuis 20 ans, elle a fondé avec sa compagnie un nouveau langage corporel, investissant au passage des édifices entiers et révolutionnant l'opéra.

Pour les 20 ans de sa compagnie et les 50 ans de la chorégraphe, le ZKM de Karlsruhe expose des objets, des installations vidéo 3D ainsi que des décors de ses mises en scènes à explorer. Ce parcours est une expérience : pour la première fois, des danseurs se produisent dans une exposition. A cet effet, 15 jeunes danseurs du monde entier ont été invités. Pour eux, c'est une chance immense de pouvoir travailler avec la célèbre Sasha Waltz.

" Metropolis " a suivi les répétitions des scènes-clés des œuvres qui seront présentées lors de l'exposition. Une des pièces est intitulée " Körper " et date de 2000. La chorégraphe y déploie un langage corporel résolument singulier, brutal et passionné. A ce jour, il s'agit de son œuvre la plus reprise dans le monde entier.

Depuis ses débuts, Sasha Waltz tisse un lien entre les corps et l'espace, l'homme et l'architecture. Metropolis jette un regard rétrospectif sur son œuvre et en profite pour interroger la chorégraphe sur ses futurs projets. L'exposition dédiée à cette artiste visionnaire a lieu jusqu'au 2 février 2014 au Musée des médias du ZKM de Karlsruhe.


Fotografie: Hugues Vassal - le photographe d'Edith Piaf

La Môme Piaf appartient au patrimoine culturel de la capitale, au même titre que la tour Eiffel ou les Champs-Élysées. En octobre 2013, on commémorera le 50e anniversaire de sa disparition. Hugues Vassal, un de ses compagnons de route, est encore en vie et continue d'entretenir le culte d'Edith Piaf. Âgé aujourd'hui de 77 ans, ce photographe a eu le rare privilège de suivre la chanteuse pendant sept ans, à la scène, à la ville, et à l'hôpital. Fin 2012, Hugues Vassal a publié un album qui regorge de photos inédites et qu'il a agrémenté de souvenirs personnels. A l'occasion de cette date anniversaire, il a écrit une pièce de théâtre minimaliste sur l'être qui a marqué à jamais sa vie. Metropolis lui a rendu visite à Paris et a découvert d'autres facettes d'Edith Piaf.

Autor : Daniel Guthmann


Musique : Patrice - quand le reggae allemand envahit la France

Une voix reconnaissable entre mille, un son unique, mélange de reggae, de soul, de hip hop, de r'n'b et d'afrobeat : Patrice est en tournée avec son nouvel album à travers la France et Allemagne. C'est l'un des rares musiciens d'outre-Rhin à faire salle comble en dehors de son pays.

Patrice a vécu un temps à Cologne. Il s'est à présent installé à Paris. Et comme il déteste la routine et adore les nouveaux départs, il vient de réaliser son premier film. Il s'est rendu en Sierra Leone, le pays de son père, pour tourner le court métrage The Rising of the Son, lequel porte le même titre que son dernier album. Le film raconte l'histoire d'un jeune homme qui tente d'échapper à un gang. De prime abord, on dirait un film de gangsters. Mais il y est aussi question de peurs à surmonter et de quête de soi. Preuve que c'est bien l'œuvre de Patrice Bart-William.

Très tôt, Patrice a été confronté à des questions existentielles. Son adolescence n'a pas été sans douleur, car son père, un écrivain africain, est mort quand il avait 11 ans. Cette disparition brutale a fait voler en éclat une vie d'enfant jusque-là bien ordonnée. Patrice a soudain dû quitter le foyer familial de Kerpen près de Cologne pour un internat réservé à l'élite. D'où il s'est finalement fait virer. Car il n'y avait que la musique et la guitare pour le passionner. A l'âge de 15 ans, il écrit ses premières chansons déjà empreintes d'une grande profondeur. " Du fait de sa mort prématurée, mon père a quelque-chose de surhumain pour moi, son esprit est gigantesque ", confie Patrice.

Le chanteur est né le jour de la mort de son grand-père. Son père lui a donc également donné le nom de Babatunde, ce qui signifie " la réincarnation du père bien-aimé ". Voilà qui pourrait bien expliquer le titre du dernier album de Patrice, " The Rising of the Son ".


Atelier : Un Brésilien à Berlin

S'il y en a un qui sait pourquoi il habite à Berlin, c'est bien le Brésilien Rafael Cardoso. Son dernier roman, Dieciseis mujeres/Sixteen Women, est un hommage à sa ville natale Rio de Janeiro. En revanche, le prochain, Os remanescentes, prend Berlin dans son collimateur. C'est là que réside actuellement l'écrivain brésilien. Il est venu démêler l'histoire complexe de sa famille qui vécut un temps dans la capitale allemande. L'arrière-grand-père de Rafael Cardoso était l'homme politique, banquier et collectionneur d'art Hugo Simon, de confession juive. Ami d'Albert Einstein et de Thomas Mann, il avait fait l'acquisition de tableaux d'Oskar Kokoschka, de Max Pechstein et d'Edvard Munch. Il possédait aussi Le cri d'Edvard Munch. Après avoir fui les nazis, il dut s'en défaire - apparemment sous la contrainte. Rafael Cardoso s'est insurgé contre la vente aux enchères de cette toile par Sothebys il y a un an. Sera-t-il question de ce célébrissime tableau dans son nouveau roman ? Metropolis accompagne Rafael Cardoso dans sa quête familiale et s'entretient du Brésil avec l'invité d'honneur de la Foire du livre de Francfort.

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