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Publié par Aanil

Au sommaire du magazine Metropolis, diffusé samedi 14 décembre 2013 à 14 heures 35 sur ARTE  :

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Un regard sur notre culture et celle de nos voisins. Metropolis cultive la curiosité et le plaisir.


Cette semaine :
Visite à Brême du musée Paula Modersohn-Becker et découverte du projet de projections des 'urbanscreener' sur le bâtiment du Schütting, la chambre de commerce de la ville - À Berlin, visite de l'atelier de la photographe plasticienne Anne-Catherine Becker-Echivard.


Dossier métropole : Brême

Quand on évoque Brême, on pense bien sûr au conte de Grimm Les musiciens de Brême... Mais Brême renvoie aussi à la peintre Paula Modersohn-Becker et à la colonie d'artistes de Worpswede. Cette ville hanséatique à taille humaine abrite quelques merveilles, comme la Böttcherstraße, une rue du centre historique conçue il y a une centaine d'années. Monument de l'époque expressionniste, c'est une fulgurance art déco, une utopie inspirée de l'Atlantide dont l'édifice peut-être le plus célèbre abrite une salle voûtée, allégorie du firmament. Ce délire en briques unique en son genre continue d'exercer une fascination intacte. Toujours dans la Böttcherstraße, le musée Paula Modersohn-Becker accueille en ce moment une exposition de nus en hommage à cette artiste qui fut la première à réaliser un autoportrait nu - et ce six jours après son mariage en 1906. Autre particularité de la ville-Etat de Brême, son exclave, le port de Bremerhaven. Au XIXe siècle, pour de nombreux émigrants courageux acculés par la misère, c'était le point de départ d'un long voyage en bateau jusqu'à l'autre bout du monde, aux Etats-Unis ou en Australie. Entre 1852 et 1890, près de 1,2 millions d'hommes et de femmes ont ainsi tenté leur chance dans des terres étrangères. De quoi considérer les tragiques événements de Lampedusa sous un autre angle...

Mais qu'en est-il de la Brême d'aujourd'hui ? En Allemagne, la ville-Etat détient le record de l'endettement par habitant. Pourtant, la subculture locale est loin d'être désespérée. Ses acteurs ont appris à investir de nouveaux espaces, au sens propre comme au figuré. La ZwischenZeitZentrale reconvertit ainsi des bâtiments inoccupés au profit des industries de la création. Comme par exemple la société urbanscreen qui illumine le monde depuis Brême. A Sidney, elle était chargée de mettre en lumière l'opéra. Metropolis ne pouvait manquer le dernier projet d'éclairage des " urbanscreener " : le Schütting, la chambre de commerce de Brême située sur la place du marché.


Visite d'atelier : la photographe Anne-Catherine Becker-Echivard

Des cabillauds, des maquereaux ou des mulets en train de travailler à la chaîne, de discuter dans un salon, habillés comme vous et moi. Les protagonistes de la photographe Anne-Catherine Becker-Echivard sont certes périssables, mais ô combien humains. L'artiste franco-allemande de 42 ans met en scène des poissons trouvés au marché des grossistes. Elle donne naissance à d'étranges panoramas renvoyant au quotidien humain et à sa confusion. Représentations d'une étreinte rapide sur le capot d'une voiture, de la sainte Cène ou d'un dernier verre au bar, avec toujours, des têtes de poissons sur des corps humains. Depuis plus de dix ans, Anne-Catherine Becker-Echivard crée un univers anthropomorphe avec des animaux morts. Il lui faut plusieurs mois pour concevoir et réaliser ses scènes qui s'apparenten quelque peu à des peep-shows. Car dans ses créations, rien n'est laissé au hasard, le moindre détail est le fruit d'une démarche mûrement réfléchie. Anne-Catherine Becker-Echivard se présente comme " photographe plasticienne ". Elle est née à Paris en 1971 et a grandi à Berlin. Après avoir abandonné des études de droit et de géographie à l'Université Humboldt, elle est retournée en France pour se tourner vers la photographie. Depuis 2009, elle vit et travaille à nouveau à Berlin.

Metropolis a suivi Anne-Catherine Becker-Echivard lors de la réalisation d'une de ses dernières œuvres. Ironie du sort, il s'agit d'une scène dans une fabrique de sardines. Les poissons sont évidemment photographiés le vendredi, jour où le marché est le mieux approvisionné. Et si les protagonistes ne se gâtent pas durant les prises de vue, ils ont toutes les chances d'atterrir ensuite dans le ventre de l'artiste et de ses assistants !

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