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Publié par Aanil

Au sommaire du magazine Metropolis, diffusé samedi 19 octobre 2013 à 14 heures 35 sur ARTE  :

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Un regard sur notre culture et celle de nos voisins. Metropolis cultive la curiosité et le plaisir.


Cette semaine : Visite de Nantes qui, depuis la fermeture du dernier chantier naval en 1989, a redressé la tête grâce à la culture - La danseuse Michaela dePrince - La diva de la musique contemporaine Barbara Hannigan - Dans l'atelier de l'artiste syrien Ali Kaaf, à Berlin - Jane et Serge, les amants du siècle, par Andrew Birkin - Zeina Abirached, auteure de BD.


Livre  - Les amants du siècle : l'album de photos privées de Jane Birkin et Serge Gainsbourg.

C'était le couple le plus glamour et le plus sexy des seventies, sans cesse pourchassé par les photographes, incarnation des fantasmes de toute une génération. Leur duo " Je t'aime…. moi non plus " est devenu un bréviaire érotique sur microsillon, provoquant les foudres du Vatican, ce qui ne l'a pas empêché de devenir un tube planétaire. De 1968, début de la liaison entre l'actrice anglaise Jane Birkin et l'auteur-compositeur français Serge Gainsbourg, jusqu'en 1980, année de leur rupture, le réalisateur et photographe amateur Andrew Birkin, frère de Jane, était un hôte régulier de ce couple légendaire dont il a réalisé des milliers d'instantanés. Ces photos, qui n'avaient encore jamais été publiées donnent à voir l'intimité du couple tout en faisant revivre une époque où les bourreaux des cœurs mal rasés, cigarette immanquablement vissée au bec, faisaient succomber les jolies femmes. Jane Birkin et Serge Gainsbourg se sont rencontrés sur le tournage du film Slogan. Birkin venait de quitter le compositeur John Barry, Gainsbourg sortait d'une relation avec Brigitte Bardot et l'attirance fut loin d'être immédiate.

L'album de famille paraît cet automne aux éditions Taschen. Metropolis a rencontré Jane Birkin, éternelle romantique de 66 printemps, lors de sa tournée en Allemagne et rendu visite à Andrew Birkin au Royaume-Uni.


Dossier métropoles - Nantes : ville de rencontres, ville en mouvement

La cité située à l'embouchure de trois fleuves, la Loire, l'Erdre et la Sèvre a réussi à se réinventer. En 1989 fermait le dernier chantier naval. La prospérité d'antan fait place à la morosité. Avec le départ des armateurs et des constructeurs de bateaux, le chômage commence à gangréner la ville, mais elle parvient à faire sa révolution structurelle, jetant un pont entre le passé et le présent, entre l'eau et la terre, et redresse la tête grâce à la culture. Pas celle des élites, des initiés : celle qui innove, qui croit que tout est possible et que chacun peut y prendre part. Sœur de l'espoir, la créativité a le pouvoir de réaliser les rêves. Pour le danseur et chorégraphe Loïc Touzé, Nantes est comme un corps qui bouge et qui change, une ville en mouvement, un creuset de rencontres entre toutes les couches de la société, à l'image de projet " Autour de la table ". Quant à l'artiste hip hop Yasmin Rahmani, il explique qu'avant, il dansait pour oublier ses origines. Aujourd'hui, il danse pour montrer d'où il vient. Cet ancien champion d'Europe de hip hop enseigne son art depuis des décennies à Bellevue, le quartier sensible de Nantes. Une manière d'insuffler des rêves et des visions dans un endroit où le futur n'a pas encore pénétré. Récolter ce qu'on a semé, n'est-ce pas un moyen de conquérir l'avenir ? Penser avec ses mains et avec son corps pour vivre une vie équilibrée. Tel est le précepte d'Olivier Durand, maraîcher de son état et figure culturelle de la " capitale verte de l'Europe ". Rien d'étonnant à cela : l'agriculture n'est-elle pas la forme la plus ancienne de la culture ? L'horticulture maraichère jouit d'une longue tradition à Nantes. C'est ici que furent inventés de nombreux outils agricoles ; la carotte et la salade nantaises sont légendaires et dans la halle du marché de Talensac, on ne trouve que les meilleurs produits... Elodie Raman, chanteuse de soul, rappelle dans ses textes les pages sombres du passé de Nantes, qui fut la métropole française de la traite des esclaves. Son père est Martiniquais, elle descend donc des esclaves qui furent déportés dans les colonies sur des navires nantais. Ses chansons parlent de la proximité du lointain, de la curiosité de se sentir étrangère chez elle sur un autre continent. Elle nous accompagne sur l'Île de Nantes, où était autrefois le port de Nantes.


Elle ne veut qu'une chose : danser. Michaela dePrince, orpheline de guerre de Sierra Leone et révélation internationale du ballet

Elle a vu son rêve devenir réalité. Un rêve qui avait commencé par la photo d'une danseuse sur la couverture jaunie d'un magazine trouvé devant l'orphelinat dans la Sierra Leone ravagée par la guerre civile. Elle avait perdu ses parents, était " numéro 27 " dans le foyer, une orpheline de guerre qu'on appelait " l'enfant du diable " à cause de tâches de pigmentation sur sa peau. Elle avait été adoptée à 4 ans par une famille américaine qui prit grand soin d'elle, et qui l'inscrivit à un cours de danse à l'âge de 5 ans. Aujourd'hui, Michaela dePrince a 18 ans, c'est une star aux Etats-Unis. Elle s'impose déjà sur les grandes scènes du monde. Dans le documentaire " First Position ", cette boursière de l'American Ballet Theatre et membre du Dance Theatre of Harlem crève l'écran et le cœur du public. Metropolis l'a rencontrée à Amsterdam, où elle se produit en ce moment comme artiste invitée au Ballet national des Pays-Bas.


Quand l'opéra donne des frissons : Barbara Hannigan, la star de la musique contemporaine

L'opéra, c'est son truc. Elle se joue des octaves, danse sur les pointes, possède une voix renversante et sait même diriger. Et en plus, elle est ravissante… comme lorsque vêtue de cuir noir, elle trouble le grand Simon Rattle. La diva de la musique contemporaine est acclamée dans les institutions lyriques et les salles de concert du monde entier. L'elfe de la modernité, la domina du dodécaphonisme, c'est elle, Barabra Hannigan. A Amsterdam, cette blonde de marbre originaire de la province canadienne est chez elle. Très tôt, elle s'est consacrée à l'opéra contemporain et dispose à présent d'un vaste répertoire où l'on retrouve même Bach, Haendel ou Mozart. A 42 ans, Barbara Hannigan peut se targuer d'avoir travaillé avec Karlheinz Stockhausen, Hans Werner Henze, Louis Andriessen, Pascal Dusapin et Pierre Boulez. Bête de scène au tempérament bouillant, elle a joué dans la mise en scène du Grand Macabre de Ligeti signée La Fura dels Baus. L'an passé, elle a brillé dans la Lulu de Berg à la Monnaie. Barbara Hannigan a également fait sensation lors de la création à Aix-en-Provence de Written on Skin, l'opéra de George Benjamin repris depuis à Londres, Vienne et Munich… Enfin, n'oublions pas que pour la télévision hollandaise, elle chante régulièrement le compte à rebours de la Saint-Sylvestre ! En cette année Britten, elle a enregistré un album consacré au compositeur britannique. En France, le Syndicat de la critique lui a récemment décerné son " Prix de la personnalité musicale ". Metropolis a accompagné l'artiste à Amsterdam et Cologne, où en octobre, elle se produira à la fois comme soliste et chef d'orchestre.


Visite d'atelier : l'art archaïque du Syrien Ali Kaaf

Son parcours aventureux ne peut que s'expliquer par la guerre et les conflits. Les œuvres du Syrien Ali Kaaf sont le reflet d'une vie privée de libertés. Dans ses travaux, on retrouve des terrains minés, sombres et brûlés, des mises en scènes de l'effacement et de la noirceur. L'art contemporain n'a jamais eu droit de cité en Syrie, même avant la guerre civile. Ali Kaaf a étudié à Beyrouth et plus tard à Berlin, auprès de Rebecca Horn. Il vit toujours en exil dans la capitale allemande. Dix ans déjà qu'il secoue le public de ses expositions, en Orient ou en Occident, pour qu'il prenne conscience de la situation de ses compatriotes restés au pays. Ali Kaaf aimerait bien rentrer chez lui, mais pour y mener la vie d'un citoyen et d'un artiste libre.

Metropolis a rendu visite à Ali Kaaf dans son atelier berlinois.


Spécial Proche-Orient - Une enfance derrière les sacs de sable : la BD autobiographique de Zeina Abirached Mourir, partir, c'est le jeu des hirondelles

Zeina Abirached est née à Beyrouth en 1981 alors que la guerre civile qui a ravagé le Liban entre 1975 et 1990 fait rage. L'appartement familial se trouvait à deux pas de la ligne de démarcation qui séparait la partie chrétienne à l'Est de la vill, de la partie musulmane située à l'Ouest. Dans sa BD autobiographique parue en 2007, Mourir, partir, c'est le jeu des hirondelles, Zeina Abirached retrace ses souvenirs d'enfance dans cet immeuble en 1984. Partant de sa perception d'enfant, elle dépeint une guerre que le récit national libanais passe de nos jours sous silence. Dans cet ouvrage, l'unité de lieu est resserrée aux quelques mètres carrés de l'appartement familial. L'unité de temps est condensée dans les quelques heures d'une attaque aérienne pendant laquelle les parents sont séparés de leurs enfants. Pour la petite fille qui joue avec son frère dans le couloir de la maison, les menaces de la guerre civile sont invisibles. Les deux enfants ne savent pas qui sont les belligérants, ni les causes de leur affrontement. Pour eux, la guerre, se résume au bruit des bombes qui tombent dans la rue. Et pourtant, le conflit est omniprésent. La ville est divisée en secteurs, l'immeuble où vit la famille est entouré de murs de sacs de sable derrières lesquels les tireurs embusqués se barricadent. Les aléas de la politique conditionnent le destin des habitants de l'immeuble. C'est avec eux que les enfants passent les heures qui les séparent du retour des parents, dans une pièce bien abritée. Durant cette épreuve, tous tentent de braver la violence et le désespoir, d'élaborer des stratégies de survie, de continuer à vivre normalement, et même d'arroser leurs plantes, malgré la pénurie d'eau. Avec sensibilité, maestria et humour, Zeina Abirached raconte son enfance pendant la guerre civile, la solidarité et l'entraide au cœur du désastre ; ou comment se construire un semblant de sécurité et une patrie sur quelques mètres carrés à peine.

Metropolis rencontre Zeina Abirached à Paris où elle vit depuis 2005. Elle évoque les derniers événements et changements qui se sont produits à Beyrouth. Une évolution qu'elle documente avec des photos qui lui servent de base pour ses dessins.


Photographie - 2013, année internationale de l'eau - L'eau, c'est la vie : la beauté envoûtante d'une planète menacée photographiée par Edward Burtynsky

L'eau c'est la vie. L'eau a permis à notre civilisation d'atteindre son apogée. De l'usage que nous faisons de cette ressource toujours plus rare dépendra aussi notre avenir. Les origines de l'eau, son utilisation, sa distribution, son gaspillage, les dégâts infligés à la nature par l'homme quand il veut se rendre maître de l'eau... voilà ce que racontent les grands formats du photographe Edward Burtynsky rassemblés dans l'album Water, publié en septembre aux éditions Steidl. Désastre écologique ou triomphe de l'homme sur la nature ? Ce Canadien né en 1955 est un photographe de renom exposé dans les plus grands musées du monde. Ses clichés monumentaux et magiques en prise de vue aérienne demandent une importante logistique. Ils révèlent une planète blessée. Sans prétendre jouer les activistes de l'art, Edward Burtynsky mêle dans sa démarche création artistique et engagement politique. Le photographe s'est spécialisé dans les paysages façonnés par l'homme. Dans son remarquable cycle intitulé Oil, il documente les mutations du paysage dues à l'extraction, à la transformation, à la consommation et au recyclage du pétrole, cette omniprésente matière première. Ses images sont poétiques et pourtant tout en retenue. Il arpente le monde, à la recherche des traces du réchauffement climatique et de la destruction de l'environnement provoquée par notre société de consommation et de surabondance. Plus ses images sont abstraites et spectaculaires, plus elles nous confrontent à la fragilité de notre planète.

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