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Publié par Aanil

Au sommaire du magazine Metropolis, diffusé samedi 23 novembre 2013 à 14 heures 30 sur ARTE  :

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Un regard sur notre culture et celle de nos voisins. Metropolis cultive la curiosité et le plaisir.


Cette semaine :
À la découverte de la scène artistique de Turin - Rencontre avec l'historien britannique Christopher Clarke, auteur de 'Les somnambules : Été 1914. Comment l'Europe a marché vers la guerre' - Visite de l'atelier de Pola Brändle - Le groupe pop Keane fête ses 10 ans - Le funambule Antoine Rigot présente 'Le bal des intouchables' à Paris - Le pillage du patrimoine antique d'Egypte.


Dossier métropole : Turin - une belle un peu effacée au pied des Alpes

Turin est certes la quatrième ville d'Italie, mais contrairement à Rome ou Naples, ce n'est pas une destination touristique convoitée. Partout ailleurs dans la république transalpine, les visiteurs débarquent par cohortes. Mais sur les places de la première capitale italienne, c'est un vide abyssal qui règne. Il faut dire que le plus souvent, les gens ne savent pas grand-chose de cette métropole lovée au pied des Alpes. Si ce n'est que jadis, Turin abritait les usines Fiat.

Perçant la grisaille de cette ancienne capitale industrielle, Metropolis découvre une ville tout en sensualité, joueuse et surprenante. Sur les rives du Po, derrière des volets fermés, se cache la Casa Mollino, un musée pour le moins confidentiel, dédié à l'architecte turinois disparu en 1973 Carlo Mollino. Architecte, designer, as de la voltige aérienne, pilote automobile, Carlo Molino a aussi réalisé des photos de milliers de splendides femmes nues. Les meubles qu'il a conçus s'arrachent à présent aux enchères à des sommes pouvant atteindre les 3,8 millions de dollars. Le fonds Molino est précieusement gardé par Fulvio Ferrari. Et il n'ouvre les portes du royaume de l'architecte mélancolique qu'à des visiteurs triés sur le volet.

Si peu de gens sont au fait des merveilles que recèle Turin, c'est aussi en raison de l'attitude pleine de retenue des autochtones. Car dans une ville du piémont alpin, il va de soi que l'on ne fait pas étale de ce qu'on a. Un trait de caractère qui perdure jusqu'à nos jours. Ceux qui ont l'œil pourront s'en rendre compte au moindre coin de rue, les arts ne faisant d'ailleurs pas exception. Metropolis s'entretient avec le sculpteur Fabio Viale, la star de l'arte povera Michelangelo Pistoletto ainsi que l'écrivain Giuseppe Culicchia. L'occasion d'évoquer une ville en train de se forger une nouvelle identité, loin des remous de l'opinion.


Musique : de la hargne et des hymnes - le groupe Keane souffle ses dix bougies

Keane est une des formations anglaises les plus plébiscitées avec plus de 11 millions de disques écoulés. Leurs cinq albums se sont tous hissés en tête des charts britanniques. Un exploit que jusque-là, seuls les Beatles et Coldplay avaient réalisé. Et pourtant, la critique continue d'ignorer Keane, quand elle ne les voue pas aux gémonies. Le groupe du chanteur Tom Chaplin et du claviériste Tim Rice Oxley fête à présent ses dix ans d'existence en sortant un best of.

" Pour certaines personnes, notre musique est tout simplement trop émotionnelle ", déclare le chanteur Tom Chaplin. Il faut dire que depuis " Hopes and fears ", un premier album sorti en 2004, Keane n'a cessé de faire chanter des stades entiers. Leur recette : un rock dédaignant les guitares et qui fait la part belle aux claviers. Ce qui n'est pas toujours du goût de la scène indé d'outre-Manche. Keane est souvent catalogué comme un groupe de softies. En plus, ses membres sont originaires du paisible sud de l'Angleterre et ont fréquenté l'enseignement privé : un background qui n'arrange rien !

Aujourd'hui, les critiques sont le cadet de leurs soucis, car leurs hymnes comme " Somewhere Only We Know " ou " Everybody's Changing " sont devenus de véritables rouleaux compresseurs de la pop. A l'occasion de l'anniversaire de leur groupe, Metropolis a tenu à présenter ses vœux à ces superstars tant décriées.


Livre : Les somnambules - Eté 14 : comment l'Europe a marché vers la guerre

Les leçons de 1914

Le continent le plus prospère de la planète orchestre sa propre destruction. En 1914, la montée en puissance des nationalismes, la méfiance galopante et un système politique qui mise davantage sur la concurrence que sur la coopération plongent l'Europe dans les abîmes de la Première Guerre mondiale. Suivront trois décennies d'instabilité, de guerres et de crises. Il faudra au continent des dizaines d'années pour se relever, mais il ne retrouvera jamais sa place de centre politique du monde. Comment en est-on arrivé là ? Dans son dernier ouvrage, Les Somnambules : Été 1914 _ Comment l'Europe a marché vers la guerre, l'historien Christopher Clarke s'interroge et parvient à une conclusion pour le moins étonnante : l'Allemagne, selon lui, n'est pas la principale responsable du conflit. C'est l'ignorance des dirigeants de tous les pays qui ont précipité l'Europe dans la guerre. Dans son livre, l'Australien explique comment, en période de crise, des événements peuvent s'enchaîner jusqu'à conduire à la catastrophe. Cent ans après l'éclatement de la première catastrophe du XXe siècle, l'Europe se trouve de nouveau confrontée à des défis colossaux. Metropolis rencontre Christopher Clarke à Londres et lui demande quelle leçon Français et Allemands peuvent tirer du passé dans la crise que traverse aujourd'hui l'Europe.


Visite d'atelier : les peintures déchirées de Pola Brändle

Tout a commencé le jour où Pola Brändle a aperçu une affiche déchirée sur un panneau - et qu'elle y a vu une magnifique image. Un collage qui était l'œuvre de la nature, fruit du vent, de la météo et du délabrement. Depuis, Paula Brändle est fascinée par les affiches qu'elle est allée photographier dans 25 pays. Son ouvrage Plakatief - A World in Layers a été nominé pour le Prix allemand du livre photo en 2012.

En 2005, Pola Brändle commence à intervenir dans la vie des affiches et réalise ce qu'elle nomme des " collages/décollages ". A partir de centaines de lambeaux d'affiches, elle agence des portraits de personnes qui lui sont chères. L'artiste ne peut sillonner Berlin, son actuelle ville d'adoption, sans son sac à main qu'elle remplit immanquablement de nouveaux matériaux pour ses créations.

Paula Brändle élimine les messages publicitaires criards. A partir de ces fragments réduits à l'inutilité, elle crée quelque chose de neuf. Et toujours, elle s'inspire de la nature : dans ses œuvres, elle intègre sciemment les effets de la météo, de la saleté, des moisissures. " La décrépitude a quelque chose de très esthétique pour moi. Ces affiches restent des années dans les rues, parfois même un chien lève la patte, et après quelqu'un se dit que ça en jette et arrache un morceau… je trouve ça d'une incroyable beauté " confie l'artiste. Metropolis accompagne Pola Brändle dans sa chasse au trésor et assiste à l'avènement d'un de ses grands formats.


La vie sur un fil - le funambule Antoine Rigot

Antoine Rigot était un funambule de renommée mondiale, un des meilleurs représentants français de cet art. Un moment d'inadvertance sur une plage, une mauvaise chute, et il s'est retrouvé tétraplégique. Dans l'émouvante performance " Le bal des intouchables ", l'artiste raconte son histoire. Un moment de cirque sauvage et touchant, audacieux et plein d'humour.

Antoine Rigot est un maître. Dans ce spectacle, il réussit une subtile alchimie : aborder des sujets graves sur un ton léger et divertissant, sans submerger le public de pathos, mais sans pour autant sacrifier la profondeur et l'émotion. On y découvre ainsi comment un paraplégique se perçoit : corps lourdaud et massif, paria, caricature dépourvue de sex-appeal. Antoine Rigot transforme son parcours en une performance artistique de haut vol. Avec sa compagnie Les Colporteurs, il raconte le numéro de voltige de sa vie, déployant une technique corporelle à couper le souffle dans des scènes à se casser le cou. " Le bal des intouchables " est un hommage à l'art du funambule, mais aussi un hommage à la vie.


Le pillage du patrimoine antique d'Egypte

Le Caire est exsangue, politiquement et… culturellement. D'innombrables trésors archéologiques dérobés dans des musées et des tombeaux en Égypte sont désormais en vente sur le marché noir et sur Internet. " Depuis le printemps arabe de janvier 2011, la sécurité n'est plus assurée ", explique Mokhtar Kasbani de Faculté d'archéologie de l'Université du Caire. " Les forces de police ont laissé le champ libre. Alors, les pilleurs sont arrivés comme des nuées de sauterelles, jetant leur dévolu sur des sites majeurs comme les pyramides de Dahshur et Sakkara. Ils sont lourdement équipés mais également armés. Ils n'hésitent pas à blesser, voire à tuer le personnel de surveillance. " Car la demande en antiquités égyptiennes est énorme. Sur Internet, des maisons de vente aux enchères et des marchands d'art se spécialisent dans des pièces uniques, témoignages de cette grande civilisation. Le commerce de l'art égyptien est très lucratif. Comment stopper ce trafic illicite ? Et quel impact aura l'hémorragie de ces trésors nationaux sur la pérennité du patrimoine culturel égyptien ? Metropolis a interrogé des spécialistes.

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