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Publié par Aanil

Au sommaire du magazine Metropolis, diffusé samedi 30 novembre 2013 à 14 heures 35 sur ARTE  :

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Un regard sur notre culture et celle de nos voisins. Metropolis cultive la curiosité et le plaisir.


Rencontre à Alger avec l'écrivain Boualem Sansal, la documentariste Drifa Mezenner, le journaliste Adlene Meddi - Entretien avec le dessinateur Tomi Ungerer, à la veille de son 82e anniversaire - Le Martin Gropius Bau de Berlin consacre une rétrospective à la photographe Barbara Klemm - Qui était vraiment Anne Frank ? - Le peintre Hannes Möller - Petite histoire de Copacabana.


Dossier métropole : Alger

Alger, c'est une métropole méditerranéenne, avec ses boulevards, ses palmiers, ses façades blanches dans le style haussmannien. Mais Alger, c'est aussi la capitale du deuxième plus grand pays du continent africain, l'Algérie. Si la casbah d'Alger a été inscrite par l'UNESCO au Patrimoine mondial de l'humanité, la guerre civile qui a plongé le pays dans la violence pendant les années 1990 a fait sombrer la capitale dans une léthargie culturelle. En 2007, Alger a finalement été choisie comme capitale culturelle du monde arabe. Faut-il voir là le signe d'une renaissance ? METROPOLIS est bien décidé à savoir à quoi ressemble le quotidien dans cette ville de deux millions d'habitants et a donc rencontré Boualem Sansal, l'écrivain le plus connu d'Algérie. En 2011, il avait reçu le Prix de la paix des libraires allemands. L'auteur du Village de l'Allemand et de Rue Darwin nous montre " son " Alger et évoque son dernier livre, Gouverner au nom d'Allah : islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe paru chez Gallimard en octobre. Boualem Sansal est musulman : il met en garde contre une mauvaise interprétation de la religiosité. L'occasion de se demander ce que l'Islam a en commun avec l'islamisme...

Nous visiterons aussi la baie d'Alger où l'on construit actuellement une grande mosquée, la troisième au monde de par sa taille. La salle de prières pourra accueillir 35 000 fidèles, et avec un minaret de 265 mètres de hauteur, ce sera également l'édifice le plus haut d'Afrique. L'architecte et maître d'œuvre Wolfgang Käbberich, du cabinet allemand KSP Jürgen Engel, nous guide sur le chantier. Il nous explique l'enjeu de ce chantier pharaonique pour la ville d'Alger et parle aussi de la vie dans cette métropole méditerranéenne.

Nous rencontrons également Amina Menia, artiste conceptuelle qui vit à Alger : elle nous montre la casbah et explique pourquoi il faut renégocier quotidiennement la liberté et pourquoi le chaos ambiant et les sempiternels embouteillages sont un terreau idéal de la créativité.


Des caricatures érotiques aux livres pour enfants : METROPOLIS rencontre Tomi Ungerer

On ne présente plus Tomi Ungerer, le talentueux dessinateur, caricaturiste, graphiste, écrivain, cynique, illustrateur, critique de la société et Alsacien convaincu.

Né en 1931 à Strasbourg, Tomi Ungerer devient orphelin de père à cinq ans. Il a subi l'occupation allemande, le STO, l'incorporation dans la Wehrmacht et a quitté le lycée sans obtenir son bac, mais estampillé " pervers et subversif " sur son bulletin. Après un passage par la Légion étrangère et des études de dessin à Strasbourg, il débute une carrière de dessinateur de publicité et d'auteur à New York dans les années 1950. Ses caricatures et satires pornographiques ne vont pas tarder à faire de lui un véritable phénomène. Les trois brigands est probablement son livre pour enfants le plus connu. En Allemagne, son recueil illustré de chansons populaires traditionnelles Das große Liederbuch est un classique. Tomi Ungerer est un des dessinateurs parmi les plus prolixes. Il avoue travailler vite, comparant chaque dessin à une guerre éclair.

C'est à Zürich, dans les locaux de l'éditeur Diogenes où il prépare ses prochains projets, que METROPOLIS a rencontré le légendaire dessinateur qui fêtera ses 82 ans fin novembre. Nous nous entretenons avec lui de son enfance assombrie par l'antagonisme franco-allemand, de son intrépide mère qui a résisté à la Gestapo, et du " pont de l'amitié " entre la France et l'Allemagne que le génial artiste a contribué à construire dans l'après-guerre.


Par Carola Wittrock

La chroniqueuse discrète - une grande rétrospective berlinoise au Martin-Gropius-Bau rend hommage à la photographe Barbara Klemm

La photographe Barbara Klemm ne s'est pas contentée d'être le témoin d'un grand nombre d'événements de son époque. Elle est presque toujours parvenue à les saisir dans une photo décisive. Barabra Klemm a façonné les icônes des grands bouleversements politiques, comme avec cette photo de 1973 montrant Willy Brandt en discussion avec Leonid Brejnev, moment qui ne saurait mieux symboliser les accords fruits de l'Ostpolitik du chancelier allemand. En 1979 lors du trentième anniversaire de la RDA, Barbara Klemm est également la seule à avoir photographié de loin le baiser entre Leonid Brejnev et Erich Honecker, l'homme à la tête du régime est-allemand, révélant ainsi en arrière-plan Konstantin Tchernenko et Andreï Gromyko en train de s'entretenir, peu concernés par ce qui se passe. Barbara Klemm cherche l'instant unique, ce moment où tout se cristallise dans un instantané. Sa photo d'un étudiant dans la foule en liesse fêtant l'unité allemande est devenue l'emblème de la réunification. Pendant plus de 40 ans, Barbara Klemm a photographié pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung, quotidien pour lequel elle a beaucoup voyagé. Ses photos témoignent d'un monde encore largement divisé, elles ont pour théâtre les hauts lieux de la Guerre froide et de la révolution étudiante, les coulisses de la politique allemande et les conflits armés internationaux. Barbara Klemm a réalisé des portraits des habitants des bidonvilles de Calcutta et des clochards de New York. Elle a aussi photographié des artistes de renom, des musiciens, des hommes de lettres. Des sujets qui ne sauraient être plus différents. Mais à chaque fois, c'est sur l'humain que la photographe fixe toute son attention.

A partir du 16 novembre, le Martin Gropius Bau de Berlin consacre une grande rétrospective à la photographe : " Barbara Klemm, Fotografien 1968-2013 ". METROPOLIS a rencontré la photographe et évoqué avec elle les petits et grands moments de ces dernières décennies.


Qui était vraiment Anne Frank ? Un livre et un projet muséal fournissent des éléments de réponse

Le Journal intime d'Anne Frank est, après la Bible, l'un des ouvrages les plus lus dans le monde. Cette jeune juive allemande symbolise les victimes du nazisme, elle cristallise les espoirs, elle est quasiment sanctifiée. Mais l'image que nous avons gardée d'elle n'est-elle pas trop simpliste ? C'est en tout cas ce qu'estime le Anne Frank Fonds à Bâle, qui administre l'héritage d'Anne Frank.

Cette fondation créée par le père d'Anne Frank reproche à la Maison Anne Frank à Amsterdam d'être devenue un lieu de pèlerinage. Cette ancienne cache de la famille Frank reconvertie en musée fait d'Anne Frank un personnage universel en la présentant hors de son contexte historique et de ses origines juives. Conforté par une décision de justice, le Fonds à Bâle exige que le musée d'Amsterdam restitue, d'ici la fin de l'année, des documents, des objets et des photos. Un Centre dédié à la famille Frank est en train de voir le jour à Francfort. Il aura pour vocation d'apporter une vision différente et plus nuancée d'Anne Frank et de sa famille. Par ailleurs, la maison d'édition Fischer vient de publier l'intégralité de l'œuvre qui comporte une correspondance et des textes inédits, ainsi que d'autres versions du Journal. Les versions éditées jusqu'ici ne relataient qu'une partie de la vérité. Le père d'Anne avait en effet supprimé des passages relatant des conflits familiaux ou à caractère explicitement sexuel.

METROPOLIS rencontre Buddy Elias, le cousin d'Anne Frank. Il parle de ses souvenirs d'enfance avec Anne et de ce qu'elle aurait sûrement pensé de la glorification de sa personne. Nous avons également interviewé Yves Kugelmann du Anne Frank Fonds à Bâle et Ronald Leopold, le directeur de la Maison Anne Frank à Amsterdam. L'entretien porte sur le litige autour de l'héritage familial et sur la personnalité de la jeune auteure : qui était vraiment Anne Frank ?


Bibliothèques imaginaires : l'artiste peintre Hannes Möller redonne vie à des livres que l'on croyait disparus ou brûlés

Né en 1954, Hannes Möller vit et travaille à Assenheim en Allemagne. Il est fasciné par les ouvrages anciens et les bibliothèques patrimoniales. Depuis six ans, c'est un visiteur assidu de la Bodleian Library d'Oxford, de la British Library de Londres, de la Bibliothèque humaniste de Sélestat ou encore de la Herzog August Bibliothek de Wolfenbüttel. Là-bas, il photographie les manuscrits qui lui semblent dignes d'intérêt avant de les réinterpréter sous forme d'aquarelles. Désireux de monter une exposition au monastère d'Eberbach dans le Rheingau, il a tout mis en œuvre pour retrouver des livres que l'on croyait perdus, puis les a ramenés au monastère sous la forme d'une " bibliothèque imaginaire " comportant une centaine d'aquarelles.

METROPOLIS accompagne Hannes Möller dans son dernier projet en date dédié aux collections de la Bibliothèque de la duchesse Anna-Amalia à Weimar, endommagée par le feu en 2004. Hannes Möller s'intéresse autant au destin des livres existant réellement qu'à celui du concept du livre, objet haptique auquel s'accrochent les rêves. Ses aquarelles sont parfois aussi réalistes que des photos, parfois très abstraites quand elles montrent seulement quelques détails comme le dos ou la tranche de livres. Elles thématisent aussi la vision d'une " bibliothèque imaginaire " qui avait été célébrée par des écrivains comme Jorge Luis Borges ou Alberto Manguel.

A voir dans METROPOLIS, l'exposition de Hannes Möller au monastère d'Eberbach. L'équipe du magazine accompagne l'artiste à la Bibliothèque Anna-Amalia à Weimar et l'observe dans son atelier à Assenheim pendant qu'il transforme des photographies de livres en aquarelles conceptuelles.


Lieux mythiques : Copacabana

Le Brésil était l'invité d'honneur à la Foire du livre de Francfort 2013. Et il se prépare fébrilement à accueillir la Coupe du Monde de football en 2014 et les Jeux Olympiques d'été 2016 : tous les yeux sont donc à nouveau braqués sur le plus grand pays d'Amérique latine. Mais qu'est-ce qui nous vient spontanément à l'esprit quand on parle du Brésil ? On pense à des corps de rêve, au Carnaval et à Copacabana.

Copacabana ! Un nom semblable à celui d'une coupe glacée. Cet endroit mythique est synonyme de l'art de vivre brésilien. A Rio, une immense plage bordée par une centaine d'immeubles et une avenue à huit voies se déroule sur 4,5 kilomètres. Dans son livre " Copacabana - Biographie eines Sehnsuchtsortes ", l'historien Dawid Danilo Bartelt raconte comment ce petit village de pêcheurs est devenu le lieu de rendez-vous de la haute société, comment la Bossa Nova et les bikinis ont forgé une identité nationale. Et comment tout un quartier a contribué à effacer le passé colonial du Brésil.

METROPOLIS a rencontré l'historien originaire de Westphalie qui est installé depuis quelques années à Rio. Pour cette interview, nous sommes allés sur LA plage par excellence. Dawid Danilo Bartelt nous y attendait, pieds nus.

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