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Publié par Aanil

ARTE diffuse, mercredi 27 novembre 2013 à 23 heures 45, le documentaire réalisé par Michael Radford "Michel Petrucciani".

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© Jean Ber/Happiness Distribution


Pianiste de jazz éblouissant, Michel Petrucciani, atteint de la maladie des os de verre, a conduit sa vie à tombeau ouvert. Nourri de témoignages émouvants, le portrait d'un charmeur au formidable élan de vie.


Atteint d'une ostéogenèse imparfaite, maladie qui bridait sa croissance et fragilisait ses os, Michel Petrucciani manifesta très tôt un don extraordinaire pour la musique. Élevé par un père fou de jazz, l'enfant prodige joue en famille et, à 13 ans, ce disciple de Bill Evans sonne déjà "comme un Noir désabusé de 38 ans enlisé à Mexico dans un piano-bar", témoigne le critique David Himmelstein. À 18 ans, ce bonhomme d'à peine un mètre, qui ne marche pas et qu'on doit porter comme un bébé, s'envole pour la Californie, puis à New York où il fait sensation.

"Un mec qui perd pas de temps"

Chez lui, la vie privée et l'art se confondent en un maelstrom de bringue, de drague et de musique. Construit à partir d'une trentaine de témoignages de musiciens et de proches (souvent les deux) toujours sous le charme, et d'images d'archive en majorité personnelles, ce documentaire, sorti en salles en 2011, aborde son sujet par le versant intime. Il fait sentir le formidable élan vital qui animait Petrucciani et galvanisait sa musique. Il montre aussi ses côtés sombres, les excès de drogue, les ruptures sans préavis avec ses compagnes – car, oui, Michel était un tombeur – les humeurs noires et leur contrepoint solaire : vitalité, séduction et générosité. "Je suis un mec qui perd pas de temps", déclare ce jeune méridional à Ray-Ban, qui pressentait que sa vie serait courte – il est mort à 36 ans, après un marathon de 220 concerts la dernière année.

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