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Publié par Aanil

ARTE diffuse, jeudi 12 décembre 2013 à 23 heures 55, le documentaire réalisé par Alessandra Celesia "Mirage à l'italienne".

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À Turin, ville engluée dans la crise, des centaines de chômeurs et de salariés à bout répondent à une annonce insolite : aller conditionner des saumons au fin fond de l'Alaska. Cinq d'entre eux sont sélectionnés et s'envolent pour un voyage qui sera aussi intérieur. Un portrait de groupe en temps de crise, poignant et virtuose.


"Tu cherches du travail ? L’Alaska t’attend." Dans l’ex-capitale de l’automobile italienne, engluée dans la crise de la dette, des centaines de chômeurs et de salariés à bout répondent à cette annonce insolite, placardée sur les autobus et les tramways. Cinq sont sélectionnés pour un travail qui consistera à conditionner les saumons dans la petite ville côtière de Yakutat, peut-être parce qu’ils tiennent plus encore que les autres à s’enfuir au bout du monde : Giovanna, ex-toxico sans emploi, séparée de ses deux grands enfants, pour qui elle tient sur dictaphone la chronique de sa vie et de son amour maternel empêché ; Camilla, une actrice abonnée aux contrats à durée très déterminée dans les centres d’appel, qui adule Marlene Dietrich ; Dario, un mécanicien homosexuel en délicatesse avec sa famille et croulant sous les charges ; Ivan, ex-militaire en Irak et en Afghanistan, étouffant dans son boulot de livreur ; et Riccardo, qui n’a aucun mal à vivre de son emploi dans la publicité, mais éprouve le besoin de prendre le large depuis la mort de son fils, sept ans plus tôt. Accompagnés de l’une de leurs recruteuses, ils s’envolent pour le bout du monde, dans un voyage qui sera aussi intérieur.

Sans fard

Comment Alessandra Celesia a-t-elle procédé pour parvenir à capter aussi superbement l’intimité de ses personnages ? Ont-ils senti combien sa caméra, en traquant leur vérité, était bienveillante ? Leur état proche de la rupture les a-t-il affranchis du souci de présenter une "bonne image" ? Chacun de ces accidentés de la vie accepte avec une confiance singulière le regard de la réalisatrice, tout en s’ouvrant aux improbables compagnons de voyage que lui a apportés le destin. Un don de soi que l’on reçoit comme un cadeau, à travers cette odyssée solidaire, rythmée par la poésie brute des monologues enregistrés de Giovanna.

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