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Publié par Aanil

ARTE diffuse, dimanche 18 mai 2014 à 22 heures 45, le film réalisé par David Sieveking "Ne m'oublie pas".

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© Adrian Stähli/ Lichtblick Media GmbH


David Sieveking filme sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. À travers ce combat perdu d'avance, le réalisateur retrace aussi le parcours atypique de ses parents, engagés corps et âmes dans tous les combats des années 1960-1970. Un émouvant autoportrait de famille.


Pour que son père Malte, qui s’occupe avec amour de son épouse Gretel, atteinte de la maladie d'Alzheimer, puisse partir souffler un peu, David, leur benjamin, s’installe chez eux. Et comme il est documentariste, il décide, avec l’accord du reste de la famille, de filmer sa mère au jour le jour. Gretel semble ravie de la présence de la petite équipe de tournage. Avec elle, David regarde avec des albums photo, l’emmène voir sa sœur, lui fait évoquer ses souvenirs. Les propos de la vieille dame sont souvent délicieux car, ancienne linguiste, son humour et son sens du verbe resurgissent souvent, les moments de lucidité alternant avec des scènes tragicomiques, comme celle où elle se croit jeune et prend son fils pour son mari.

Perdu d'avance

À travers ce combat perdu d'avance, le réalisateur retrace aussi le parcours atypique de ses parents, engagés corps et âmes dans tous les combats de leur jeunesse. Brillant mathématicien, Malte a été renvoyé de l'université pour cause d’engagement antérieur au SDS (Union socialiste des étudiants), le groupe contestataire allemand mêlé aux révoltes des années 1960-70. Le couple avait émigré en 1969 à Zurich et continué de militer pour diverses causes, préconisant l’amour libre et s'autorisant des aventures extra-conjugales, tout en menant une vie de famille harmonieuse. De retour en Allemagne en 1975, Malte et Gretel retrouveront des postes d’enseignants universitaires. Ils séjourneront aussi un an en Tunisie et un an en Équateur avec leurs enfants.

Ce voyage à travers l'histoire familiale, où le passé et le quotidien pesant de la maladie se racontent à petites touches, est aussi pour David Sieveking l’occasion de s’interroger sur sa propre identité. Filmant sa mère avec une infinie tendresse, mais aussi la distance nécessaire pour laisser le spectateur entrer dans leur intimité, il signe un bouleversant (auto)portrait.

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