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Publié par Aanil

ARTE diffuse, dimanche 22 septembre 2013 à 20 heures 45, le film réalisé par René Clément "Plein soleil".

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© ARD/Degeto Film


Tom Ripley est chargé par un riche industriel américain d'aller en Italie rechercher son fils... Le rôle qui fit du jeune Alain Delon une star. D'une beauté animale fascinante, il s'ébroue sous la lumière méditerranéenne dans un suspense criminel, sensuel, virtuose. Avec également Marie Laforêt et Maurice Ronet.


Tom Ripley est chargé par un riche industriel américain d'aller en Italie rechercher son fils, Philippe Greenleaf. Celui-ci coule des jours oisifs en compagnie de sa maîtresse, Marge, sur une île de la baie de Naples. Ripley est fasciné par la vie que mène le jeune homme. Peu à peu, une profonde envie le pousse à vouloir usurper l'identité de Philippe…

Portrait de l'artiste en criminel

L’ambiguïté est l’une des constantes des romans de Patricia Highsmith. Dans son adaptation, René Clément y ajoute une fatalité existentielle et une fascination pour le piège, thème récurrent dans une œuvre marquée par Fritz Lang. Si Patricia Highsmith est indifférente à la vraisemblance des événements qui conduisent à la machination de Ripley, Clément s’attache au contraire aux moindres détails pour la rendre crédible : ainsi l’épisode où Ripley s’exerce à imiter la signature de Greenleaf occupe une vingtaine de plans dans le film, alors qu’il se résume à une seule phrase dans le roman. Clément a traduit l’ambiguïté du personnage de Ripley en lui donnant une forte réalité physique, et les sensations qu’il éprouve sont constamment présentes à l’image (les manifestations physique de sa peur, l’impression de chaleur, ses accès de boulimie après le crime). À ce jeu-là, le jeune Delon est extraordinaire de beauté animale, comme fasciné par lui-même lorsqu’il se mire longuement dans une glace. On pense à la performance de Gérard Philipe dans Monsieur Ripois, qui usurpait déjà une identité sous le regard acéré de Clément. Le côté “éponge” de Ripley est passionnant : il absorbe le contexte social dans lequel il se trouve, de manière à être aimé par les gens qu’il croise, cette microsociété d’oisifs qui végète sur les îles du côté d’Ischia. La description de ces îles méditerranéennes repliées sur elles-mêmes et sur leurs habitants esthètes donne à Ripley un statut d’artiste du crime, avant qu’il ne devienne un véritable ange déchu sous la lumière crue et violente de la baie de Naples (remarquable travail du directeur de la photographie Henri Decae). En outre, rien de plus difficile à filmer que la mer : sous deux angles différents, elle n’aura pas la même tonalité (à cause de la réflexion du ciel), et les couleurs changeantes d’un plan à l’autre rendront impossibles tous les raccords (Clément a dû utiliser des plans de coupes pour passer d’une tonalité à l’autre). Le film est ponctué par des séquences de traversée en barque du golfe de Naples vers Ischia via Mongibello : par la grâce de la caméra de Clément et la force du personnage de Ripley, elles prennent la dimension d’un véritable embarquement pour Cythère.

Avec : Alain Delon, Marie Laforêt, Maurice Ronet, Erno Crisa, Elvire Popesco, Frank Latimore, Billy Kearns, Romy Schneider

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