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Publié par Aanil

ARTE diffuse, lundi 19 mai 2014 à 22 heures 45, le film réalisé par Andreas Dresen "Pour lui".

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© Rommel Film/Andreas Dresen


Frank, 44 ans, vient d'emménager avec sa femme Simone et leurs deux enfants, Lilli et Mika, dans le pavillon de leurs rêves, à Berlin, lorsque à la suite de maux de tête, on lui diagnostique une tumeur maligne au cerveau. Il n'a que quelques mois à vivre. Andreas Dresen filme de front le combat désespéré qu'il livre avec les siens contre la mort.


Frank, 44 ans, vient d'emménager avec sa femme Simone et leurs deux enfants, Lilli et Mika, dans le pavillon de leurs rêves, à Berlin, lorsque à la suite de maux de tête, on lui diagnostique une tumeur maligne au cerveau. Il n'a que quelques mois à vivre. Toute la famille se mobilise pour qu'il reste à la maison au lieu d’aller à l’hôpital, puis dans un centre de soins palliatifs. Lui décide de tenir une sorte de journal intime sur son iphone, y évoque la chimio et la radiothérapie, plus tout ce qui passe par sa tête malade. Capable de faire de l'humour noir, Frank va jusqu'à traiter sa tumeur comme une personne qu’il fait parler et même intervenir dans une émission de TV populaire. Mais peu à peu, les fonctions corporelles se dégradent, tout comme la communication avec les proches.

La mort en face

Après Septième ciel, qui mettait en scène une relation très sensuelle entre des septuagénaires, Andreas Dresen nous demande, à travers le destin de Frank, de regarder la mort en face. Lui-même marqué par des deuils qui lui ont inspiré ce film, il soulignait, lors de sa présentation à Cannes, en 2011, combien "le sujet est peu abordé dans notre société. Car s’il y a bien une chose que l’on peut dire, c’est que personne n’est épargné. Mais nous refoulons cela et nous continuons notre vie de tous les jours. Et le cinéma fonctionne sur le même principe : on voit beaucoup de gens mourir et ce de manière rapide, mais on ne montre pas vraiment ce que ressentent les personnes concernées. Ou alors, la mort est camouflée derrière des mises en scène mélodramatiques, comme la scène récurrente du dernier voyage à la mer ou des choses dans ce genre, ce qui détourne le regard de l’essentiel. Il était très important pour nous de rester proches de la vie quotidienne et de raconter tout ce processus jalonné de moments extrêmement difficiles, mais aussi gais parfois. Le titre du film en allemand, Arrêt en pleine voie, est simplement une métaphore de la situation de Frank et de sa famille.Tout mouvement est brutalement suspendu et l’on se voit contraint d’évoluer en terrain inconnu."

Le cinéaste n’avait pas de scénario de départ, mais a tourné d’abord un documentaire, laissant la parole à des médecins, des soignants et des personnes frappées par un deuil. Il l’a montré à ses acteurs qui ont ensuite improvisé librement face à la caméra. Dans le film, tout le personnel médical est bien réel, y compris le neurochirurgien qui doit asséner le diagnostic fatal, filmé ici dans son bureau. Le réalisateur a aussi partiellement construit son scénario en intégrant les études de la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross, qui a décrit les cinq étapes accompagnant une telle épreuve : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation.

Avec : Steffi Kühnert, Milan Peschel, Talisa Lilli Lemke, Mika Nilson Seidel, Ursula Werner, Marie Rosa Tietjen, Otto Mellies, Christine Schorn, Bernhard Schütz, Thorsten Merten, Inka Friedrich

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