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Publié par Aanil

ARTE diffuse, lundi 06 janvier 2014 à 22 heures 40, le film réalisé par Akira Kurosawa "Rashomon".

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© ZDF/Jingo Minoru


À partir d'un même fait divers, 'Rashômon' présente quatre témoignages qui en donnent des récits divergents. Lion d'or à Venise en 1951, ce mélodrame métaphysique d'Akira Kurosawa révéla l'excellence du cinéma japonais au public occidental.


Un bonze, un bûcheron et un domestique se réfugient sous un portique surnommé Rashômon, la "porte des démons". Les deux premiers racontent au troisième le procès auquel ils viennent d'assister : un bandit a rencontré un couple de voyageurs ; la femme a été violée, l’homme assassiné. L'accusé donne sa version des faits mais elle ne correspond pas à celle de la femme ni même à celle du mort, qui a réussi à s’exprimer par la bouche d’une prêtresse en transe. Le bûcheron ajoute à la confusion en donnant un quatrième son de cloche. Impossible de dégager un semblant de vérité : les quatre personnages sont suspects.

Porte ouverte sur nos démons

"Avec Rashômon, déclara Akira Kurosawa, j’ai dû découvrir de nouveaux abîmes déplorables du cœur humain." Interprété dans la tradition du théâtre kabuki, le film s’apparente aussi à une tragédie grecque dans laquelle le dialogue entre les personnages ferait office de chœur antique. Si les différents points de vue adoptés permettent de traquer les faces obscures de l’âme humaine, il s’agit surtout pour Kurosawa d’imposer une dimension sacrée et une méditation sur le paganisme. Nature et homme sont indissociables : la forêt joue un véritable rôle et une grande partie de l’action se déroule sous une pluie diluvienne. Une éclaircie apparaît au moment où les tensions des protagonistes s’apaisent et l’on retrouve alors la foi en l’humanité du cinéaste. Après la fureur des éléments et la tempête dans les âmes, c’est sur un acte de générosité et d’abnégation que se referme cette surprenante "porte des démons".

Avec : Toshiro Mifune, Machiko Kyo, Masayuki Mori, Kichijiro Ueda, Takashi Shimura, Minoru Chiaki, Fumiko Honma

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