TV Replay

Publié par Aanil

Dans le cadre de son magazine "Reportages", TF1 diffuse, dimanche 04 mai 2014 à 13 heures 30, le document "4 saisons au Cap corse".

reportages-claire-chazal-tf1.jpg


4 saisons au Cap corse

Un reportage de Mélanie Gallard, Marc de Langenhagen et Michel Tardy. Montage Emmanuel Charieras. (Production : Babel Doc) - doc de 60 minutes

Les habitants du Cap l'appellent "l'Isula ind'è l'Isula" -"l'île dans l'île". Le Cap Corse est la région la plus sauvage de l'Ile de Beauté. Ses paysages magnifiques et ses personnages hauts en couleurs : les derniers pêcheurs de langoustes du petit port de Centuri, l'ancienne coiffeuse devenue bergère, Caroline la vigneronne, ou encore la famille Albertini qui exploite la seule paillotte encore autorisée sur la plage, tout au bout du Cap. Des Cap-corsins au parler vrai, habitués aux tempêtes comme au soleil cuisant, et viscéralement attachés à leur bout de terre.

Cosma et son père, Nicolas, sont pêcheurs au Cap Corse depuis trois générations. Leur spécialité : la langouste. "La langouste de Centuri, c'est quand même la meilleure du monde... sans être chauvin !", s'exclame Nicolas, qui, à 69 ans, tient toujours fermement la barre de son bateau. Mais la langouste se raréfie, alors Emmanuelle, la femme de Cosma, tient un camion-pizza pendant l'été pour arrondir un peu les fins de mois. "On est obligés de faire autre chose à côté si on veut tenir tout l'hiver correctement, raconte-t-elle en enfournant une pizza. Il faut bien manger toute l'année !".

La famille Albertini aussi vit au rythme des saisons. Quand arrive le printemps, le père, la mère et leurs deux enfants doivent reconstruire leur paillotte, dévastée par les tempêtes de l'hiver. C'est le seul restaurant de plage encore autorisé. Jean-Pierre, le père, est à la plonge, la mère Marie-Jo en cuisine, et Audrey, la fille, au service. Pendant l'été, les Albertini sont sur le pont de 6h du matin à 23h. Leur récompense : les couchers de soleil extraordinaires sur la plage. "Je ne suis pas née en Corse, raconte Marie-Jo, mais ça fait 35 ans que j'y vis, et tous les jours, je suis éblouie. Je me dis : c'est le plus beau pays du monde. Je vis dans le plus bel endroit du monde !".

Sur les collines, une jeune femme aux allures de Manon des Sources n'échangerait, elle non plus, sa place contre rien au monde. Entourée de ses brebis, qu'elle appelle affectueusement "ses filles", elle exerce depuis trois ans le métier de... bergère. Grâce au lait, elle fabrique le fameux brocciu, un fromage corse très prisé par les habitants comme par les touristes. Pourtant, rien ne la destinait à cette vie de campagnarde : ancienne coiffeuse, Sandrine a repris à 30 ans la ferme de ses grands-parents. "Personne n'y croyait, mais j'avais la niaque, et la passion. J'avais envie de prouver qu'une fille qui arrivait de la ville pouvait très bien se lancer dans un monde totalement à part." Le moment crucial pour Sandrine, c'est l'automne, quand les brebis mettent bas. Elle doit alors s'improviser sage-femme, et aider parfois pour les accouchements difficiles.

Caroline aussi a vécu un changement radical de vie, pour sauvegarder le patrimoine familial. Après le décès brutal de son père, cette historienne de l'art a dû reprendre au pied levé le domaine viticole, géré par la famille depuis trois siècles. Elle a dû tout apprendre sur le tas : la vinification du célèbre rosé corse, mais aussi les techniques ancestrales pour produire deux vins uniques dans le Cap, le Rappo et l'Impassato. Fière de poursuivre l'oeuvre de son père, malgré les difficultés, Caroline est aussi la seule vigneronne de Corse à perpétuer l'antique tradition du passerillage : laisser sécher doucement le raisin au soleil de l'automne, sur des toits de lauze, pour qu'il se gorge naturellement de sucre.

A quelques kilomètres du domaine, Honorine, maire de la petite commune de Morsiglia, se démène pour faire vivre tout ce petit monde. L'été, elle veille à remettre les plages en état, pour pouvoir accueillir les touristes. L'hiver, elle organise la tournée du boulanger, les fêtes de village, bref insuffler un peu de vie dans le Cap devenu désert. Quand elle quitte sa casquette de maire, elle coiffe celle de... chauffeur du bus scolaire, son deuxième métier. Dans le Cap, il faut savoir être polyvalent. Honorine fait partie des Cap-corsins qui sont un temps partis vivre sur le continent. Mais son amour pour le Cap l'a rattrapée : "Quand on a 20 ans, on rêve de voyages. Mais partir, c'est pour mieux revenir. Tous les insulaires, toutes les îles du monde sont un peu comme ça..."

Commenter cet article