Dans le cadre de son magazine "Reportages", TF1 diffuse, samedi 24 octobre 2009 à 13 heures 40, le document "Les routiers du fleuve".
Les routiers du fleuve
Un reportage de Patrick Charles-Messance, Sandrine Lucchini, Bernard Montpert, Axel Charles-Messance (Noon)
Chez Noël on est marinier de père en fils, Magali sa femme est fille de marinier. Pour Noël c'est une histoire de famille et une histoire d'amour avec son bateau « le bateau a une âme, il vit, il
respire. C'est une vraie passion. Les bateaux c'est ma vie ». Nouveaux venus dans le métier, Stéphane et Florence ont quitté une vie en ville pour Le Cosma, leur péniche et leur nouvelle
maison...
Au fil de l'eau, au gré des chargements et des coups durs, les bateliers aiment leur vie sur l'eau.
« Je vous présente mes deux bateaux : le Craou et le Zeltina. Le Craou c'est le pousseur. Ils ont à peu près une capacité de charge de 350 tonnes chacun. On fait beaucoup la Hollande, la Belgique
et la France principalement. Mon père est marinier. Mon grand-père était batelier, mes arrière grands-parents aussi. Moi, je suis dedans c'est une vraie passion. Les bateaux c'est ma vie. » Ses
cailloux livrés à Gennevilliers, Noël repart avec du blé vers Rotterdam. « Le métier de batelier c'est toujours le mari et la femme. Magali conduit comme moi, je lui fais entièrement confiance.» «
Je ne sais pas si quelqu'un à terre aime sa maison aussi fort qu'on aime notre bateau. Pour nous, le bateau il a une âme, il vit, il bouge, il respire. Le parallèle avec l'être humain il est facile
à faire. Des fois ça m'arrive de dire merci à mon moteur parce qu'il m'a fait monter un pont... C'est grave. »
« Dans la batelerie on est une grande famille. Ca arrive souvent qu'on se mette bord à bord pour faire un petit bout de chemin ensemble. Sans ça il n'y a plus de contact humain. » Aujourd'hui Noël
est bord à bord avec la péniche de son beau-père, le Claudy. Une réunion de famille improvisée. Fils de marinier, Claude navigue depuis quarante cinq ans. Chaque fin de semaine, Noël et Magali vont
chercher leurs enfants pensionnaires à l'école des Bateliers et Forains de Douai. Ne voir les enfants que le week-end « à chaque fois c'est un déchirement. On a l'amour qu'on porte à nos enfants et
on a l'amour du métier. Avant nos parents l'assumaient beaucoup mieux ce choix. Nous on a du mal. La première rentrée a été très difficile. Les enfants s'habituent mieux que nous, devant eux, nous
on est obligés de faire des efforts. Pour nous c'est très dur à chaque fois. »
Stéphane, pompier, et Florence, infirmière, ont tout quitté il y a six ans pour embarquer sur le Cosma qu'ils ont acheté avec leurs économies. «A 30 ans on s'est dit pourquoi pas tenter cette
expérience ? La batelerie a beaucoup d'avenir et ça nous intéressait. Au bout de six ans d'expérience on peut dire qu'on est devenus de vrais bateliers. » Petit à petit ils ont appris les plaisirs
et les risques du métier, la violence de certaines écluses « la femme a autant sa place que l'homme. (.../...) On peut dire que la batelerie c'est un métier traditionnel performant. En glissant sur
l'eau, on va réussir à transporter ces 300 tonnes de blé au moulin sans encombrer ou créer des accidents sur les autoroutes.». Quand arrive l'étape de l'ascenseur de Strépy-Thieu, Florence ne se
lasse pas ... « on peut mettre 6 péniches par bac, chargées. Avant d'avoir le bateau on est venus en touristes. Quand on a vu ça, on était émerveillés. On s'est dit : c'est ça qu'on doit faire.
C'est notre rêve d'avoir un bateau et prendre cet ouvrage ça serait vraiment extraordinaire. Donc c'est un peu une consécration à chaque fois qu'on le passe. »
A Languevoisin, Noël va charger 525 tonnes de blé qu'il doit livrer à Rotterdam. Du vent, de la pluie, il va falloir tout de même franchir les écluses étroites « 30 centimètres de chaque côté. Le
bateau peut tordre, ça peut l'abimer » Le lendemain c'est l'épreuve : un passage en mer du Nord, avant d'arriver à Rotterdam. « On est sur un bras de mer. Quand on sort avec les vagues des navires,
il y a beaucoup de gite. Ca peut esquinter les bateaux. On n'est pas fait pour aller en mer. » Le métier est difficile mais chez Noël c'est une affaire de cœur et de famille et si Kevin son fils
voulait prendre la suite, il serait « fier, très fier. »
Samedi 24 octobre 2009
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24
/10
/2009
07:12
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Publié dans : Groupe TF1
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Par Aanil
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On comprend mieux ici comment peut naître une vocation.
Peu de choses sont changées depuis la dernière fois (vidéo de 2007). Le matelot à pourtant bien grandi, mais on sent bien que la profession manque de soutien. Dommage pour ce mode de transport 15 fois moins polluant que la route quil ne soit pas plus mis en avant dans les grands projets nationaux...
Vive le fluvial et les bateliers !!