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Publié par Aanil

Dans le cadre de son magazine "Reportages", TF1 diffuse, samedi 31 août 2013 à 13 heures 20, les documents "Mon été au Racou" et "Procs de choc".

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MON ETE AU RACOU

Un reportage de Cécile Madronet, Mathieu Labeyrie et Sébastien Hondelatte (AIMV)

Trois rangées de petites maisons colorées posées sur la plage, entre la Méditerranée et le massif des Albères... Voici le Racou, un quartier d'Argelès-sur-Mer. De Juin à Septembre, " Racouniens " d'origine et vacanciers de passage se partagent ce petit " recoin " de paradis... les pieds dans l'eau, avec une seule envie... revenir l'année prochaine.

" Le Racou, ça veut dire recoin en catalan. C'est toute ma vie. J'y suis pratiquement né... Maintenant j'y habite à l'année ". Patrick Deleaux a navigué un peu partout mais le Racou c'est son " recoin " de paradis. Comme chaque année à l'approche des vacances, les ruelles sableuses du Racou commencent à s'animer. Les premières maisons ont été construites dans les années 20 et 30 sur trois lignes : " on ne dit jamais le nom des rues. On dit toujours " 1ère ligne ", on sait que c'est face à la mer, " 2ème ligne " c'est derrière et " 3ème ligne ", explique Marie-Jo qui ouvre sa maisonnette pour l'été. Cette maison, la plus petite de la première ligne, est dans sa famille depuis 50 ans.

Lillois d'origine, Patrick et sa femme Frédérique ont repris l'hôtel restaurant il y a 10 ans sur un coup de coeur. Et comme le dit Frédérique, " quelqu'un qui aime le Racou est adopté immédiatement. Après il faut apprendre à connaître le Racou. C'est une grande famille, donc on vit ensemble et il y a des avantages et quelques fois des inconvénients. Il faut les accepter aussi ".

Juillet, les vacanciers arrivent... Monique accueille ses petits-fils pour les vacances. C'est son grand-père qui a bâti sa jolie maison aux volets lavande, en deuxième ligne. " Toutes les générations qui viennent se plaisent ici. C'est une maison qu'on a depuis 1934, quand le Racou a été construit. Ce sont des racines que l'on a ici... on passe de bons étés, de bons souvenirs. " Et au programme comme chaque année : repos et plage toute la journée.

Mais cette plage qui fait le bonheur des petits et des grands depuis des générations est un espace fragile, un site menacé par l'érosion du littoral. Chaque été, Marie-Jo retrouve ses collègues de l'Association de sauvegarde du Racou : " dans les années 50, sur cette photo, la plage est deux fois plus large qu'aujourd'hui ". Ici, les tempêtes d'hiver sont terribles. La mer a emporté trois maisons. " Ce sont les vents d'Est les plus dangereux. Quand on dit au Racou, la Tramontane souffle, on ne craint rien. Quand on entend le vent d'Est on dit : aie, aie, aie... ". Depuis 16 ans, l'association multiplie les démarches pour obtenir des travaux de protection de la plage.

Juin, Juillet, Août et début Septembre, les Racouniens reprennent possession de leurs maisons et de la plage. Encore quelques belles journées et il sera l'heure de fermer les volets, barricader les petites maisons en prévision des tempêtes, avec une seule idée en tête : revenir l'été prochain.


PROCS DE CHOC
Un reportage de Laure-Anne Berrou
Montage : Frédéric Decossas (T. Comiti Productions)


Pendant trois mois, une équipe de Reportages a partagé la vie quotidienne des procureurs du Tribunal de Nanterre. Violences conjugales ou violences sur mineurs, trafics de stupéfiants, insalubrité, tentative d'homicide... Ce document de 60 minutes suit les magistrats du parquet des Hauts de Seine, leurs réussites et leurs échecs et des cas exemplaires, dont l'affaire du " tueur du Pont de Neuilly "... de son interrogatoire au 36 quai des Orfèvres jusqu'au procès.

A la permanence du parquet, 24 heures sur 24, les substituts du procureur sont en liaison avec les services de police du département. Une centaine d'appels pour les 34 substituts de permanence. Aujourd'hui, Julien Augereau, 34 ans, est chargé du Nord du département : " la permanence, c'est le poumon d'un parquet, la zone d'approvisionnement pour employer un terme un peu industriel... On gère énormément de flux, évidemment on essaye de s'attacher à la personne ". Le parquet de Nanterre est l'un des plus gros de France : 120.000 plaintes par an. A la tête de la division délinquance générale, Marie-Laure Boubas dirige sept substituts comme Julien. Aujourd'hui, une affaire de violence conjugale mobilise la vice-procureure. Une mère de quatre enfants se dit menacée de mort par son mari emprisonné. " Elle a vraiment peur parce qu'elle lui a annoncé son intention de divorcer et depuis, il la menace régulièrement et là, elle craint vraiment pour sa vie ". Au commissariat de Suresnes, Vanessa Gillet, une jeune inspectrice de police chargée des violences conjugales, prend le dossier en main. C'est sa première affaire : " il lui a envoyé des messages lui disant que sans elle il ne pouvait pas sortir de prison et au départ des gardiens, le monsieur a violemment attrapé par les cheveux la victime en lui disant : hurle, je te bute et si ce n'est pas moi, j'envoie quelqu'un de la maison d'arrêt et je te bute ". Le mari a un casier. La menace de mort est crédible pour le parquet. La femme refuse de porter plainte. Audition du mari, expertise psychiatrique de l'épouse... la machine judiciaire est en marche : " c'est toujours délicat dans ces dossiers, la parole de l'un contre celle de l'autre." Verdict l'après-midi même.

A 30 ans, le substitut Sophie Lacote est une magistrate spécialisée dans les cas d'insalubrité. A Colombes, une mère et ses six enfants vivent depuis 2005 dans 11 mètres carrés sans électricité. " J'ai un contrat de bail avec elle. 550 euros et 50 euros de charges... 11 mètres carrés ". La propriétaire réclame 6000 euros de charges supplémentaires à Adeline. Elle l'a même attaquée en justice mais a perdu. Avant de la juger, le substitut souhaiterait la faire placer en garde à vue pour l'interroger... Envoyée chez elle, la police fait chou blanc.

Au parquet, la nuit a été agitée. Un homme apparemment sans histoire s'est fait tirer dessus par un inconnu. Tentative d'homicide volontaire, une nouvelle journée démarre pour Marie-Laure Boubas. Les enquêteurs savent que trois personnes se trouvaient sur la scène de crime : la victime, son ex-femme et le tireur. Le commissaire Frémond rend compte à la vice-procureure : " il y a beaucoup trop d'incohérence entre le comportement du tireur et madame. Ca ne sent pas bon du tout pour madame ". Les policiers doivent retrouver la balle et la faire expertiser et obtenir une " fadette ", un relevé des communications de l'ex-femme. " A priori, ils se connaissent et les deux sont impliqués. Est-ce qu'on continue en flag ou on change de cadre juridique ? ", demande le policier à Marie-Laure Boubas qui doit " passer la main ". " J'ai suivi l'enquête depuis le début et comme on a besoin de faire des écoutes téléphoniques, ce n'est pas une prérogative du ministère public, donc je saisis un juge d'instruction et c'est lui qui va poursuivre l'enquête ". Marie-Laure retrouvera cette affaire dans un an ou deux, comme avocat général lors du procès.

Ce matin, c'est un procès d'envergure qui agite le Tribunal de Nanterre. Dix ans après les faits, celui que l'on appelle le " Tueur du Pont de Neuilly " va être jugé. David Sagno, un SDF de 38 ans, s'est rendu lui-même à la police pour ce double assassinat... En Décembre 2001, Marie-Agnès Bedot-Doucet part, comme tous les samedis, vers 7H00 du matin pour aller faire du sport. Elle est retrouvée assassinée sur le pont de Neuilly. 13 jours plus tard, Marc Machin est arrêté sur la foi d'un seul témoignage. Au 36 quai des Orfèvres, il est interrogé par la brigade criminelle et avoue au bout de 40 heures de garde à vue. Alors qu'il est en prison, le 22 mai 2002, au même endroit est retrouvé le corps d'une femme. Six années passent et, alors que Philippe Courroye dirige le parquet de Nanterre depuis un an, " en examinant le 4 mars 2008 la synthèse, je vois qu'un individu s'est présenté au commissariat de la Défense et s'est accusé de deux meurtres. Je me pose la question : mais si finalement l'homme qui s'est accusé est bien l'auteur des deux meurtres. En regardant le dossier qui avait donné lieu à la condamnation de Marc Machin, je m'aperçois quand même qu'on a dans le dossier peu d'éléments qui ont fondé la condamnation ". 7 ans après le premier crime, David Sagno est placé à son tour en garde à vue dans les locaux de la Brigade Criminelle. Les policiers ont 48 heures pour décortiquer ses aveux. 48 heures d'aveux, de contradictions, de doutes, de questions et d'échanges souvent glaçants.... Au 36 quai des Orfèvres, l'équipe de tournage a pu filmer ces interrogatoires... Un document exclusif et saisissant.

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