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Publié par Aanil

Dans le cadre de son magazine "Reportages", TF1 diffuse, samedi 14 septembre 2013 à 13 heures 20, les documents "Rondes de nuit" et "Les damnés de l'alphabet".

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RONDES DE NUIT

Un reportage d'Elodie Pakosz, Cyril Havoudjan et David Georgeon
Montage : Marielle Krouk (Eléphant Doc)

Alexandre, sapeur-pompier, William, vétérinaire de nuit, Elisabeth, infirmière au Samu, Benoist, boulanger, Emmanuel, animateur radio ou encore Nicolas, artiste de cabaret... Tous vivent dans un univers décalé et mystérieux. Un monde qui angoisse parfois mais fascine souvent : celui des travailleurs de nuit. Pendant plusieurs semaines, nous avons posé nos caméras à Lille, pour les suivre dans leur vie nocturne.

20 heures. Comme chaque soir, Benoist, 39 ans, enfile sa blouse amidonnée de boulanger. Ses enfants sont en pyjama. Sa femme, assistante sociale, rentre du travail. Benoist ne dîne pas avec eux. Il doit partir travailler. " C'est le perpétuel décalage. C'est difficile de s'organiser avec les enfants, mais on s'habitue ", souffle Caroline. Benoist est conscient des sacrifices qu'il demande à sa famille. Mais les horaires de bureau, il n'a jamais aimé ça : " J'adore la nuit. L'ambiance est particulière, les gens sont moins stressés. J'ai toujours été un petit oiseau de nuit ". La boulangerie de Benoist est la seule du Nord-Pas-de-Calais ouverte sept jours sur sept et vingt quatre heures sur vingt quatre. Benoist travaille avec sa soeur et ses trois frères. Jusqu'à 7 heures du matin, Benoist s'affaire autour de ses deux fours à bois à l'ancienne, quasi centenaires. A toute heure, en rentrant de discothèque, ou lorsqu'ils sont eux aussi des travailleurs de la nuit, les Lillois savent qu'ils trouveront porte ouverte pour un sandwich ou une viennoiserie. Et parfois, le boulanger se fait même un peu psychologue : " La nuit, les gens se confient plus facilement... On discute... Ensuite, lorsqu'on les revoit en journée, on se fait un petit clin d'oeil. On a partagé la nuit un moment de complicité qui n'aurait pas pu exister le jour ".

Le rugissement strident de la sirène, les perches de feu dégringolées à toute allure, le rythme des pulsations cardiaques qui s'accélère en quelques secondes... Tous ces rituels scandent le quotidien nocturne d'Alexandre. Ce sapeur pompier professionnel est de garde trois jours et trois nuits par semaine. Il enchaine 24 heures de travail et 48 heures de repos. La nuit, les pompiers lillois sont rarement appelés sur des incendies, car les habitations en milieu urbain sont moins vétustes qu'autrefois. En revanche, ils jouent de plus en plus souvent le rôle de travailleurs sociaux et doivent porter secours chaque nuit à des jeunes qui s'alcoolisent massivement. Une jeune fille vient de faire un malaise vagal. Elle ne sait plus ce qu'elle a mangé et bu et s'est entaillée la lèvre en heurtant le sol après s'être évanouie dans une boîte de nuit : " Nous répétons ce genre d'interventions une dizaine de fois chaque nuit, mais il ne faut pas les banaliser, car on risquerait de passer à côté d'une personne qui présenterait une urgence neurologique qui pourrait aller jusqu'au coma ", explique Alexandre. Le soir, leur caserne fonctionne comme une famille. Ils ont aussi une chambre pour se reposer mais les pauses sous la couette restent furtives : la sonnerie d'alerte se déclenche en moyenne toutes les quarante minutes et les pompiers ont alors moins de trois minutes pour sauter dans leur fourgon et retrouver leurs réflexes.

Elisabeth, infirmière de nuit au Samu du Nord, profite de ses quatre enfants dans la journée : " Quand j'étais élève infirmière, je n'aimais pas travailler la nuit car ensuite, je dormais toute la journée. Mais aujourd'hui, je parviens à récupérer en dormant seulement de neuf à onze heures du matin ". Le jour, Elisabeth donne bénévolement des cours de secourisme dans les écoles. Ses nuits sont à chaque fois différentes. L'infirmière aime cet imprévu, l'adrénaline du travail nocturne. Mais il faut être psychologiquement prêt à se confronter aux événements de la vie : des naissances, mais également des décès.

Emmanuel, journaliste radio, branche toujours deux réveils pour être sûr de ne pas être en retard au travail, à deux heures du matin. Nous suivons également William, vétérinaire de nuit : " la journée, en clinique, on n'a pas le temps de parler avec les gens. Sur les routes, la nuit, je me sens plus libre ". Yorkshire tombé d'un balcon, femelle chihuahua qui ne parvient pas à accoucher, ou encore derniers soupirs de Santos, un dogue de douze ans : " Beaucoup de gens n'ont pour toute relation que leur animal. Lorsqu'il disparait la nuit, je dois être là pour les aider et répondre à leur détresse ". Enfin, nous rencontrons, Nicolas, meneur de revue : " le Nicolas du jour, et... Le temps d'enfiler un costume, le Nico de la nuit. J'évolue dans un univers où les relations vont plus vite, sont plus sincères. C'est aussi un univers où on fait rêver les gens ".


LES DAMNES DE L'ALPHABET
Un reportage de Stéphane Haussy et Wendy Zbinden
Montage : Alice Panouillot (Les Films de la Chance)

C'est l'une des grandes causes nationales de 2013 : l'illettrisme. Ce fléau handicape la vie de près de trois millions de Français. Malgré des années à l'école, ils ne maîtrisent ni l'écriture, ni la lecture. Nous avons passé près d'un an avec Jonathan, Jean-Jacques et Sylvie dans leur combat quotidien et leur apprentissage... des mois d'effort, de découragement et d'espoir pour enfin mener une vie comme tout le monde.

A 27 ans, Jonathan découvre le goût de lire grâce à des contes pour enfants. " J'ai eu du mal à passer la porte de l'association. C'est un effort de venir ici mais quand je lis, je me sens bien, je fais le vide et j'apprends à me dépasser ". Grâce au soutien des bénévoles, au sein de l'association Savoir pour Réussir de Charleville Mézières, Jonathan apprend aussi à écrire. Un jour, il se l'est promis, il lira des histoires à son petit Noé.

A Aulnoye dans le Nord, Jean-Jacques a passé ses cinquante premières années sans lire ni écrire. Depuis six mois, Jean-Jacques reprend toutes les lettres de l'alphabet. " J'y arriverai, je veux parfaitement savoir lire, passer mon permis de conduire, trouver un emploi... et qui sait, trouver un jour l'âme soeur ".

Sylvie suit une formation de deux ans payée par son entreprise pour combler ses lacunes. Pendant des années, elle n'a jamais osé avouer qu'elle ne savait pas lire : " j'avais honte qu'on me juge mal !". Aujourd'hui, elle travaille lecture et écriture sous la dictée de son mari pour aider sa fille à son tour.

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