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Publié par Aanil

ARTE diffuse, jeudi 27 et vendredi 28 mars 2014, les trois volets du téléfilm "Sacrifice".

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© HBO/Dusan Martincek


Prague, le 16 janvier 1969. Un étudiant s'asperge d'essence avant de s'immoler par le feu en plein jour sur la place Venceslas pour protester contre la mainmise soviétique sur la Tchécoslovaquie. Il s’appelle Jan Palach... Ce téléfilm poignant signé Agnieszka Holland retrace le combat mené par la famille de Jan Palach pour réhabiliter sa mémoire.


Avec : Tatiana Pauhofová (Dagmar Buresová), Jaroslava Pokorná (Libuse Palachová), Petr Stach (Jirí Palach), Ivan Trojan (Le commandant Jires), Vojtech Kotek (Ondrej Trávnícek), Martin Huba (Vilém Nový), Emma Smetana (Hana), Lukás Cernoch (Jan Palach)


Jeudi 27 mars 2014 à 20 heures 50

Prague, 16 janvier 1969. Un étudiant s'asperge d'essence avant de s'immoler par le feu en plein jour sur la place Venceslas pour protester contre la mainmise soviétique sur la Tchécoslovaquie. Il s’appelle Jan Palach. Dans une lettre retrouvée sur les lieux du drame, le jeune étudiant en histoire énumère ses revendications et affirme que d'autres "torches" humaines sont prêtes à poursuivre son combat. Après trois jours d'agonie, il succombe à ses blessures. Plusieurs dizaines de milliers de personnes assistent à ses funérailles dans un moment de communion nationale, et Palach devient le symbole de la résistance pacifique en Tchécoslovaquie et à l'étranger. Aussitôt le régime soucieux de ne pas indisposer le grand frère soviétique met tout en œuvre pour discréditer le geste de l'étudiant et éviter que des "imitateurs" ne lui emboîtent le pas. Lors d'une réunion du Parti communiste, le député Vilém Nový accuse les leaders du mouvement étudiant d'avoir manipulé Palach en lui faisant croire qu'il s'aspergerait d'une substance inflammable qui ne dégage pas de chaleur. Outrés par cette absurde "théorie du feu froid" relayée dans les journaux, la mère et le frère de Jan Palach, décident d'attaquer le député en diffamation et demandent à l'avocate Dagmar Burešová d'assurer leur défense, mais cette dernière refuse.


Jeudi 27 mars 2014 à 22 heures 15

Suite au décès de Jan Zajic, un autre étudiant qui s'est immolé de la même façon que Palach, Dagmar Burešová accepte de représenter la famille Palach dans sa plainte contre le député Nový. Secondée par son jeune adjoint Pavel, elle enquête pour retrouver des preuves et des témoignages étayant l'accusation. Mais les deux juristes se heurtent au silence des témoins effrayés par d'éventuelles représailles et aux dérobades permanentes de l'apparatchik qui nie en bloc les propos dont il est accusé. Au cours de ses investigations, l'avocate parvient à se procurer un document qui prouve que Nový fut arrêté durant les purges staliniennes de 1948 et qu'il collabora très certainement avec le KGB pour éviter une condamnation à mort.


Vendredi 28 mars 2014 à 20 heures 50

Huit mois après le décès tragique de Jan Palach, le procès de Vilém Nový débute enfin, mené par une juge très directement menacée de sanctions en cas de verdict défavorable à l’accusé. Les pressions s'intensifient en parallèle sur Dagmar Burešová, lorsque après la défection de plusieurs témoins et le vol d’un dossier capital, une dénonciation calomnieuse frappe son mari, médecin à l'hôpital de Prague, qui est renvoyé sur le champ. Loin de baisser les bras, l'avocate, grâce à son assistant Pavel, parvient à mettre la main sur un enregistrement des propos diffamatoires tenus par Nový à l’encontre de Palach, réalisé par la radio tchécoslovaque…


Retentissement national

Si la mort en martyr de Jan Palach a ému l'opinion publique internationale, qui a fait du jeune étudiant une icône de la résistance pacifique tchécoslovaque face à la répression soviétique du printemps de Prague, l'affaire judiciaire qui a suivi son sacrifice demeurait méconnue - même si vingt ans plus tard, l’avocate qui en fut l’héroïne deviendrait ministre de la Justice dans le premier gouvernement issu de la révolution de Velours. La cinéaste polonaise Agnieszka Holland, elle-même étudiante à Prague durant ces événements, les retrace avec émotion et un sens aigu du détail, plongeant le spectateur dans la réalité feutrée d’une dictature "molle", où seuls ceux qui osent sortir du rang risquent gros. Face aux manœuvres du régime téléguidé par Moscou, prêt à tout pour étouffer la contestation, elle dépeint de façon poignante la résignation et la peur qui démobilisent peu à peu la majorité de la population. La diffusion de cette fiction en trois parties, produite par HBO Europe, a constitué un véritable phénomène dans une République tchèque pas encore réconciliée avec son passé. Mais l’engagement qu’elle ressuscite, avec un sens du romanesque qui ne sacrifie jamais les faits, tend aussi un miroir saisissant au reste de l’Europe.

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