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Publié par Aanil

ARTE diffuse, jeudi 07 et 14 novembre 2013, la série "Top of the lake".

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© See-Saw Films


Dans une contrée du bout du monde à la beauté sauvage, une enquête criminelle à laquelle Jane Campion insuffle son sens du lyrisme et de l'étrangeté. Six épisodes envoûtants avec Elisabeth Moss ('Mad men'), Peter Mullan et Holly Hunter.


Jeudi 07 novembre 2013 à 20 heures 50 - Episode 01 : Paradis vendus

Lake Top, dans le sud de la Nouvelle-Zélande. Revêtue de son uniforme d’écolière, une petite fille de 12 ans, Tui, pénètre dans le lac qui s’étend au pied de sa maison. Alors que l’eau glaciale a atteint ses épaules, la fillette est repérée et embarquée vers l’infirmerie de son collège, où on découvre qu’elle est enceinte. La police locale appelle à la rescousse une jeune enquêtrice de Sidney spécialisée dans la protection des mineurs, Robin Griffin, qui se trouve non loin de là, chez sa mère atteinte d’un cancer. À la question "Qui t’a fait ça ?", Tui ne lui laisse qu’une réponse griffonnée sur un papier : "Personne". Autorisée à rentrer chez son père, Matt Mitcham, un chef de clan hirsute et redoutable, elle disparaît le lendemain. Et Robin, bouleversée, décide de prendre l’enquête en main, ce qui va l’amener à se confronter à son propre passé marqué par la violence… Pendant ce temps, une communauté de femmes mûres en rupture de ban s’est installée au bord du lac, en pleine nature, sous l’autorité d’une étrange gourou aux cheveux longs, GJ. Dénommé Paradise, l’endroit, affirme Matt Mitcham, fou de rage, n’aurait jamais dû leur être vendu, car il lui appartient.


Jeudi 07 novembre 2013 à 21 heures 50 - Episode 02 : Recherches

Tandis que Bunny, l’une des ouailles de GJ, s’aventure en ville en quête d’un partenaire sexuel rétribué, Robin doit braver la mauvaise volonté de la brigade de Lake Top, apparemment complètement indifférente au sort de Tui. Elle rappelle que Matt Mitcham et ses deux fils figurent parmi les suspects, et révèle que le barman du pub, Zanic, a été condamné autrefois pour pédophilie. Son collègue Al Parker lui apporte son soutien, se disant touché par son engagement.


Jeudi 07 novembre 2013 à 22 heures 45 - Episode 03 : Aux confins de l'univers

De plus en plus obsédée par l’enquête, Robin s’abîme dans le travail, fuyant les rencontres avec sa mère, dont elle sait désormais que le cancer est incurable. Elle ne croit pas à la culpabilité de Zanic et pense qu’on a forcé ce coupable idéal au suicide. Et si le billet laissé par Tui accusait non pas un, mais plusieurs violeurs ? Al Parker, qui l’a invitée à dîner dans sa somptueuse villa au bord du lac, refuse cette fois de la suivre, suggérant que son investissement excessif dans l’enquête provient de son propre passé…


Jeudi 14 novembre 2013 à 20 heures 50 - Episode 04 : Sous L'arc en ciel

Pour avoir blessé l’un des hommes qui l’ont violée autrefois, Robin est mise à pied par Al Parker. Un peu plus tard, le médecin légiste local demande à la rencontrer dans un endroit discret. Il affirme que trois autopsies qu’il jugeait nécessaires lui ont été refusées par Al et sa brigade : celles de Bob Platt, prétendument noyé par accident, de Zanic, officiellement suicidé, et une troisième, plus ancienne. Avant la disparition de Tui, une autre enfant de 13 ans qui semblait avoir été abusée, s’était jetée sous une voiture. Son suicide a lui aussi été classé sans suite…


Jeudi 14 novembre 2013 à 21 heures 50 - Episode 05 : Le masque du créateur

Chargée à nouveau de l’enquête, Robin est décidée à mettre fin du même coup au trafic de drogue que Matt Mitcham orchestre depuis sa maison, mais se heurte à un mur collectif d’hostilité ? y compris de la part de Johno. Elle ne sait pas où Tui se cache, mais les amis de la petite fille, eux, parviennent jusqu’à sa cachette dans les bois, pour fêter avec elle son anniversaire. Une imprudence lourde de conséquences, alors que Matt, décidé à récupérer sa fille, a lancé à sa recherche une vingtaine de gros bras à travers la montagne…


Jeudi 14 novembre 2013 à 22 heures 50 - Episode 06 : Pas d'adieux, merci

Matt a demandé à voir Robin en tête à tête pour lui faire des aveux. Ce qu’il lui révèle n’a rien à voir avec la disparition de Tui, mais choque si violemment la jeune femme qu’elle se réfugie à son tour au camp des femmes de Paradise, moralement "à genoux", comme le lui avait prédit GJ. Pendant ce temps, Tui, désormais seule, puisque Jamie s’est sacrifié pour elle, doit affronter l’épreuve de l’accouchement.


Lyrisme magique

Dans cette intrigue envoûtante et tordue, dont le suspense est d’emblée subverti par le lyrisme de Jane Campion, chaque fil ramène au lac immense qui en est le décor naturel. Tombeau liquide cachant dans ses profondeurs, selon une légende maorie, un cœur battant et maléfique, il est aussi le cœur du récit. Et ses eaux changeantes ne cessent de rappeler qu’au-delà du mystère de l’enquête, c’est celui de notre présence au monde qui intéresse la cinéaste. Mais comme toujours chez elle, le mysticisme s’incarne dans des personnages intensément vivants, portés par des acteurs qui donnent le meilleur d’eux-mêmes. Aux côtés d’Elisabeth Moss, flic vaillante et fragile dont toutes les défenses volent une à une en éclats, Holly Hunter campe avec un irrésistible humour à froid la gourou d’une communauté des femmes "post-ménopause", et Peter Mullan un parrain à la fois terrifiant et piteux. Et chaque second rôle de cette tragi-comédie humaine, à commencer par celui de l’inspecteur Al Parker - dont le formalisme tiré à quatre épingles n’est pas sans évoquer l’agent spécial du FBI Dale Cooper - est aussi soigneusement composé. Comme cela a beaucoup été dit, Top of the lake fait souvent songer à Twin Peaks. Comme chez David Lynch, une enquête policière assez peu réaliste y est prétexte à explorer une petite communauté à la fois comique et inquiétante. Mais la première incursion de Jane Campion dans le genre de la série y amène un regard à nul autre pareil, que d’aucuns ont appelé son féminisme, et qui s’épanouit en toute liberté au fil de ces six épisodes : un talent particulier pour faire surgir l’émotion, une drôlerie caustique qui s’arrête avant la parodie, une compassion vibrante pour des personnages qu’on ne peut plus lâcher.

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